« Finalement, c’est sur le choix du « tout électrique » qu’il faudrait s’interroger »
Si vous en ignorez encore la réponse, alors cette question mérite probablement d’être (re)posée. Mais certainement pas dans la perspective du problème particulier de l’EPR, lequel a été le résultat de décisions politiques qui (pour des raisons principalement idéologiques) ont produit le sabotage méthodique de notre filière nucléaire historique et, plus généralement, des capacités industrielles et ingénieuriales du pays.
C’est ce type d’amalgame inapproprié qui empêche de comprendre la situation et les raisons qui y ont conduit, de désigner les causes et les responsables, d’envisager des solutions viables...
Ainsi, ce n’est certainement pas « le nucléaire » qui va ruiner la France, mais plus certainement les choix des décideurs qui nous ont menés dans l’impasse actuelle (et pas seulement dans le domaine énergétique d’ailleurs, loin s’en faut), de même que l’activisme d’anti-nucléaires fanatiques (ou vendus à des intérêts privés ou étrangers) qui n’ont considéré que la partie des problèmes qui les intéressait en rejetant par principe les moyens pour la résoudre, et qui ont aidé à nous imposer des solutions irréalistes et ruineuses.
Ceux qui osent parler de ruine à propos du nucléaire se gardent bien d’entrer dans le détail des comptes du secteur énergétique, de rappeler la réalité et la raison des coûts correspondants, et d’évoquer les coûts qui ont été évités.
Quant à ceux qui pointent la sécurité (outre la presse de propagande qui, régulièrement, fait passer des risques parfaitement anticipés et des alertes du processus normal de sécurisation pour des dangers imminents et irrépressibles, voire des accidents nucléaires avérés), ils éludent le plus souvent les plus importants dangers qui nous guettent. Par exemple, le récent blackout hispano-portugais a parfaitement illustré d’une criante inconséquence en la matière. Et encore, parce qu’on a pu relancer le réseau à temps, on est passé de justesse à côté d’une démonstration des conséquences chaotiques et meurtrières d’une mise en défaut de la sécurité énergétique d’un pays.
Actuellement, le nucléaire ne constitue qu’une partie d’une solution globale viable. Néanmoins son arrêt représenterait de véritables menaces, d’une part sur la sécurité énergétique d’un pays dont les ressources propres sont foncièrement limitées ou intermittentes, d’autre part sur la sûreté environnementale du fait d’un existant qui serait purement laissé à l’abandon.
L’idéalisme a ses limites, car il arrive un moment où son déni de la réalité et du passé le rend criminel.