@Hervé Hum
Merci pour cette analyse d’une grande profondeur. Votre rigueur logique m’oblige à concéder un point essentiel : dans le domaine de la prospective, il est impossible de fournir une démonstration mathématique implacable du futur. L’histoire est jalonnée de ruptures imprévisibles et, comme vous le soulignez, la « raison » est parfois un terrain de jeu pour l’imaginaire.
Sur la question de la rupture de la boucle économique, votre diagnostic est implacable : si l’élite possède les machines et les ressources, elle pourrait techniquement se passer du reste de l’humanité. Mais là où nos analyses divergent, c’est sur la finalité psychologique du pouvoir.
Je pense que le choix du Revenu Universel de Base (RUB) par les élites ne sera pas dicté par une soudaine générosité, ni même par une pure rationalité économique, mais par une nécessité narcissique. Le pouvoir ne s’exerce pas dans le vide :
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Le besoin de « sujets » : Le pouvoir et le prestige sont des constructions sociales. Pour que l’ego d’un dominant soit flatté, il faut une pyramide sociale. Un roi sans peuple n’est qu’un homme seul. L’élite a besoin d’une masse pour valider son statut de supériorité.
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Le moindre effort de gestion : Comme vous l’avez noté, l’extermination est « sale », risquée et génère une instabilité permanente. À l’inverse, asservir par le confort (le « pain et les jeux » version numérique) est une stratégie d’une efficacité redoutable. Il est bien plus simple de régner sur une population oisive, dépendante d’un revenu versé par l’État, que sur une masse de révoltés qui n’ont plus rien à perdre.
C’est pour cela que je parie sur un « équilibre forcé » : une sorte de servage volontaire et confortable plutôt qu’une éradication. Je vous accorde toutefois que ce n’est qu’une hypothèse parmi d’autres. Le scénario d’une élite sombrant dans une psychopathie purement destructrice (votre scénario de la guerre) reste une possibilité sombre que l’on ne peut écarter.
Au fond, la question est de savoir si l’instinct de domination préfère la possession des choses (les machines) ou l’influence sur les êtres (le pouvoir). Je penche pour la seconde, car elle est plus ancrée dans la chimie humaine