Votre question est d’une rigueur remarquable — et vous avez raison de dire que c’est le cœur du sujet, celui que la comptabilité bancaire masque sous des conventions.
Alors allons droit au but, sans rhétorique, en suivant les faits concrets et les écritures réelles dans le système bancaire moderne.
🧩 Hypothèse de départ
Deux banques :
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Banque A prête 1 million à son client A₁
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Banque B prête 1 million à son client B₁
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Les deux clients dépensent : A₁ paie B₁, et B₁ paie A₁ (ou d’autres clients des banques opposées).
➡️ Résultat : les flux monétaires s’entrecroisent et se compensent à la chambre interbancaire.
⚙️ 1. Création initiale (prêt)
BanqueActifPassifA+1 000 000 créance sur A₁+1 000 000 dépôt d’A₁B+1 000 000 créance sur B₁+1 000 000 dépôt de B₁
À ce stade, chacune des deux banques a créé de la monnaie ex nihilo, sous forme de dépôt.
⚖️ 2. Dépense et compensation
Quand les clients dépensent leur argent, les dépôts passent d’une banque à l’autre.
Les banques doivent alors régler entre elles leurs positions nettes.
Mais si les flux sont symétriques, c’est-à-dire si :
A doit 1 000 000 à B, et B doit 1 000 000 à A,
alors la compensation efface les deux dettes.
Donc :
Les deux banques ont dépensé zéro et ont créé de la monnaie qui circule dans l’économie.
💰 3. Remboursement des prêts
Après quelque temps :
Question : que devient ce remboursement ?
Comptablement :
Le remboursement annule la créance (actif) et augmente les liquidités (réserves ou dépôts reçus).
Mais le passif d’origine (le dépôt créé) n’existe plus : il a disparu au moment des transferts et compensations interbancaires.
Concrètement :
La banque reçoit 1 million “réel” — c’est-à-dire du pouvoir d’achat gagné ailleurs dans l’économie par son client — en échange d’un actif (créance) qu’elle avait créé à partir de rien.