(publié hiersur ce site)
Belle journée d’Automne, ici à Moșna.
Après une matinée radieuse mais givrée, je profite du soleil dans mon abri au fond de ma vigne.
Mon vieux chat Dorinel me rejoint de son petit pas trottinant. Sans
façon, il saute sur mes genoux et vient me flairer les mains.
Je pose donc ma tasse de café sur le sol près de mon fauteuil et
caresse ses oreilles. Mais ce n’est pas cela qu’il désire. Il fourre son
museau dans le creux de ma main, afin que je puisse lui prodiguer de
longues caresses depuis son petit nez rose jusqu’à son front. Lui en
retour me lèche les doigts, tout en se nichant entre mes mains et mes
genoux. Nous restons ainsi une heure au soleil à échanger ces
témoignages d’amitié, mon café est froid mais sa pelisse d’hiver
chauffée par le soleil est devenue brûlante.
Un léger froissement, et une paire de papillons apparaît. Ils
profitent eux aussi de leurs dernières heures de vie, car il est
probable qu’ils ne survivront pas à une nouvelle nuit glaciale. Dorinel
les a entendus avant moi, ses oreilles les suivent comme de petits
radars de poursuite, mais il n’esquisse pas d’autre mouvement. Il est
trop bien là où il est.
Je me lève, et prend le chemin de la maison. En passant, je ramasse
un grapillon de raisins Cabernet-Sauvignon à petits grains qui a échappé
à la vendange. Il fera plaisir à Mihaela.