Route de la soie polaire : La Chine accélère sur la route maritime de l’Arctique
En 2026, la route maritime du Nord (NSR), qui longe les côtes arctiques russes, franchit une nouvelle étape commerciale.
La compagnie Sea Legend Shipping a programmé un service conteneurisé saisonnier régulier entre la Chine et l’Europe du Nord : 8 traversées entre août et octobre, opérées par 7 porte-conteneurs, avec des départs hebdomadaires.
Le Dubai Tower, d’une capacité d’environ 1 740 EVP, doit relier Ningbo à Felixstowe en environ trois semaines. Pour certaines liaisons entre l’Asie orientale et l’Europe du Nord, la NSR est sensiblement plus courte que l’itinéraire passant par Suez.
Cette route permet d’éviter le détroit de Malacca, l’océan Indien, Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le canal de Suez.
Dans un contexte de fortes tensions autour de plusieurs de ces passages, notamment à Bab el-Mandeb , disposer d’itinéraires supplémentaires présente un intérêt logistique évident. Le programme arctique de Sea Legend avait toutefois été annoncé avant les dernières escalades au Moyen-Orient
Cette alternative implique aussi une autre dépendance. La NSR longe la Russie et son exploitation repose largement sur la réglementation, les infrastructures et les capacités de brise-glace russes.
Son poids reste pour l’instant très limité. Le Centre for High North Logistics a recensé 103 transits sur la NSR en 2025, dont seulement 15 passages de porte-conteneurs.
La route reste par ailleurs saisonnière et techniquement exigeante avec de fortes contraintes comme la glace, navires adaptés, assurances, infrastructures de secours limitées et risques environnementaux.
Ce qui change en 2026, c’est le passage de traversées conteneurisées ponctuelles à la tentative d’un service Chine-Europe saisonnier, régulier et planifié. La carte du commerce maritime mondial ne bascule pas vers l’Arctique mais une route supplémentaire commence à se structurer...