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Commentaire de Étirév

sur Quelques étymologies (2/2)


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Étirév 5 avril 2025 10:34

BARON : Dans la tradition hindoue, le nom le plus habituel de la Grande Ourse est « sapta-riksha » ; le mot sanscrit « riksha » (comme le celtique « arth », le grec « arktos » ou le latin « ursus ») est le nom de l’ours. Cependant, « riksha » désigne aussi une étoile, c’est-à-dire une « lumière » de manière générale (« archis », de la racine « arch » ou « ruch », « briller » ou « illuminer ») ; d’autre part, le « sapta-riksha » est la demeure symbolique des « sept Rishis », qui, outre que leur nom se rapporte à la « lumière », représentent la sagesse « supra-humaine », c’est-à-dire les sept « Lumières » par lesquelles fut transmise au cycle actuel la Sagesse des cycles antérieurs. C’est donc comme une sorte d’« Arche » dans laquelle est renfermé le dépôt de la connaissance traditionnelle, afin d’assurer sa conservation et sa transmission d’âge en âge. Dans une certaine période, le nom de « sapta-riksha » fut appliqué, non plus à la Grande Ourse, mais aux Pléiades, qui comprennent également sept étoiles. Rappelons que cette constellation a eu encore d’autres noms, entre autres celui de la « Balance ».
Il y a, dans cette substitution de noms, une des marques de ce que les Celtes symbolisaient précisément par la lutte du sanglier et de l’ours, c’est-à-dire la révolte des représentants du pouvoir temporel contre la suprématie de l’autorité spirituelle.
Les premières manifestations de cette révolte remontent beaucoup plus loin que l’histoire ordinairement connue, et même plus loin que le début du Kali-Yuga, période actuelle d’« obscuration », et dans lequel elle devait prendre sa plus grande extension ; c’est pourquoi le nom de « bor » a pu être transféré du sanglier à l’ours, et la « Borée » elle-même, la « terre du sanglier », a pu par suite devenir à un certain moment la « terre de l’ours ».
En effet, rappelons encore que chez les peuples du Nord, l’homme bestial était comparé à l’Ours. Le mot « barbare » ou « berber » (de bær-bor) signifiait chez les Boréens ceux qui portent l’ours, les hommes chasseurs, les insociables, doués d’une grande force musculaire. Par extension, on arriva à appeler ces hommes des « ours », ce qui voulait dire des gens non policés, vivant entre eux, loin des autres, et ne sachant pas se conduire dans la société des femmes. Cette épithète, d’abord mal prise, fut plus tard acceptée, et l’homme par réaction s’en para, comme d’un titre glorieux. Ainsi, dans le blason armorial commun des temps primitifs, l’ours figurait, et son nom « bor » (« ours » dans les langues Scandinaves) devint pour eux la racine du mot « Boréen ». Et, de fil en aiguille, le mot « Boréen » est devenu un titre d’honneur, dont on a fait « Baron » en Europe.
NB : Les langues très anciennes énoncent des vérités, dans la signification même des mots. Ainsi nous trouvons, en sanscrit, que les organes du corps, les membres, les téguments, etc., s’expriment par les mêmes mots que les organes correspondants, dans la vie végétale.
Le mot branche se dit en sanscrit Çakha, mot qui sert à désigner aussi le bras. Les branches de l’arbre sont les « bras » de l’arbre ; les bras de l’homme sont ses « branches ». En lithuanien le mot Ramka signifie aussi branche, bras et main.
Dans l’ancien slave, on trouve le mot Râka, qui a aussi cette double signification.
Le mot racine en sanscrit se dit Çapha ; il signifie une branche souterraine et, en même temps, un sabot d’animal (du cheval entre autres).
Nos bras, nos mains sont d’anciennes branches, d’anciennes racines.
L’écorce de l’arbre et la peau de l’homme s’expriment par le même mot « Kritti ». Ce mot s’applique surtout au bouleau, qui perd son écorce par une desquamation si connue.
En persan, trois mots servent à désigner l’écorce. Ce sont :
Carman, de la racine car (ambulare, qui s’en va, qui se desquame). Cira, haillon, lambeau détaché, d’où l’on fait Cîma, fendu, divisé.
De ces racines on fait Cartah, peau.
De la racine Cùr ou Kùr on fait Côlaka ou Carâka, enlever, dépouiller. Ces mots qui dérivent de racines qui signifient blessure (détruire, déchirer), nous font assister par l’esprit à l’évolution de l’enveloppe tégumentaire du corps des animaux, laquelle apparaît quand l’écorce qui la recouvre dans la vie embryonnaire est déchirée, détruite. Cette enveloppe qui reproduit les feuillets du liber de l’arbre a été appelée par la science moderne épitrichium.
En ancien slave, en russe, en polonais, la peau s’appelle encore Skora.
L’origine des sexes est annoncée en sanscrit.
De la racine Dri on fait Dar, diviser, fendre, voulant indiquer, sans doute, la division des sexes ; de là Dêvadârou, bois divin.
Est-ce la partie féminine de l’arbre divinisé ?
La croissance de l’arbre, ou plutôt son évolution, est appelée en sanscrit Roûksha, mot que l’on retrouve dans un terme gothique désignant l’arbre, et resté énigmatique pour les étymologistes, « rôhsns », qui veut dire « ce qui est avant », c’est l’arbre-ancêtre. On a traduit ce mot, qui indique quelque chose d’antérieur, par cour, vestibule.
Le tronc de l’arbre, qui devient le tronc de l’animal, est dit, en sanscrit kal, d’où Kalama (les Latins en font calamus, calmus, columna). Par une suite d’altérations, on arriva à faire de ce mot gestare et jerre. Conclusion : le tronc (de l’arbre) est en gestation, en travail pour faire l’animal.
Les Hindous vénéraient le Pippal, dans lequel ils voyaient l’origine de l’être supérieur, de Vishnou. Il en est souvent question dans les livres sacrés.
La Forêt, première demeure du genre humain, se dit en sanscrit Vana, mot qui veut dire aussi demeure (primitive demeure) et par extension maison.
De Vana on fait Vanadja, né dans la forêt.
L’arbre originaire du genre humain est appelé saptaparna, arbre à sept feuilles. C’est la feuille composée de l’acacia qui est ainsi désignée.
L’origine végétale des oiseaux, si curieuse à étudier, était bien connue des anciens Hindous, leur langue le prouve. On désigne en sanscrit, par le mot « parnin », l’arbre qui a des feuilles, celui de l’embranchement des monocotylédones, qui a toujours de très grandes feuilles.
(Cette distinction ferait supposer qu’à l’époque où fut formée la langue, les dicotylédones n’avaient pas, ou n’avaient plus, de feuilles, ou qu’elles étaient si petites qu’on les voyait à peine.)
De là on fait « Parna », qui signifie feuille, plume et aile.
Parnin signifie « arbre muni d’ailes ».
Le buteo frondoso est appelé Parna Parnin ; le lotus s’appelle Parnasi.
La racine par signifie faire avancer, faire passer (de la vie végétale à la vie animale).
Pattrin (de Pattra) veut dire aussi feuille et aile.
En zend, langue très rapprochée du sanscrit, par (aile, plume) fait parena, aile, paridan, voler, par, para, vol, parand, oiseau.
Tout cela vient de parnin, arbre qui a des feuilles.
Dans l’ancien slave, on retrouve pariti, prati, voler ; pero, plumes.
Et cet ancien Parnin des Hindous (arbre à feuilles), infiltré dans le latin, y devient parus, mésange.
De tout ce que nous venons de dire, il résulte bien clairement que les Hindous primitifs ont affirmé l’Origine Végétale de l’Homme.


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