@Jean Keim
Dire
que l’argent va à l’argent est un poncif des plus éculés, mais votre métaphore
sur la pente des tuyaux est plus intéressante, à condition d’aller jusqu’au
bout du raisonnement : alors que d’autre part vous parlez d’argent-dette,
vous devez donc pousser le « raisonnement », qui est un simple
constat, en fait, selon lequel ce qui circule dans les tuyaux, à l’échelle
mondiale de l’économie mondialisée, ce n’est précisément que le vent de l’argent-dette,
et donc d’abord et avant tout, du vent !
Notez
pourtant que l’argent-dette, comme tout argent, lorsqu’il circule sur le marché,
peut donc se transformer en biens concrets, et donc, de cette façon et dans une
certaine mesure, faire « vivre » l’économie, tant que personne ne
réclame réellement le remboursement de la dette, se contentant de toucher les
intérêts.
Mais
une dette en « remboursant » une autre, même les « intérêts »
deviennent eux-mêmes une monnaie complètement fictive….
A la
« fin », ou plutôt, à un certain stade du système, qui est le nôtre
actuellement, il n’y a donc que le vent de la dette qui circule encore dans les
tuyaux…
Pourtant
le fait est bien que ceux qui restent placés aux « bonnes » sorties
des tuyaux sont effectivement nettement plus « riches » que les
autres en termes de capacités à transformer le vent de la dette en biens
matériels tout à fait concrets… !
C’est
donc la version moderne de l’ « Effet Cantillon », du nom de
Richard Cantillon, un des premiers « financiers » et économiste avisé
du tournant XVIème-XVIIème siècle, et aussi un des premiers à avoir « démonté »
l’équivalent en son temps de nos « pyramides de Ponzi ».
Toutefois,
une « pyramide de Ponzi » repose malgré tout sur une succession d’apports
en argent « réel » et s’effondre quant l’apport devient insuffisant
pour « boucler la boucle ».
« L’Effet
Cantillon », quant à lui, repose sur un apport excédentaire en « monnaie
métallique » mais bien réelle, du fait d’un apport « excédentaire »
d’or en provenance des colonies sud-américaines.
Le
banco-centralisme, lui, ne repose précisément que sur la « pression »
du vent dans les tuyaux, cette « pression » qu’il règle et « ajuste »
constamment à l’aide de ses « taux directeurs » qui lui permettent de
contrôler les « chiffres » qui apparaissent sur les « manomètres »
de l’inflation et autres indices de l’économie supposément « réelle ».
Mais
à la base, la « masse monétaire » qui ne circule plus réellement que
sous la forme de vent dans les tuyaux n’est jamais que le résidu « venteux »,
en termes de « pression dans les tuyaux », des différentes « injections
de liquidités » crées ex-nihilo par les Banques Centrales depuis les
premières vagues du Quantitative Easing, post-crise de 2007-2008, avec une
sérieuse « injection de rappel » à l’occasion de la dite « crise
du covid » !
C’est
donc bien pourquoi le banco-centralisme ne peut mener qu’à un système
économique, politique et social de plus en plus totalitaire, afin de conserver
l’ensemble du circuit « sous pression » et d’éviter les moindres
failles et fuites qui le feraient imploser.
D’où
la perspective incontournable, en fait, malgré les paroles « rassurantes »
des uns et des autres, de voir s’imposer les MNBC comme stade ultime du « crédit
social », à l’occidentale, et encore plus « étanche » que son
modèle chinois actuel.
Luniterre