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Quelques étymologies (2/2)

 

Bien que les titres nobiliaires ne soient plus d'usage actuellement, ils sont connus de tous et sont encore employés, surtout dans certains pays étrangers. De toute façon, ils ont marqué des siècles avant la Révolution française, qui les a abolis – théoriquement. Nous allons continuer de les examiner.

Comte

Le comte était d'abord un compagnon. Mot issu du latin comes, comitis, venant de cum ire : marcher avec, et donc compagnon (1). Le comte était une personne attachée au service de quelqu'un (magistrat, personne haut placée…), puis habilitée à le représenter. Le mot va ensuite désigner des hautes fonctions militaires et de hautes dignités. Le comte était à la tête d'un comté. Le fromage comté doit son nom, lui, à la Franche-Comté. Ce n'est pas le roi des fromages, mais c'est un noble fromage.

(1) le mot compagnon est formé de cum (avec) + panis (pain) : c'est celui avec qui on mange le (même) pain. Cf. le mot copain, anciennement compaing, qui était le nominatif de compagnon.

Au-dessous du comte se trouve le vicomte (vice comte) qui peut prendre sa place.

Féminins : comtesse. vicomtesse.

 

Baron

L'étymologie est incertaine. On trouve en ancien français ber, baron : homme fort, vaillant, noble. Mais on trouve dans le dictionnaire latin de Gaffiot le mot baro, baronis qui signifiait lourdaud, balourd. On évoque aussi une racine germanique baro  : porteur (cf. anglais to bear : porter), donc homme fort, homme puissant, puis noble.

Féminin : baronne.

Les Anglais on créé le titre de baronnet, qui est au-dessus du chevalier ; le baronnet a le droit d'être appelé Sir. Sir vient du français sire (seigneur), venant lui-même du latin senior : plus âgé, aîné.

Un fils de Donald Trump (le président moitié maquignon, moitié père Ubu) se prénomme Baron ; mais on ne s'adresse pas à lui en disant Sir. En fait Baron est une déformation d'Aaron, un prénom d'origine hébraïque, dont l'étymologie est douteuse, peut-être l'hébreu ’arôn  : dont le nom est grand, haut placé, ou arche (d’alliance).

 

Lord

Faisons un tour chez "nos amis" Anglois. En Angleterre, les grands nobles sont appelés lords, féminin ladies. Le très sérieux dictionnaire de Meriam Webster donne de lord la définition suivante : quelqu'un qui détient pouvoir et autorité sur les autres (2) ; quant à son étymologie, tenez-vous bien, ce dictionnaire indique : (Mot du) moyen anglais loverd  : lord, venant du vieil anglais hlaford  : loaf keeper, gardien du pain ou garde-pain (3). L'étymologie est confirmée par Etymonline. Le vieux mot anglais hlaf (pain) serait en relation avec le mot russe хлеб (khleb) : pain.

(2) one having power and authority over others
(3) Middle English loverd : lord, from Old English hlāford, from hlāf : loaf + weard : keeper.

Pour lady, ce même dictionnaire Meriam Webster définit le mot ainsi : une femme avec droits de propriété ou autorité, spécialement en tant que personne féodale supérieure (4). Quant à l'étymologie, accrochez-vous : (mot du) moyen anglais, venant du vieil anglais hlǣfdige, de hlāf  : pain + -dige (proche de dǣge : pétrir) : qui pétrit le pain (5). Le lecteur peut vérifier sur le Meriam Webster ou sur Etymonline (6), ça ne mange pas de pain. Alors, le premier lord et la première lady, c'était un couple de boulangers ? D'après les renseignements – sous toutes réserves – qu'a pu se procurer l'auteur, ce couple aurait habité Londres (London), "Baker street", la fameuse Baker street (rue du Boulanger) où vécut par la suite le célèbre Sherlock Holmès, immortalisé par Conan Doyle.

(4) a woman having proprietary rights or authority especially as a feudal superior.
(5) Middle English, from Old English hlǣfdige, from hlāf : bread + -dige (akin to dǣge kneader of bread).
(6) "one who kneads bread" : quelqu'un qui pétrit le pain

 

King

Le dictionnaire Meriam Webster indique comme étymologie : (mot du) Moyen anglais, venant du Vieil anglais cyning  ; apparenté à l'ancien haut allemand kuning  : roi. Vieil anglais cynn (qui voulait dire famille, race) (7). Allemand actuel König  : roi, néerlandais koning  : roi, suédois konung  : roi, etc. En russe, cela a donné князь (kniaz) : prince, avec passage du 'g' à 'z'. Prince russe célèbre : Potemkine, l'amant de Catherine II.

(7) Middle English, from Old English cyning ; akin to Old High German kuning : king. Old English cynn.

Féminin : queen. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas une femme qui couine ; la racine est le vieil anglais cwen  : femme, mot apparenté au grec ancien γυνὴ (gynê) : femme. Vieille racine indo-européenne *gwen  : femme ; ce mot n'a rien à voir avec le mot breton gwen, qu'on retrouve dans le prénom Gwendoline par exemple, et qui veut dire blanc ou pur.

King est la transcription E.F.E.O. (École Française d'Extrême-Orient) des livres classiques de la littérature chinoise : le Yi King (le Livre des Mutations), le Tao Te King (le Livre de la Voie et de la Vertu), etc.

 

Tsar

Tsar (цар en bulgare, царь en russe, où le signe ь indique la "mouillure" du r) est un titre que portèrent les souverains bulgares. Le titre de tsar fut en effet d'abord porté par le roi Siméon de Bulgarie en 919 — en Russie, ce titre fut porté à partir de 1547, sous le règne d'Ivan le Redoutable ou le Terrible [ Иван Грозный : Ivan Groznyï — Ivan étant la lecture russe du prénom Jean ]). Tsar est l'altération de Cæsar  : César, l'empereur romain (d'anciennes graphies notent czar). Cf. en allemand Kaiser

Remarque : tsar n'est pas l'anagramme de star (étoile en anglais).

Féminin : tsarine  ; mais en russe et en bulgare : tsaritsa (царица).

Quant au fameux titre Tsar de toutes les Russies, il s'agit d'une erreur de traduction ; dans le titre de Всероссийский Царь (Vsiérossiïkiï tsar, tsar de toute LA Russie), le mot все (vsié, ici en composition, signifiant tout ou toute au singulier) avait été compris comme un pluriel. Mais cela donne une note poétique au titre.

 

Boyard

Les aristocrates russes étaient appelés боярин (boyarin), en français boyards. Boyarin dérive de бой (boï) : combat. Les boyards étaient des combattants, des chefs militaires. Boyard est devenu par la suite un titre de noblesse.

 

Pour le serf, en russe on disait krepostnoï (крепостной), mot qui vient de крепость (krepost : forteresse), de крепкий (krepkii : ferme, solide) car les paysans russes étaient fermement attachés à la terre, sous l'autorité de leur seigneur, et ils ne pouvaient rien faire sans leur permission.

Esclave se dit rab (раб) en russe, mot qui vient d'une racine slave qui a donné en russe moderne le verbe работать (rabotat) : travailler. Tout le monde connaît le mot "robot", du tchèque robota  : travail, corvée. qui dérive de cette racine. Quant au mot français esclave, en ancien français esclavon, il vient de l'altération du mot slave. Des peuples slaves, en effet, étaient en grand nombre réduits en esclavage dans les Balkans par les Germains durant le Moyen Âge. De là vint la correspondance : Slave = esclave.

Anecdote : beaucoup de gens se séparent en disant Ciao ! Ce mot est l'altération du mot italien schiavo, qui veut dire esclave, Se séparer en disant Ciao !, c'est, littéralement, dire : je suis votre serviteur, je suis votre esclave.

 

Les étymologies de beaucoup de titres nobiliaires indiquent en général quelqu'un de fort, de puissant, quelqu'un qui commande – un chef d'armée surtout. Ce n'est pas étonnant, car la notion de pouvoir est étroitement liée à la force (et aussi, on le verra, à l'emprise religieuse).

Il y a bien d'autres étymologies à étudier… par exemple celles de fonctions de la République, ou des prélats religieux ; mais ce sera pour une prochaine fois – si vous le voulez bien !

 


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4 réactions à cet article    


  • Étirév 5 avril 2025 10:34

    BARON : Dans la tradition hindoue, le nom le plus habituel de la Grande Ourse est « sapta-riksha » ; le mot sanscrit « riksha » (comme le celtique « arth », le grec « arktos » ou le latin « ursus ») est le nom de l’ours. Cependant, « riksha » désigne aussi une étoile, c’est-à-dire une « lumière » de manière générale (« archis », de la racine « arch » ou « ruch », « briller » ou « illuminer ») ; d’autre part, le « sapta-riksha » est la demeure symbolique des « sept Rishis », qui, outre que leur nom se rapporte à la « lumière », représentent la sagesse « supra-humaine », c’est-à-dire les sept « Lumières » par lesquelles fut transmise au cycle actuel la Sagesse des cycles antérieurs. C’est donc comme une sorte d’« Arche » dans laquelle est renfermé le dépôt de la connaissance traditionnelle, afin d’assurer sa conservation et sa transmission d’âge en âge. Dans une certaine période, le nom de « sapta-riksha » fut appliqué, non plus à la Grande Ourse, mais aux Pléiades, qui comprennent également sept étoiles. Rappelons que cette constellation a eu encore d’autres noms, entre autres celui de la « Balance ».
    Il y a, dans cette substitution de noms, une des marques de ce que les Celtes symbolisaient précisément par la lutte du sanglier et de l’ours, c’est-à-dire la révolte des représentants du pouvoir temporel contre la suprématie de l’autorité spirituelle.
    Les premières manifestations de cette révolte remontent beaucoup plus loin que l’histoire ordinairement connue, et même plus loin que le début du Kali-Yuga, période actuelle d’« obscuration », et dans lequel elle devait prendre sa plus grande extension ; c’est pourquoi le nom de « bor » a pu être transféré du sanglier à l’ours, et la « Borée » elle-même, la « terre du sanglier », a pu par suite devenir à un certain moment la « terre de l’ours ».
    En effet, rappelons encore que chez les peuples du Nord, l’homme bestial était comparé à l’Ours. Le mot « barbare » ou « berber » (de bær-bor) signifiait chez les Boréens ceux qui portent l’ours, les hommes chasseurs, les insociables, doués d’une grande force musculaire. Par extension, on arriva à appeler ces hommes des « ours », ce qui voulait dire des gens non policés, vivant entre eux, loin des autres, et ne sachant pas se conduire dans la société des femmes. Cette épithète, d’abord mal prise, fut plus tard acceptée, et l’homme par réaction s’en para, comme d’un titre glorieux. Ainsi, dans le blason armorial commun des temps primitifs, l’ours figurait, et son nom « bor » (« ours » dans les langues Scandinaves) devint pour eux la racine du mot « Boréen ». Et, de fil en aiguille, le mot « Boréen » est devenu un titre d’honneur, dont on a fait « Baron » en Europe.
    NB : Les langues très anciennes énoncent des vérités, dans la signification même des mots. Ainsi nous trouvons, en sanscrit, que les organes du corps, les membres, les téguments, etc., s’expriment par les mêmes mots que les organes correspondants, dans la vie végétale.
    Le mot branche se dit en sanscrit Çakha, mot qui sert à désigner aussi le bras. Les branches de l’arbre sont les « bras » de l’arbre ; les bras de l’homme sont ses « branches ». En lithuanien le mot Ramka signifie aussi branche, bras et main.
    Dans l’ancien slave, on trouve le mot Râka, qui a aussi cette double signification.
    Le mot racine en sanscrit se dit Çapha ; il signifie une branche souterraine et, en même temps, un sabot d’animal (du cheval entre autres).
    Nos bras, nos mains sont d’anciennes branches, d’anciennes racines.
    L’écorce de l’arbre et la peau de l’homme s’expriment par le même mot « Kritti ». Ce mot s’applique surtout au bouleau, qui perd son écorce par une desquamation si connue.
    En persan, trois mots servent à désigner l’écorce. Ce sont :
    Carman, de la racine car (ambulare, qui s’en va, qui se desquame). Cira, haillon, lambeau détaché, d’où l’on fait Cîma, fendu, divisé.
    De ces racines on fait Cartah, peau.
    De la racine Cùr ou Kùr on fait Côlaka ou Carâka, enlever, dépouiller. Ces mots qui dérivent de racines qui signifient blessure (détruire, déchirer), nous font assister par l’esprit à l’évolution de l’enveloppe tégumentaire du corps des animaux, laquelle apparaît quand l’écorce qui la recouvre dans la vie embryonnaire est déchirée, détruite. Cette enveloppe qui reproduit les feuillets du liber de l’arbre a été appelée par la science moderne épitrichium.
    En ancien slave, en russe, en polonais, la peau s’appelle encore Skora.
    L’origine des sexes est annoncée en sanscrit.
    De la racine Dri on fait Dar, diviser, fendre, voulant indiquer, sans doute, la division des sexes ; de là Dêvadârou, bois divin.
    Est-ce la partie féminine de l’arbre divinisé ?
    La croissance de l’arbre, ou plutôt son évolution, est appelée en sanscrit Roûksha, mot que l’on retrouve dans un terme gothique désignant l’arbre, et resté énigmatique pour les étymologistes, « rôhsns », qui veut dire « ce qui est avant », c’est l’arbre-ancêtre. On a traduit ce mot, qui indique quelque chose d’antérieur, par cour, vestibule.
    Le tronc de l’arbre, qui devient le tronc de l’animal, est dit, en sanscrit kal, d’où Kalama (les Latins en font calamus, calmus, columna). Par une suite d’altérations, on arriva à faire de ce mot gestare et jerre. Conclusion : le tronc (de l’arbre) est en gestation, en travail pour faire l’animal.
    Les Hindous vénéraient le Pippal, dans lequel ils voyaient l’origine de l’être supérieur, de Vishnou. Il en est souvent question dans les livres sacrés.
    La Forêt, première demeure du genre humain, se dit en sanscrit Vana, mot qui veut dire aussi demeure (primitive demeure) et par extension maison.
    De Vana on fait Vanadja, né dans la forêt.
    L’arbre originaire du genre humain est appelé saptaparna, arbre à sept feuilles. C’est la feuille composée de l’acacia qui est ainsi désignée.
    L’origine végétale des oiseaux, si curieuse à étudier, était bien connue des anciens Hindous, leur langue le prouve. On désigne en sanscrit, par le mot « parnin », l’arbre qui a des feuilles, celui de l’embranchement des monocotylédones, qui a toujours de très grandes feuilles.
    (Cette distinction ferait supposer qu’à l’époque où fut formée la langue, les dicotylédones n’avaient pas, ou n’avaient plus, de feuilles, ou qu’elles étaient si petites qu’on les voyait à peine.)
    De là on fait « Parna », qui signifie feuille, plume et aile.
    Parnin signifie « arbre muni d’ailes ».
    Le buteo frondoso est appelé Parna Parnin ; le lotus s’appelle Parnasi.
    La racine par signifie faire avancer, faire passer (de la vie végétale à la vie animale).
    Pattrin (de Pattra) veut dire aussi feuille et aile.
    En zend, langue très rapprochée du sanscrit, par (aile, plume) fait parena, aile, paridan, voler, par, para, vol, parand, oiseau.
    Tout cela vient de parnin, arbre qui a des feuilles.
    Dans l’ancien slave, on retrouve pariti, prati, voler ; pero, plumes.
    Et cet ancien Parnin des Hindous (arbre à feuilles), infiltré dans le latin, y devient parus, mésange.
    De tout ce que nous venons de dire, il résulte bien clairement que les Hindous primitifs ont affirmé l’Origine Végétale de l’Homme.


    • Gollum Gollum 5 avril 2025 11:09

      @Étirév

      Z’aimez bien vous la péter avec votre étalage indécent de confiture, hein ? smiley

      Et de la confiote à base de fruits pourris si j’en crois ceci :

      L’origine végétale des oiseaux

      Amusant de voir que ceux qui contestent Darwin s’amusent à promouvoir des trucs complètement délirants en faisant descendre les oiseaux, non des dinosaures, mais des... végétaux ! smiley

      Normal notre Etirev a carrément un grain dans le ciboulot.. et un gros grain. 


    • Goldo Du Goldo Du 5 avril 2025 19:35

      @Étirév
      Quelle logorrhée. Quelle diarrhée.


    • SilentArrow 5 avril 2025 15:02

      Le comte du Beau Q, le compte à rebours, le conte pour enfants.

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