le GS /
« La scène incroyable du »Bureau ovale"
Peu après, la scène qui se déroule au « Bureau ovale »
(1) est aussi incroyable. On la découvre à travers une photo,
étrangement prise et diffusée par les soins des services de la Maison
Blanche eux-mêmes. Le tableau est aussi édifiant : Le président Trump y
campe, derrière son bureau, comme un manager, ou un DG qui reçoit une
délégation syndicale. Ils sont de nouveau là, bien rangés de l’autre
côté du bureau, assis sur des chaises, déférents. La hiérarchie est
affichée, le message est bien clair. On serait bien en peine de déceler
sur les visages de ces dirigeants européens en cercle autour du bureau
du « patron », la moindre marque d’un leader, d’un homme d’Etat
d’envergure.
Dans cette image que donnent de l’Europe occidentale ses dirigeants
actuels, on mesure la déchéance dans laquelle ils entrainent celle-ci,
et qu’ils essaient en vain de cacher derrière des postures guerrières,
des rodomontades et des discours verbeux.
C’était d’ailleurs déjà une déchéance, quelques semaines avant, le jour, le 27 juillet,
(2), où le Président Trump avait reçu entre deux parties de golf, en
Ecosse, la présidente de la commission européenne, pour l’entendre
accepter toutes les conditions étasuniennes : 15% de taxe de douanes,
750 milliards de dollars d’achats de gaz et de pétrole étasuniens, 600
milliards de dollars d’engagement d’investissement aux Etats Unis, et
tout cela sans aucune contrepartie.
Ils acceptent tout, pourvu que..
On devrait se demander pourquoi les dirigeants des grands pays de
l’Europe occidentale exposent ainsi leurs peuples et leurs nations à
tant de diktats et d’humiliations des Etats-Unis d’Amérique.
On a le spectacle d’élites dirigeantes prêtes à tout pour avoir la
protection des EU, contre les intérêts de leur propre peuple, exactement
comme ces dirigeants d’ Etats arabes dont ils parlent pourtant avec
mépris. Ils acceptent tout. Pourvu qu’ils restent au pouvoir, eux et
leur milieu social.
Il n’y a pas d’autre explication. Ou alors comment expliquer qu’ils
acceptent délibérément d’acheter le gaz et le pétrole étasuniens bien
plus cher que ceux de Russie. Comment comprendre que l’Allemagne
renonce délibérément à cet avantage énorme que représentait pour son
industrie l’énergie russe, et qu’elle ait même accepté, sans broncher,
la sabotage des gazoducs « Nord Stream », sur lesquels elle avaient
investi des milliards de dollars, Comment expliquer qu’ils aient
préféré s’intégrer économiquement avec les Etats Unis, pays non européen
à des milliers de km de l’Europe, plutôt qu’une intégration naturelle
avec la Russie sur le même continent. Et qu’ils continuent dans cette
voie, alors qu’il n’y a là aucune logique économique. Il faut bien y
chercher alors une logique politique cachée et donc des intérêts,
ceux-ci de pouvoir, d’hégémonie sociale sur leurs peuples respectifs.
Les Etats du Golfe ont exactement le même comportement envers les EU,
par leurs investissements, leurs prêts, leurs achats d’armement inutiles
et disproportionnés, leurs dons et cadeaux somptueux aux Occidentaux
etc..
La panique
L’arrogance de Zelinsky
Les dirigeants européens sont d’autant plus pour la guerre en
Ukraine, que ce ne sont pas eux qui la font. Souvent mal élus, au
pouvoir ou s’y maintenant grâce à des alliances et des manipulations
parlementaires compliquées, en déficit de crédibilité, peu populaires,
dans un contexte de crise générale de la démocratie occidentale, ils
sont bien incapables de convaincre leurs peuples d’aller à la guerre, de
mourir pour l’Ukraine, malgré une mobilisation intense du système
médiatico-politique. Ils ont donc recours à la seule solution
disponible, celle de l’utilisation du pouvoir d’Etat et de l’argent
public pour le financement direct du pouvoir ukrainien et de son armée,
et ont également recours à mille subterfuges « démocratiques », pour se
passer de l’assentiment du peuple. L’argent est donné par dizaines de
milliards d’euros, sans compter, à fonds perdu, sans contrôle, sans
espoir de retour, malgré la corruption qu’ils savent extrême en Ukraine,
alors même qu’ils comptent le moindre euro dans les dépenses sociales
pour leur peuple.
L’Ukraine, dont ils ne se sont pas souciés pendant des siècles leur
est devenue soudain « existentielle ». Zelinsky l’a de suite compris.
Il a vu que ces dirigeants ne pouvaient se passer de la guerre en
Ukraine pour leur propre survie, pour leur propre pouvoir, pour leurs
propres intérêts baptisés défense de l’Europe, et de ses valeurs. Ceci
explique son arrogance à leur égard, et parfois même les mises en
demeure qu’il leur adresse.
Jusqu’à présent l’Europe a financé totalement l’Etat ukrainien,
jusqu’au moindre salaire de fonctionnaire. L’Ukraine vit de la guerre.
La guerre la corrompt. Les ukrainiens, pour une partie considérable de
la population, ne travaillent même plus. Ils sont pris en charge par
l’Europe, à l’intérieur et à l’extérieur. Désormais, le président
ukrainien n’hésite pas à demander directement à l’Europe de payer ses soldats
(3). Le caractère mercenaire de l’armée ukrainienne est délibérément
avoué, revendiqué, et il devient lui-même un moyen de pression sur les
dirigeants occidentaux.
On a du coup l’explication du statut hors norme d’un personnage
subalterne comme Zelinsky, et d’un pays secondaire comme l’Ukraine dans
la cour européenne. L’armée ukrainienne est choyée, vantée, célébrée,
équipée. Elle est déclarée la « principale garantie de sécurité », à la
fois de l’Ukraine et de l’Europe, même en cas d’accord de paix avec la
Russie. Zelinsky peut même se donner le droit de proposer 100 milliards
de dollars d’achat d’armes aux EU payés par l’Europe, comme il vient de
le faire récemment (4), avant même que l’Europe n’en discute ou n’en parle. Que reste-t-il de la souveraineté des pays européens ?
L’Europe prend le même chemin de la déchéance qu’ont connu tous les
vieux empires fatigués et séniles au cours de l’Histoire. Le recours
aux armées mercenaires en est un indicateur significatif et constant.
La peur
En réalité, les élites occidentalistes dirigeantes ou influentes ont
peur. Une peur panique, parfois délirante, qui déborde sur les plateaux
télé, dans tous les « medias fakenews » des Etats-Unis, qui donnent le
ton, aux annexes que sont devenues les chaines d’informations
européennes..."