@Jean Keim
Votre analyse
sur l’aspect industriel de la guerre a beaucoup de sens, et e crois que vous y êtes dans votre terme « capoter ». A mon sens, elle rencontre une
limite physique dès lors qu’elle touche au seuil nucléaire. C’est là
que votre concept de « capotage par l’ego » prend une dimension
véritable de ce qui peut arriver.
L’Iran actuel
est un « État du seuil ». Si la stratégie américaine, poussée par
l’hubris des dirigeants, consiste à acculer Téhéran par un conflit direct, le
risque n’est plus seulement un bourbier à l’irakienne. Le risque est
l’essai-surprise : le passage instantané de l’Iran au statut de
puissance nucléaire déclarée. Et tout laisse penser que ’Iran est préparé avec stock de 428 kg d’uranium enrichi, et encore ce n’est que ce que l’Iran déclare. Et ce stock lui permet de produire plusieurs bombes nucléaires, en une à deux semaines. Ce sont des annonces d’experts internationaux.
Dès cet
instant où le seuil est franchi , le « jeu » s’arrête et les masques tombent :
- Pour
Israël : Sur un territoire de 20 000 km², une seule frappe équivaut à une
annihilation totale. La survie même de l’État imposerait aux États-Unis de
demander une fin de guerre en urgence absolue.
- Pour les
USA : Le passage au nucléaire d’un acteur comme l’Iran marquerait le
capotage définitif de la doctrine du « chaos géré ». On ne gère
pas un incendie atomique comme on gère une guérilla asymétrique.
D’où ma
question pour prolonger votre réflexion :
Avez-vous intégré ce cas de figure dans votre vision du « capotage » ?
Si les egos des dirigeants allument ce brasier-là, ne pensez-vous pas que c’est
l’ensemble du système militaro-industriel qui finit par s’autodétruire,
l’extincteur devenant soudainement dérisoire face à la survie atomique ?
Est-ce, selon vous, le point de rupture où l’Équation de l’Histoire reprend
brutalement le dessus sur le profit ?