- la corrélation entre allongement de la vie et durée des peines. Aujourd’hui, un meurtrier qui sort de prison à 45 ou 50 ans, a encore une belle vie devant lui. Autrefois, il sortait avec la tuberculose et allait mourir comme garçon de ferme ou ouvrier de force. L’échelle des peines a donc changé de signification.
- La dissuasion par l’efficacité judiciaire. Quand un coupable est presque certain d’être arrêté et condamné, il y a une forte dissuasion et les peines peuvent être adoucies. En revanche, quand un coupable a de fortes chances d’échapper à la sanction, alors il faut renforcer la cruauté des peines pour obtenir la même dissuasion. L’efficacité de la réponse judiciaire est la condition de l’adoucissement des peines.
- La question culturelle. Dans une société occidentale, libérale, homogène et policée, il est possible d’avoir un fort adoucissement des peines, car la culture chrétienne romaine provoque une forte intériorisation de la culpabilité et du rachat. Ce phénomène n’existe pas dans d’autres cultures qui fonctionnent selon d’autres modalités. Dans de nombreuses civilisation, l’auto-contrôle de l’individu est beaucoup moins développé. Cela est compensé par un fort contrôle social (collectivisme communautaire) et par une brutalité policière. Or, nous faisons venir des millions de personnes venues de civilisations étrangères à nos codes culturels et symboliques. Il est évident que la répression judiciaire devra être adaptée à la « nouvelle culture ».