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Commentaire de Fanny

sur « Le 9 mai – Mémoire interdite, mémoire trahie » Échos mémoirels – Ce que l'on préfère ne pas entendre


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Fanny 22 avril 2025 17:23

Je crains que vous n’ayez un train de retard.

Vous êtes toujours dans la configuration idéologique des USA maîtres du monde, vainqueurs de deux guerres mondiales en 1945 et 1991. Vainqueurs héroïques contre deux régimes atroces, le soviétique et le nazi (dans l’ordre d’apparition). Victoire idéologique contre la guerre des classes et la dictature du prolétariat d’une part, victoire militaire contre le racisme le plus meurtrier jamais vu d’autre part. Victoire du Bien contre le Mal en un mot, au nom de la Liberté.

Cette vision du monde est inscrite dans nos esprits formatés depuis 80 ans, depuis l’enfance pour ce qui me concerne. Je me souviens de mon instituteur se moquant du dirigeant soviétique Boulganine, car un élève avait un patronyme à consonance semblable. 80 ans de matraquage idéologique au nom de la défense (assez crédible) de la Liberté ne s’effacent pas facilement.

Cet état d’esprit permet, en passant, d’effacer qu’un pays en majorité analphabète en 1917 s’est trouvé globalement instruit en 1940. Une des raisons, sans doute, pour lesquelles les Russes n’ont pas plaidé coupables après 91, certains regrettant encore aujourd’hui Staline.

Tout cela, c’est le passé. L’URSS a disparu, dans un mouvement de décolonisation de l’Empire russe/soviétique, mouvement qui s’achève actuellement en Ukraine. L’Allemagne est redevenue démocratique et s’est réunifiée, devenant la première puissance de l’UE. Le communisme nous pose toujours problème, mais pour d’autres raisons : il ne nous challenge plus au plan idéologique, mais au plan du développement technologique et de la richesse matérielle !

Les centaines de bases militaires US sont toujours là partout sur la planète, nous vivons toujours en Europe sous parapluie nucléaire américain, avec l’idée que nous sommes toujours les maîtres du monde, sinon économiquement, du moins historiquement (nous avons inventé les règles qui gouvernent le monde, et avons généré l’hyperpuissance) et moralement (c’est ce qui nous reste, la morale et la démocratie, mais nous ne comprenons pas que ce soit contesté).

Mais, je me répète, c’est le passé. Le monde change, de nouvelles frontières idéologiques et économiques se dessinent à la faveur des deux guerres qui font la une de nos médias : l’Ukraine et Gaza. Il nous faut comprendre que nous ne sommes plus les maîtres du monde, ni militairement (l’Ukraine), ni moralement (Gaza). D’autres nous valent bien. Après l’époque coloniale, l’époque néo coloniale s’achève.

Le dernier président des Etats-Unis, Donald Trump, a anticipé cette mutation, essentiellement politique et spirituelle (l’esprit occidental doit muter). Il reconnaît l’existence d’autres grandes puissances, avec leurs zones d’influence, qu’il va falloir challenger au plan économique et autres. Mais il a renoncé à la vision Bush/Clinton de la nation exceptionnelle qui doit normaliser la planète sur le modèle US, par la force des armes. L’Europe n’est plus son problème, juste un gros concurrent.

L’Europe a bien du mal à se repositionner dans ce nouveau monde. Elle est un peu perdue. Comme un adolescent quand il doit quitter ses parents, quitter la sécurité du cocon familial (le parapluie US). Le grand large l’effraie. Alors elle régresse dans une russophobie délirante lui rappelant les 70 ans d’antisoviétisme, elle régresse dans des rêves de Grande Europe incluant Ukraine, Moldavie, Géorgie, Bielorussie … et pourquoi pas Russie (Attali). C’était autrefois le rêve d’un petit moustachu, en excluant le racisme et le génocide.

En attendant d’y voir plus clair, de se réveiller de ses rêves régressifs, l’Europe réarme. On verra bien ce qu’il en ressortira : Papa US est toujours là pour le cas où ça tournerait mal avec la Russie.


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