@Fergus
vous dites qu’il serait « immoral » que les héritiers bénéficient de leur (gros) héritage... C’est plutôt le contraire : cela viole non seulement le droit des héritiers (qui est moral en lui-même) mais aussi celui des testateurs qui ont choisi de transmettre leur patrimoine. Cela revient à violer la volonté des défunts.
En outre, comme dit plus haut, le mythe de « l’héritier jouisseur indigne » est en réalité très minoritaire. D’une part, car il faut un patrimoine considérable pour se passer de travailler. Et ensuite car il est vite fait de dilapider un héritage. Il y a une forme « d’auto-régulation » qui expurge rapidement les indignes.
Enfin, les gros héritages sont par définition essentiellement constitués d’actifs productifs. Ce sont les petits patrimoines des gens ordinaires comme nous qui sont constitués d’une petite maison. Les riches n’ont pas intérêt à posséder 50 maisons ! Ils possèdent donc des entreprises. On retombe donc sur le problème de la taxe Zucman : taxer les gros patrimoines nécessite de vendre les entreprises (notamment à l’étranger) et déstabiliser l’outil productif.
Enfin, nous vivons tous du capital accumulé par nos ancêtres humains depuis l’âge des cavernes. Nous sommes tous des héritiers, y compris les clochards. La dynamique de l’héritage est l’une des plus précieuses dans le progrès humain. Je suis comme tout le monde : revenu et patrimoine modeste. Je n’ai pas de fascination particulière pour les ultra-riches. Mais je sais qu’il ne sert à rien de la jalouser. Ni de s’imaginer que « yaka fokon » taxer leurs patrimoines. L’économie est bien plus complexe que cela.