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Commentaire de argoul

sur Bouddhisme


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argoul (---.---.18.97) 23 décembre 2005 09:50

Intéressant argumentaire de haut niveau auquel ma réponse est la suivante : 1- la souffrance existe puisque la vie existe, nul ne la nie ; la souffrance permet de « s’élever » puisqu’elle tourmente la compréhension des choses ; 2- le bouddhisme ne vise à rien d’absolu, pas même à un Dieu (dont l’hypothèse n’est pas nécessaire). Le « bonheur » (comme état béat inerte) n’est pas plus un absolu qu’autre chose. La métaphore du nirvana n’est pas en cette vie même mais à la suite de réincarnations successives qui auront permis à l’être de se libérer du monde physique pour atteindre le grand tout. Comme le Paradis mythique des Chrétiens, ce nirvana ultime est rejeté dans le temps mythique, il signifie que toute parcelle d’énergie est une part de celle de l’univers entier, rien de plus. Le « sentiment océanique » qui peut, par éclair, nous saisir en cette vie, ne saurait pas définition être permanent, il est éclair de compréhension immédiate d’une réalité profonde, une « joie » éphémère si vous voulez, comme l’orgasme physique peut en être une, il ne dure jamais au point de devenir « bonheur » installé. 3- mais le bouddhisme vise à la maîtrise des désirs, comme vous le dites si justement, avec un aspect un peu moins occidental que celui de Spinoza : l’accord avec les énergies de l’univers qui sont aussi celles de la vie. Les désirs sont « justes » (juste comme il faut) s’ils se coulent dans le mouvement du monde et les accords entre les hommes (ex. voir une femme, la désirer, lui sourire, qu’elle réponde, engager la relation, faire l’amour). 4- il n’y a pas abolition des appétis (voie sans issue de l’ascétisme qu’a exploré Cakyamouni avant de devenir « bouddha ») mais leur connaissance, leur maîtrise par la volonté et la discipline et leur « transcendance » (sublimation ?) par la spiritualité, la compassion. L’affectivité pour l’humain est un « appétit », comme le désir de connaissance de la nature, comme approfondir l’âme humaine par les rencontres, comme... 5- il n’y a donc pas « désir de mort dans la vie » (simplification outrancière et ignorante du 19ème occidental, si imbu de sa « supériorité »), mais désir de vie pleine, entièrement humaine et justifiant l’humanité dans le vivant, tant en temps réel (compassion) que dans le temps mythique (réincarnations successives). Comment cette vie peut-elle être « pleine » ? - Si elle est en accord avec les forces qui meuvent le monde. Ce qui signifie : pas de désir impérial d’être maître et possesseur de la nature, ou des autres hommes, mais désir de comprendre le tout par la connaissance de la nature et par la générosité envers tous les êtres vivants.


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