@Giuseppe di Bella di Santa Sofia
la psyché autocratique russe
Oui, Ivan le Terrible a été très, très, très, méchant, puisque c’est ça que vous voulez qu’on vous dise.
Mais d’une part, c’est un peu léger pour parler de psyché de dirigeants russes. Les gentils et les méchants, c’est pour les enfants, je crois. Et pour les lecteurs du Reader’s Digest aussi, pour qui vos articles sont faits.
D’autre part, il faut connaître aussi l’histoire, le contexte qui fait le personnage, ou bien qui le sélectionne. Je ne vais pas vous raconter ici l’histoire de la Russie, mais tout montre que vous ignorez que celle de la France, toujours dans le même cadre hexagonal, c’est un long fleuve tranquille à côté de celle de la Russie, mouvante géographiquement, mourante et renaissante et qui a subi tellement d’invasions..
C’est une technique de diversion un peu usée, non ?
C’est un rééquilibrage. Vous ne vous rendez pas compte que vous racontez des événements et choisissez des portraits et sélectionnant certaines infos, le « cherry picking » comme on dit maintenant. Et cela présente des histoires qui ne disent pas des choses fausses, mais qui sont tronquées, car ne présentant pas le paysage d’ensemble. Cela permet aussi des raccourcis : c’est plus facile de psychoter sur un personnage que d’étaler la problématique, ou le système, auquel il est confronté. C’est involontaire de votre part, mais en psyops, c’est ce qu’on appelle le « narrative control », que les medias mainstream fabriquent maintenant en permanence.