PS : pour prolonger la réflexion en termes de « bifurcations »
historiques, il est clair que l’abandon imposé en 1948 par les USA de la Charte de la
Havane était déjà une « bifurcation » historique qui a contraint dans
une large mesure le monde économique d’après-guerre au « libre échange »
dominé par les USA, tout comme l’accord Nixon-Kissinger-Mao de 1972 en a été
une autre qui a littéralement forcé les portes d’une nouvelle mondialisation
jusque là encore relativement limitée.
Le paradoxe actuel est donc que Trump tente de « forcer »
une nouvelle bifurcation historique qui irait, cette fois ci, en sens carrément
inverse, vers le protectionnisme, mais toujours, évidemment, dans l’intérêt des
USA, aujourd’hui « victimes » du mouvement qu’ils ont eux-mêmes
amorcé en 1948 et à nouveau en 1972, avec Mao ! (N’en déplaise aux pseudo-« marxistes »
prochinois et autres ! *)
Trump, assez étonnamment, a donc le mérite, sur ce point
économique, de voir l’intérêt de la survie des USA sur le long terme, et non
pas à échelle de son seul et dernier mandat. Peut importe d’où lui vient cette « vision »,
probablement d’un reste de simple bon sens, pourquoi pas, il se trouve donc que
pour une fois et vu ainsi, l’intérêt global à long terme des USA rejoint celui
du reste de la planète en termes d’économie humaine.
C’est donc l’occasion, au-delà des rodomontades du personnage, pour
le reste de l’humanité, d’une nouvelle réflexion sur la nécessité, pourtant
absolue et évidente, d’une nouvelle « bifurcation » historique qui
nous verrait « corriger » autant que faire se peut les aberrations à
tous niveaux de la mondialisation actuelle.
Le problème étant, comme tout phénomène de « dépendance »,
que cette mondialisation est quasiment une « drogue dure » dont la
plupart d’entre nous, et surtout les plus riches et les plus aisés, n’envisagent
pas réellement de se passer : il y a maintenant plusieurs décennies d’intoxication
à haute dose à surmonter…
L’opportunité pour une telle « bifurcation » est donc
des plus limitées et possiblement liée à
la personnalité « excentrique » de Trump, même si elle possède
pourtant une logique fondamentale très forte, malheureusement déjà « oubliée »
depuis 1948 et le rejet de la Charte de la Havane.
La probabilité pour qu’un homme seul, aussi puissant soit-il,
puisse « changer », voire en l’occurrence « redresser », le
cours de l’histoire, reste évidemment faible, mais un peu moins si la masse des
citoyens concernés, ou au moins une bonne partie, se « réveille » un tant
soit peu sans tomber pour autant dans les pièges de l’idéologie.
Luniterre
*************
(* « Les prochinois en Prochine ! » disait un amusant slogan sur les murs de Mai 68, probablement tracé par un « situationniste » avisé !)
**************************