Bonsoir @SilentArrow,
Je vous remercie de rappeler la Saint-Barthélemy mais votre comparaison tourne court. En tant que protestant, je ne connais que trop bien les persécutions subies par mes coreligionnaires en France jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Cependant, tenter de mettre sur le même plan ces tragédies — aussi terribles soient-elles — avec l’horreur systémique d’Ivan le Terrible relève d’une méconnaissance du sujet.
Il y a une différence fondamentale entre un épisode de guerre civile religieuse, aussi sanglant soit-il, et l’instauration de l’Opritchnina : un système de terreur d’État institutionnalisé, conçu par un homme seul pour annihiler toute forme de société civile et de contre-pouvoir. Ivan IV n’a pas seulement massacré des opposants, il a théorisé le droit divin du souverain à l’extermination arbitraire de son propre peuple.
C’est précisément cette « tradition » de la violence d’État, sans limites ni cadre légal, qui fait le lit des régimes de Staline hier et de Poutine aujourd’hui. Là où les sociétés occidentales ont fini par s’extraire de ces cycles de violence par le droit, la Russie semble y être maintenue par ses dirigeants comme un mode de survie du pouvoir. Vouloir diluer la spécificité de la terreur russe dans un « tout le monde faisait pareil » est une erreur d’analyse historique majeure.