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Commentaire de Emile Mourey

sur Louis XVII, le portrait oublié


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Emile Mourey Emile Mourey 5 avril 2007 10:52

@ charles bories (IP:xxx.x13.30.231)

Le portrait présenté dans cet article ne présente pas de trace de cicatrice à la lèvre. Il faut savoir, en effet, que jamais un peintre de cette qualité, comme l’était Greuze, n’aurait fait figurer un détail de cette sorte qui aurait pu porter tort à l’esthétique du modèle ou qui aurait laissé supposer une maladresse picturale.

Il est manifeste que Greuze a voulu faire un portrait exact mais toutefois esthétique de cet enfant. Il est possible que cet enfant ait été même beaucoup plus décharné qu’il n’est représenté.

Il est manifeste également que le peintre a choisi d’exprimer dans ce tableau une atmosphère beaucoup plus rude et tragique que dans ses autres portraits d’enfant, à l’oiseau ou autres, où l’ambiance est plutôt bucolique.

Il est heureux qu’aucune cicatrice à la lèvre ne figure dans cette peinture, ce qui aurait fait penser aussitôt à l’oeuvre d’un faussaire qui veut abuser de la bonne foi d’un expert. En revanche, si vous cherchez des indices, il faudrait plutôt vous poser d’autres questions, par exemple si la longueur de mèche de cheveux coupée à la mort du dauphin correspond à la longueur de ses cheveux que l’on peut déterminer en examinant le portrait.

Enfin, je pense qu’il ne faut pas se faire d’illusions sur les partisans de Robespierre. Contrairement à ce qu’écrit Wikipedia, le cordonnier Simon a détruit l’enfant, son esprit et sa santé - les preuves abondent (en le faisant boire, en le persuadant que sa mère était une catin etc...)-. La grosseur qu’un médecin a diagnostiquée à l’un de ses testicules laisse supposer, non pas une pratique sexuelle - que n’a-t’on dit ? - mais que cet enfant souffrait à cet endroit... pourquoi ? (je n’ose croire à une tentative de stérilisation).

Tous les témoignages prouvent que les partisans de Robespierre ont réussi à faire perdre la raison à l’enfant. Ce n’est qu’à la mort de Robespierre que la surveillance s’est relachée et qu’une substitution aurait été rendu possible. En se replaçant dans le contexte de ce moment, on ne voit pas l’intérêt que les partisans de la royauté aurait eu à sauver un enfant qui a perdu la raison.

Je vous demande de bien réfléchir. Notre histoire de France n’a pas commencé seulement à la Révolution. Tout ce qui a été construit au temps de la royauté et avant la royauté fait partie de notre patrimoine commun, matériel et spirituel. Tout cela fait partie de notre bien commun. Si nous voulons rester fidèles aux valeurs de notre héritage, il faut affronter notre Histoire, telle qu’elle fut et non pas telle qu’on aurait voulu qu’elle soit.


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