@Eric F
« Erreur technologique + perte de compétences par rapport à ce que l’on savait faire il y a cinquante ans ! »
Il me paraît important de préciser cette « perte de compétences ».
En ce qui concerne les compétences techniques particulières relatives aux problèmes de fabrication de l’EPR, la plupart d’entre elles n’existaient pas il y a cinquante ans. Pour cette partie, on s’est donc essentiellement heurté à une incapacité dans la conception, la mise au point ou la réalisation de techniques nouvelles, qui ne sont d’ailleurs pas spécifiquement « nucléaires ».
D’autre part, même si le contenu des enseignements correspondants ont été durement touchés par les réformes successives, les compétences en ingénierie (dans le sens qu’on donnait à ce terme il y a encore trente ans) et celles de l’industrie du nucléaire n’ont pas disparu du jour au lendemain. Seulement, dans notre pays il a été décidé de les dévaloriser et de ne plus recourir à la majorité d’entre elles.
Ceux qui possèdent ces compétences ont dû prendre leur retraite, se reconvertir, ou partir les exercer dans des pays étrangers. Et les plus vieux d’entre eux sont morts. Mais en réalité, ces compétences soi-disant « perdues » subsistent, même encore aujourd’hui, à tout le moins en partie.
Ainsi, cette « perte de compétences » correspond plus certainement à un sous-emploi intentionnel et à une forte diminution de la population compétente qu’à une disparition irrémédiable et totale des savoirs et savoir faire correspondants. (À titre personnel, je fais toujours partie des détenteurs de ces compétences aujourd’hui inemployées.)
Autrement dit, il n’est probablement pas déjà trop tard pour redresser la barre, mais on a choisi de ne pas le faire. Délibérément.