Toujours
sur les sondages, bon à savoir.
La
moitié des sondages à portée politique ne sont pas rendus publics ce qui
est quand même une sacrée information concernant les pratiques de nos élus et
journalistes et qui nous donne à réfléchir. Quand on prend conscience de
cela on ne perçoit plus le contenu des informations dominantes de la même façon
et on se fait moins manipuler. Un politique et un journaliste en révèlent plus
sur eux par ce qu’ils ne disent pas sur un sujet que par ce qu’ils
en disent.
J’ai par
ailleurs écrit un article sur cette thématique.
→ Les
sondages et le Far-West médiatique (22/10/21).
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-sondages-et-le-far-west-236675
Extraits :
« Tous
les politiques citent des sondages, s’en servent et les mettent en avant quand
ils sont à leur avantage ou au désavantage de leurs adversaires et ils y
croient où font avec parce que de toute façon, personne n’a plus le choix en
réalité. Il existe une Commission des sondages depuis une loi de ...1977. Elle
vient de rendre son rapport « annuel », le dernier remontant à
...2017. Son champ d’observation est « d’assurer l’honnêteté et la
régularité de la confection des sondages en lien direct ou indirect avec une élection ».
Les instituts de sondage savent qu’elle n’a pas vraiment de moyens de
rétorsion. Vu l’état du droit les instituts et leurs clients ont le pouvoir de
nous imposer leur méthode et leur agenda. Je me demande d’ailleurs si nous nous
posons encore des questions en pensant que nous pourrions avoir quelque
chose à dire sur ces pratiques.
Cela
induit également une approche et des fonctionnements démocratiques bien
particuliers. Comme si le centre de gravité de nos réflexions, pour nous les
citoyens de ce pays, ce ne pouvait être que ces thématiques à visées
électorales à court terme structurées dans une logique de camp et de personnes.
Ne perdons surtout pas de vue le fait que les sondages vont de pair avec des
enquêtes d’opinions par lesquelles les sondeurs cherchent à mesurer thème
par thème, par sensibilité politique présumée les opinions ainsi que la
crédibilité des candidats vis-à-vis de ces thèmes.
Ce
sont les outils de travail et leviers des professionnels des campagnes qui en
déduisent stratégie, contenus, éléments de langage, postures tactiques,
inflexions de la trajectoire d’une campagne etc..Cette partie là de la galaxie
sondagière reste secrète.
« Les
confidentiels les plus opérationnels sont des études qualitatives. Elles
visent non à mesurer mais à comprendre les mécanismes latents d’attitude
et de perception des électorats acquis et potentiels… Ces « qualis »
visent non seulement à entendre ce que disent les citoyens et leurs attentes,
mais surtout pourquoi et en fonction de quoi ils peuvent changer d’attitude »
(Stéphane Rozès, ancien sondeur, président de Conseils, analyses et
perspectives, ayant eu 16 postulants à l’Elysée dans sa clientèle, cité par
Marianne, n° 1282 d’octobre 2021). Le mot citoyen ici est intéressant.
Celui que l’on informe ou celui que l’on influence. A armes égales ? Qu’en
pensent les Zemmour et leurs équipes ?
En
gros nous payons pour des pratiques dont nous ignorons l’essentiel sauf ce que
l’on veut bien nous dire au moment choisi pour nous le dire. Et surtout ne
critiquons pas trop car les termes de complotistes ou radicaux seront vite
dégainés. Vive la démocratie ».