La Sécu n’est pas tellement le fruit d’une vaillante lutte romantique, mais le fruit d’une redéfinition du périmètre de l’état dans le cadre du libéralisme (préservation du mécanisme des prix) qui remonte à des décennies en amont. Cela a notamment été synthétisé entre-deux-guerres dans les instances néo-libérales telles que le Colloque Lippmann... Cette généralisation en Occident après 1945 ne doit donc rien au hasard.
Cela concernait 5 pôles parfaitement identifiés : santé, chômage-retraite, instruction, énergie, infrastructures, à quoi l’on pouvait adjoindre la recherche fondamentale. Et ça correspond aux politiques qui vont être menées droite-gauche après-guerre dans tout l’Occident avec quelques nuances.
Cela provenait d’une prise en compte du fait que les structures sociales évoluaient. Autrefois, les gens vivaient en auto-gestion familiale et communautaire dans les campagnes, la médecine était rudimentaire et l’instruction aussi. Les gens ont migré vers les villes et vécu de manière plus individualiste. Il fallait pourvoir à la prévoyance, à l’instruction, etc.
Dans un premier temps, cela s’est fait de bric et de broc, avec de nombreuses caisses de prévoyance. La Sécu est venue essentiellement unifier et homogénéiser ces caisses de prévoyance qui existaient déjà dans les diverses branches d’activité avant-guerre.