le 31 décembre 1999, au moment où la guerre en Tchétchénie interdisait tout débat sérieux, quelques oligarques russes organisèrent une discrète passation des pouvoirs d’Eltsine à Poutine, sans élections à la clé.
Ancien Officier du KGB, les Services de renseignements soviétiques (Poutine a passé 17 ans au KGB avant que Boris Eltsine fasse de lui, en 1998, le directeur du FSB, ex-KGB), le premier geste de Vladimir Poutine en tant que président fut de signer la loi qui mettait son prédécesseur à l’abri de toute poursuite judiciaire, que ce fût pour des actes de corruption ou pour les assassinats de manifestants en faveur de la « démocratie » commis par l’armée pendant qu’il était au pouvoir. De plus, bien que figure centrale de l’exécutif de la nation Russe depuis 1999, notons qu’une commission parlementaire britannique a publié en mai 2018 un rapport alertant sur le fait que la « City » de Londres serait devenue un centre de blanchiment d’argent pour les hommes d’affaires russes et pour Vladimir Poutine et son entourage, ce qui a valu à la capitale britannique le surnom de « Londongrad ».
En juin 2015, l’ancien présentateur Tepa (« META TV ») recevait Pierre Hillard à l’occasion de sa préface publiée dans la réédition du livre de Carroll Quigley « L’histoire secrète de l’Oligarchie Anglo-Américaine ».
Au cours de l’interview, Pierre Hillard soulignait que lors de son discours du 24 octobre 2014 au « club de discussion Valdaï », Vladimir Poutine reconnaissait la nécessité d’un « Nouvel Ordre Mondial », la création de puissantes unions régionales, ainsi que des règles commune acceptées par tous et permettant la stabilité et la sécurité entre les centres régionaux, interdisant, par la même, la politique d’un « cavalier seul », sous-entendu les Anglo-Saxons qu’il accuse de vouloir gouverner le monde « selon leurs seuls intérêts ».
Il ressort donc de ceci que Poutine ne souhaite pas détruire le « Nouvel Ordre Mondial », mais simplement le gérer à sa manière.
Pierre Hillard précise encore que Poutine, qui souhaite étendre sa zone d’influence, proposa lors d’une réunion Russie/Union Européenne à Bruxelles (en janvier 2014), la création d’un bloc continental allant de Lisbonne (Portugal) à Vladivostok (ville Russe près de la mer du Japon).
« Cette proposition, dit Pierre Hillard, fit hurler d’horreur les élites Anglo-Saxonnes », car si un tel bloc eurasiatique (politique et économique) unifié voyait le jour, cela sonnerait le glas du grand marché transatlantique Anglo-Saxons et celui, par conséquent, de ses multinationales ; sans parler du gigantesque projet chinois, la BRI (« Belt & Road Initiative » ou « Initiative de la Ceinture et de la Route de la Chine »), concernant la nouvelle « route de la soie » économique, maritime et numérique du XXIème siècle.
Toujours en janvier 2014, lorsque Vladimir Poutine proposa une énième fois la création de ce bloc continental, la réponse Anglo-Saxonne ne se fit pas attendre : dès février 2014 surgissait la révolution de Maïdan, ou « révolution de Février », en Ukraine, dont les effets durent encore.
Faisons remarquer qu’en parallèle, et en hâtant l’effondrement de l’empire américain, Donald Trump (à l’instar de M. Gorbatchev en URSS) agit comme un allié objectif des intérêts globalistes de la « City » (Épicentre du séisme instigateur du « Nouvel Ordre Mondial ») dont le seul objectif est l’avènement d’un gouvernement mondial. Car précisément, le gouvernement mondial ne pourra voir le jour que sur les décombres des États, tout empires soient-ils.
NB : Tout comme lors de la Guerre de 1914-1918, qui a permis au communisme de prendre le pouvoir en Russie, la deuxième Guerre mondiale permettra au communisme (de Staline) d’étendre son emprise, avec l’approbation (et le soutien) de la haute finance. Puis, après Khrouchtchev, qui succèdera à Staline et qui sera l’artisan d’une « déstalinisation » de l’URSS (il dénoncera les crimes de Staline au Congrès du PC en 1956), et d’une « Détente » avec les USA, une nouvelle phase débutera au milieu des années 1980 avec l’arrivée, à la Direction du Parti Communiste, de Mikhail Gorbatchev, futur prix Nobel de la Paix (comme Barack Obama ou Al Gore ; un grand nombre de « nobelisés » sont des mondialistes), qui, de 1985 à 1987, mettra en œuvre un programme de « réformes » économique et politique, appelé « Perestroïka » (Restructuration), et qui aboutira à la désintégration de l’URSS, conséquence indispensable à la mise œuvre d’une plus grande « efficacité économique » et d’une « démocratisation des institutions ». Ainsi, l’économie soviétique gorbatchévienne se libéralisera grâce aux injections massives de la Haute Finance, et, dans le même temps, l’économie occidentale poursuivra à rythme soutenu sa socialisation.
Profitons-en pour rappeler que, en Russie, la prolifération du rock (qui avait déjà socialement, économiquement, moralement et culturellement révolutionné l’Occident) est un sous-produit de la « Perestroïka ». Jusqu’en 1981, la musique rock était encore décrite dans la Grande Encyclopédie soviétique comme monotone, banale et esthétiquement scabreuse et attribuée à l’influence pernicieuse de la culture bourgeoise et à l’imitation aveugle des modes occidentales.
Notons au passage que le mensonge d’État concernant le massacre de Katyn imputé par la propagande communiste au régime nazis, mais qui fut, en réalité, perpétré sur ordre de Staline par le NKVD (la police politique) ne sera dévoilé que lors du lancement de la « Perestroïka », favorisant un peu plus la désintégration programmée de l’Union Soviétique et sa transition vers une nouvelle « République ». Mikhail Gorbatchev, qui démissionnera en décembre 1991, laissera place à Boris Eltsine, évidente « marionnette » intérimaire et fortement alcoolisée, qui sera élu, dorénavant au suffrage universel, Président de la nouvelle « République Fédérative de Russie ». Pour l’anecdote, précisons que pour de se donner une image de sobriété, Boris Eltsine inaugura son mandat avec une campagne musclée contre la consommation de vodka qui fut l’une de ses mesures les plus controversées. Il tiendra ce rôle jusqu’en décembre 1999, lorsqu’il démissionnera à son tour. Son incapacité pour raison de « santé » (Eltsine sombrait de plus en plus dans l’alcoolisme) et son incompétence, qui seront mises à la disposition des projets des globalistes, permettront de préparer l’avènement et le long règne d’un nouvel acteur politique majeur, et plus « moderne » : Vladimir Poutine.
« Pour faire une révolution, disait Julian Huxley (le frère d’Aldous), l’alternative démocratique est la plus désirable et la plus permanente ; la méthode totalitaire s’autodétruit à la longue. »
Petit à petit, les aigles pygargue et bicéphale font le nid de l’Oligarchie