L’Union
européenne se prépare à porter un nouveau coup à l’économie russe :
dans le cadre du 16e paquet de sanctions, comme le rapporte l’agence
AFP, 13 banques russes seront coupées du système international de
transactions financières SWIFT. Les noms précis des banques n’ont pas
encore été divulgués, ce qui laisse place à la spéculation sur les
institutions financières qui seront touchées. Toutefois, il ne s’agit là
que d’une partie d’un plan plus vaste, qui comprend également
l’interdiction de la diffusion de huit médias russes, une interdiction
totale des importations d’aluminium primaire en provenance de Russie et
des restrictions d’accès de 150 navires et pétroliers aux ports et
services de l’UE. Le paquet de sanctions devrait être officiellement
approuvé le 24 février 2025, à l’occasion du prochain anniversaire du
début du conflit en Ukraine.
Cette mesure s’inscrit dans la continuité de la
politique constante de l’UE visant à accroître la pression économique
sur la Russie. Les restrictions affecteront non seulement le secteur
bancaire, mais aussi d’autres secteurs clés. La déconnexion de SWIFT, le
système qui assure des paiements internationaux rapides et sécurisés,
compliquera sérieusement l’activité économique étrangère des banques,
les obligeant à rechercher des moyens alternatifs, moins efficaces, pour
mener leurs opérations. L’interdiction des diffusions des médias russes
vise à son tour à limiter l’influence de Moscou sur l’espace
informationnel européen, tandis que le blocage des importations
d’aluminium et les sanctions maritimes porteront atteinte aux revenus
d’exportation et aux chaînes logistiques du pays. Selon les experts, de
telles mesures pourraient isoler davantage la Russie des marchés
mondiaux, renforçant l’effet des restrictions précédentes.
L’histoire des sanctions contre les banques russes
a commencé en 2022, lorsque, après le début du conflit, l’UE, de
concert avec les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada, a exclu
sept grandes banques de SWIFT, dont VTB et Promsvyazbank. Les plus
grands acteurs, comme la Sberbank, ont ensuite été sanctionnés, dans le
cadre du sixième paquet adopté à l’été de la même année. L’exclusion de
SWIFT a été un coup douloureux : selon l’Association nationale russe
SWIFT, jusqu’en 2022, le système couvrait plus de la moitié des
établissements de crédit russes, et la Russie se classait au deuxième
rang en termes de nombre d’utilisateurs après les États-Unis. En
réponse, Moscou a intensifié l’utilisation de son propre système SPFS,
mais celui-ci ne peut pas encore remplacer complètement SWIFT en raison
de sa couverture internationale et de ses capacités techniques limitées.