@Eric F
Effectivement, c’est une question importante, et qui marque
aussi une autre différence entre les époques.
Dans la période que l’on peut qualifier de « capitaliste-impérialiste
classique », entre la fin du XIXème siècle et celle du XXème siècle, il y
a donc « fusion » du capital bancaire et du capital industriel, avec
une composante de plus en plus « financière spéculative » au tournant
du XXIème siècle, aboutissant à la crise systémique de 2007-2008.
Dans la période « capitaliste-impérialiste classique »
il y a une « osmose » entre les principaux tenanciers des groupes
industriels et bancaires avec les principaux « Etats-nations », USA, Allemagne,
G-B, Japon, France, etc…, qui jouent les rôles essentiels sur la scène
mondiale, mais sans que les personnages politiquement puissants soient non plus
formellement les plus « fortunés » en capital et possessions
diverses.
Mais du moins il y a encore une certaine adéquation dans les
apparences entre l’autorité politique formelle et les intérêts économiques
diverses. Même si déjà avec un écheveau de complexité qu’on ne peut évidemment pas
résumer en quelques lignes.
La même dichotomie et la même complexité subsistent depuis la
crise systémique de 2007-2008, mais le centre réel du pouvoir, c’est-à-dire du
pouvoir de décision, s’est nettement déplacé vers les divers Conseils des
Gouverneurs des principales Banques Centrales de la planète.
Trump est l’illustration quasiment spectaculaire de ce
syndrome : il a notamment été incapable de « remodeler » le
Conseil des Gouverneurs de la Fed et sa politique à sa guise, celui de ses « poulains »
finalement adoubé étant fondamentalement encore plus radicalement « banco-centraliste »,
si c’était possible, que Jay Powell lui-même !
Les sautes d’humeurs et changements d’« avis
péremptoires » permanents de Trump, qui en viennent à confiner presque
littéralement à une sorte de « bafouillage », ne sont pas
essentiellement dus à la personnalité supposément erratique de Trump lui-même,
mais bien aux injonctions impératives auxquelles il se trouve obligé de s’adapter,
en dépit des pouvoirs « colossaux » de son poste…
Les « fortunes » spectaculaires de l’hyperclasse
mondialisée ne peuvent plus exister sans les politiques monétaires ad hoc des
Banques Centrales pour « soutenir » la dette, et les décisions politiques réellement importantes se prennent donc « en
marge » dans le tissu relationnel entre banquiers centraux et véritables
gestionnaires, sur le « terrain » des principaux « groupes financiers », genre
BlackRock, Vanguard et autres, qui sont en réalité leurs obligés.
Autrement dit, par rapport à la situation de la période « capitaliste-impérialiste
classique », la source réelle des principales décisions politiques et
orientations systémiques est encore bien plus « opaque », si c’était
encore possible… !
Et c’est assez logiquement parce que tout ce système repose
quasi littéralement sur une « fabrique de fausse monnaie » planétaire
et banco-centralisée que ce très petit monde tient particulièrement à « rester
dans l’ombre », dans l’entre-soi puant de sa propre corruption.
Ce qui explique aussi, pour le malheur du monde, la guerre
actuelle : un « coup de poker », qui, néanmoins, n’est pas
forcément « gagnant ».
Le paradoxe étant qu’il peut finalement être « gagnant »
pour les peuples, s’il s’avère « perdant » pour l’hyperclasse.
Ce qui n’implique nullement, de ma part, une sorte de « blanc-seing »
pour le régime théocratique des mollahs… Mais, bon, ce sont les affaires
intérieures de l’Iran, dont nous devons d’abord et avant tout respecter l’indépendance.
Pour la France, par contre, il reste, à propos de théocratie,
à réaffirmer et même à repréciser notre laïcité :
Les
Quatre Points Cardinaux du Retour à l’Indépendance de la France
Point
4 :
_ Indépendance culturelle et idéologique : un principe constitutionnel complémentaire
devra redonner à la laïcité sa véritable légitimité en affirmant que le
renoncement explicite à tout principe théocratique doit être une base
statutaire de l’existence légale de toute Église ou institution religieuse sur
le territoire de la République. Une nécessité pour affirmer clairement
l’indépendance de la France à l’égard de toutes les puissances de facto
théocratiques et de leurs agents d’influence sur le territoire national.
https://cieldefrance.eklablog.com/2026/01/les-quatre-points-cardinaux-du-retour-a-l-independance-de-la-france.html
Luniterre