@Jason
Vous avez raison sur un point essentiel : la mise en commun par l’impôt est au cœur de l’État social. Nous finançons tous des services que nous n’utilisons pas directement ou pas au même moment, et c’est précisément ce qui permet à la société de fonctionner. Personne ne remet sérieusement en cause le principe de solidarité.
Mais l’article ne critique pas ce principe. Il interroge son application dans un cas précis.
Il y a une différence importante entre financer des biens et services collectifs (éducation, infrastructures, secours, culture) et subventionner en permanence un produit marchand, vendu sur un marché concurrentiel, présenté comme relevant d’un prix “normal”.
L’école publique, les routes ou les services de secours ne sont pas des biens de consommation individuelle mis en rayon avec un prix affiché censé refléter leur coût. Le bœuf, si. Or ce prix est partiellement artificiel, parce qu’une part significative du coût est déplacée vers l’impôt, sans être visible pour le consommateur.
La question n’est donc pas :
“Est-il normal de payer pour des choses que l’on n’utilise pas ?”
Mais plutôt :
“Est-il sain qu’un secteur économique repose structurellement sur des subventions pour maintenir un prix de marché donné, sans que cela soit clairement assumé et débattu ?”
Autrement dit, il ne s’agit pas de solidarité au sens classique, mais d’un choix économique et politique précis, reconduit année après année, sans remise à plat du modèle ni véritable débat public sur ses objectifs, ses limites et son coût réel.
Reconnaître cela ne revient pas à rejeter l’État social. Cela revient à demander plus de transparence et de cohérence dans la façon dont l’argent public est utilisé, et à se demander si subventionner indéfiniment un modèle fragile est la meilleure manière d’exercer cette solidarité.
C’est cette nuance que l’article cherche à mettre en lumière.