USA : 1 500 Milliards
de dette supplémentaire en 5 mois !
« Les
analystes soulignent que les États Unis ajoutent désormais environ
mille milliards de dollars à leur dette tous les cinq mois
(En
réalité, 1 500 Milliards, donc, actuellement !)
Au
12 août 2025, la dette nationale des États Unis a
atteint 37 000 milliards de dollars, un niveau inédit, selon les
données officielles du département du Trésor : ce record
est survenu bien plus tôt que les projections prépandémie
prévoyaient, qui le plaçaient au-delà de 2030. »
Aurélien Delacroix - Publié
le 13 août 2025
https://www.journaldeleconomie.fr/la-dette-americaine-franchit-un-nouveau-seuil-alarmant/
Effectivement,
38 500 Milliards, aujourd’hui :
« U.S. national debt hit $38.5
trillion in early 2026, years ahead of previous forecasts.
By Jai Hamid - Updated : January 3 / 2026
Interest payments on the debt are nearing $1 trillion
annually, almost triple 2020 levels.
Trump’s $3.4 trillion spending bill and programs like
DOGE and tariffs aim to reduce the burden.
America’s national debt crossed $38.5 trillion in the
opening month of 2026, pushing past a level the Committee for a Responsible
Federal Budget once expected around 2030. »
https://www.cryptopolitan.com/u-s-national-debt-hits-38-5-trillion-2026/
Alors
comment l’auteur peut-il encore parler de « capitalisme
impérialiste » dans ces conditions ?
Que les USA soient encore « agressifs » avec leur volonté de
suprématie militaire et monétaire sur le monde, c’est un fait, mais qualifier
de « capitaliste impérialiste » un pays qui perd désormais 300
Milliards par mois, et surtout d’un point de vue marxiste auquel prétend l’auteur,
cela ne fait en réalité aucun sens sauf à se gargariser de formules dogmatiques
ronflantes, mais qui n’aident précisément en rien à comprendre l’évolution de
la situation.
La définition marxiste du capitalisme, c’est l’extraction de la
plus-value sur le travail humain productif, ce qui permet l’élargissement du
capital investi.
Selon la définition léniniste de l’impérialisme, normalement agréée par
la plupart des auteurs marxistes, c’est l’exportation des capitaux vers les
colonies, semi-colonies et pays compradores qui permet ensuite d’augmenter l’extraction
de plus-value sur davantage de travail humain productif, dans des conditions
encore plus avantageuses pour le capital investi.
Que l’exportation de leur dette publique couplée avec la menace militaire
massive permette aux USA de continuer à dominer le monde, c’est un fait, mais
persister à vouloir appeler ça « capitalisme impérialiste » ne fait
donc aucun sens, et surtout pas d’un point de vue analytique marxiste et/ou
marxiste-léniniste.
A noter que même l’économie chinoise, qui reste bien davantage productive
que celle des USA, commence elle-même à reposer sur la dette, et aussi bien la
sienne que celle qu’elle « exporte » vers ses « amis » de
la « route de la soie ». Et sans oublier que les « réserves »
monétaires chinoises sont elles-mêmes encore majoritairement tributaires de la
dette US.
Actuellement la Russie, quoi que l’on puisse en penser par ailleurs, est
la seule puissance d’envergure mondiale dont l’économie n’est pas
principalement tributaire de sa propre dette ni de la dette US.
Par ailleurs, même en termes de capitaux exportés sa balance était
déficitaire avant le conflit actuel en Ukraine et elle ne peut donc pas être
qualifiée d’impérialiste sous ce rapport essentiel.
Dans un monde où la domination éventuelle repose sur l’exportation de la
dette bien plus que sur l’exportation de capitaux, parler de « capitalisme
impérialiste » ne fait donc tout simplement plus sens.
La lutte pour la « dédollarisation » montre que le rôle des zones d’influences monétaires est
devenu prépondérant sur l’exportation des capitaux « productifs de
plus-value » et d’autant plus que cette exportation elle-même est
quasiment remplacée par l’exportation de la dette.
La valeur des monnaies, c’est aujourd’hui la valeur des dettes dont elles
sont l’expression et de leurs capacités à circuler encore, en fonction des
politiques monétaires des Banques Centrales, qui ne peuvent pas prendre le
risque d’un déséquilibre réel entre les principaux acteurs tant que perdure
notamment l’interdépendance USA-Chine.
Et elle ne semble pas près de se terminer malgré les rodomontades des uns
et des autres, dont celles de Trump. C’est ce qui limite encore pour l’instant
les risques de guerre à très grande échelle, qui mènerait à la ruine très rapide
des principaux intervenants.
Ce sont donc les banquiers centraux des principales puissances
économiques qui sont réellement les maîtres du jeu entre les zones monétaires
et donc les réels maîtres du monde, et non plus les « capitalistes »
dont même les plus gros en apparences sont indirectement les débiteurs, car
leur simple existence ne tient qu’à l’équilibre fragile entre les différentes
dettes publiques, équilibre dont dépend la « valeur » en réalité
complètement illusoire du dollar et de la plupart des autres monnaies.
Le capitalisme est en train de finir d’agoniser, déjà pour l’essentiel
remplacé par le banco-centralisme, mais le monde n’en sort pas davantage
apaisé, bien au contraire.
Pour autant, il n’y a pas de billet de retour qui vaille vers le
capitalisme « classique » lui-même générateur de guerres et déjà
totalement dépassé par l’évolution des rapports modernes de production.
Luniterre