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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Louis XVII, le portrait oublié

Louis XVII, le portrait oublié

Si vous n’avez pas vu le remarquable documentaire consacré à Louis XVII, diffusé par la Cinq ce dimanche 1er avril, ne ratez pas la rediffusion de dimanche prochain. Vous ne le regretterez pas. Mais, à part son coeur, avons-nous vu « vraiment » l’enfant ? Ce regard d’enfant innocent mené au bord de la tombe par une société de terreur, l’avons-nous vu ?

Retrouver les portraits authentiques du petit roi relèverait, si l’on en croit tout ce qui a été dit, écrit et publié sur ce sujet, de l’enquête policière. Et pourtant, c’est bien le peintre Greuze de Tournus qui est la piste la plus intéressante. En 1791, avant l’incarcération de la famille royale, il a fait un premier portrait de l’enfant alors qu’il n’avait que six ans. Il n’est pas besoin d’être un grand spécialiste pour constater une ressemblance probable avec le portrait inconnu que j’ai placé au milieu, compte tenu, bien entendu, qu’en quatre ans, un visage d’enfant s’allonge mais que certains détails restent (la bouche avec sa lèvre inférieure déjà bourbonienne, la chevelure, le nez, les yeux). L’enfant a pourtant bien changé et ce n’est pas la toilette qu’on lui a fait avant la "photo" qui peut masquer la triste réalité. Les épaules sont tombantes, la poitrine étroite et rentrée, le visage émacié. Les joues se sont creusées, la bouche ne sourit pas et le regard n’est plus le même.

Ce tableau tout à fait inconnu (voir reproduction en tête de l’article ) s’est vendu dans une salle des ventes parisienne, le 11 octobre 1981. La description était la suivante : Portrait présumé du dauphin Louis XVII, attribué à Greuze. L’inscription collée au dos que l’on peut lire encore aujourd’hui sans difficulté donne les précisions suivantes : Portrait du dauphin Louis XVII à l’âge de dix ans. Huile sur toile attribuée à Greuze, non signée, portant en haut et à droite les armes de la famille royale de France. Provenance : vente Sotheby au château de Mentmore (Buckinghamshire) en 1977 de la collection de Lord Rosberry et précédemment du baron Mayer de Rothschild (catalogue portant le titre de “Chrysanthemum”). Toujours au dos du tableau figure une étiquette “1945”, une autre “Tennant Heirlooms 1907” et une autre “Sotheby Parke Bernet et Co, registered Office : 34-35 New Bond street London W1A 2AA.

Le tableau est merveilleusement peint. Les cheveux blonds sont d’une très grande finesse. La longueur des mèches peut être d’environ douze centimètres. L’expression du visage est d’une étrange délicatesse mais révèle un état maladif. Madame Vigée-Lebrun, amie de Marie-Antoinette, qui fit plusieurs portraits de la famille royale et ayant émigré dès 1789, ne peut en être l’auteur. En revanche, plusieurs artistes ont pu peindre l’héritier de la couronne. Tout d’abord Ducreux qui a dessiné Louis XVI au Temple, Prieur qui peignit Marie-Antoinette à la Conciergerie, et tous ceux qui firent les portraits des héros de la Révolution... mais c’est bien le tournusien Greuze qui est la piste la plus crédible. Il était alors à Paris. C’est d’ailleurs l’hypothèse retenue dans le catalogue “Chrysanthemum” qui fait par ailleurs remonter l’origine du tableau jusqu’au baron Mayer de Rothschild.

Mayer de Rothschild, fondateur de la célèbre dynastie, vivait en Allemagne, à Francfort, au moment de la Révolution. Commerçant avisé, agent de change, banquier du prince et de la principauté, il est probable que ses affaires ont prospéré lorsque les émigrés arrivèrent dans la région avec leurs problèmes, leur argent et leurs objets précieux. Peut-être leur a-t-il racheté des tableaux ?

Malheureux émigrés qui rejoignaient l’armée de Condé du Rhin avec leurs trésors les plus précieux ! Heureux, Guillaume Ier de Hesse-Cassel, amateur de médailles, de monnaies et autres objets d’art ! Très occupé, Mayer de Rothschild, changeur, agent à la Cour, qui faisait les transactions pour le prince ! Heureux, les généraux d’armée de la Révolution qui vinrent faire des raids jusque-là pour récupérer sur le prince électeur une partie des trésors nationaux ! Malheureux Guillaume qui devait leur restituer les biens litigieux ! Très occupé, Mayer de Rothschild qui servait d’intermédiaire !

Tout cela pour dire qu’on peut remonter l’histoire de ce tableau jusqu’à son origine, ou peu s’en faut. C’est un gage qui plaide en faveur de son authenticité. Dans ces conditions, il y a une certitude absolue pour que le blason aux trois fleurs de lis peint en haut et à droite soit bien d’origine. Ce blason est aux armes de la famille royale régnante et lui est réservé. Les branches latérales n’ont droit qu’à un blason modifié. Quant au futur Louis XVIII, il n’a pas eu de descendance et les enfants du futur Charles X auraient certainement été peints dans une tenue plus riche et plus conforme à la tradition royale.

Il s’agit donc bien de Louis XVII dans sa triste authenticité et non dans une posture académique d’enfant royal.

Curieux, ce Mayer de Rothschild qui conserva dans sa collection le regard d’un enfant français ! Lui-même avait perdu ses parents à l’âge de douze ans. Etonnant, le parcours de ce tableau revenu en France après être passé par l’Angleterre en suivant la branche des Rothschild de Londres !

Remarque : A l’époque de cette vente existait un doute sur l’identité de l’enfant mort au Temple. C’est probablement pour cette raison que le tableau n’était qu’attribué. Mais aujourd’hui, il est prouvé qu’il n’y a pas eu substitution d’enfant et que c’est bien Louis XVII qui est mort dans la prison du Temple. Son coeur momifié ayant été par miracle conservé grâce au médecin légiste Philippe-Jean Pelletan qui l’avait autopsié à son décès, des experts ont pu l’authentifier en comparant son ADN (acide désoxyribonucléique) à celui de la reine Marie-Antoinette. Les conclusions de leurs recherches ont été présentées à la presse le 19 avril 2000 et exposées dans un livre de l’historien Philippe Delorme, Louis XVII, la vérité.

Extraits Wikipedia : "Le cordonnier Simon, qui s’est occupé de l’enfant, est jugé par les historiens comme étant un personnage grossier... Par la suite, Louis-Charles fut enfermé au secret dans une chambre obscure, sans hygiène ni secours, pendant six mois, jusqu’à la mort de Robespierre, en juillet 1794. Son état de santé se dégrade, il est rongé par la gale et vit accroupi. Sa nourriture lui est servie à travers un guichet et personne ne lui parle ni ne lui rend visite. Ces conditions de vie entraînent une rapide dégradation de son état de santé. Après la mort de Robespierre, son sort s’améliore relativement, même s’il demeure prisonnier dans la tour du Temple". Fin de citation.

Il est probable que c’est à ce moment-là que Greuze l’a peint, pour la dernière fois, peu de temps avant sa mort. Sa tenue vestimentaire semble assez proche de celle qu’il porte dans une lithographie anonyme du musée des Estampes et dans l’eau forte - extrait ci-dessous - de la Bibliothèque nationale où il est représenté sur les genoux de son père alors qu’il n’a que huit ans, Louis XVI ayant été guillotiné en 1793. A cette date, on ne lui avait pas encore coupé les cheveux.

Louis XVII meurt dans sa prison, probablement d’une péritonite tuberculeuse, le 8 juin 1795. Il avait un peu plus de dix ans. Son coeur repose dans l’ancienne nécropole royale de Saint-Denis.

E. Mourey

[->http://www.bibracte.com]


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63 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 3 avril 2007 13:20

    Hum je ne suis pas d’accord avec mon asticot Demian. Dire qu’un tableau vient de tel maître ou de dire qu’il vient de son atelier est une seule et même chose.

    Car le maître pour tenir son atelier, trouver la commande devait être vu et même devenir célèbre, devait passer son temps à sortir, voir des gens alors forcément il ne peignait en réalité lui-même pas trop. Simplement signait-il ses tableaux mais qui peut savoir s’il les a vraiment peint DE SA MAIN. smiley


  • Jojo2 (---.---.158.64) 3 avril 2007 13:29

    Tout le monde sait, sauf le pédant, qu’« attribué » est une décision d’expert. Elle peut se vérifier plus tard. C’est ainsi que des de La Tour, d’abord « attribués », se sont ensuite révélés authentiques.

    Tes croutes, elles seront dans quel musée ?


  • La mouche du coche La mouche du coche 3 avril 2007 22:36

    D’où vient le charme de cet article ? Voilà ce qu’il est difficile de dire. smiley

    Probablement de ce que M. Mourey n’utilise ses connaissances que pour servir son propos, sans considération du reste.

    Il cherche avant tout à nous raconter ce qui l’obsède par dessus tout : la vie.

    Observez comme il ne se contente pas de citer un nom mais cherche ensuite à SE METTRE À SA PLACE « Mayer de Rothschild... avait perdu ses parents à l’âge de douze ans » Chez lui, le texte ne sent pas l’encre, même s’il nous montre sans le vouloir par la multiplicité de ses sources qu’il a fait beaucoup de recherches.

    Évidemment il aborde le sujet par un coté que l’on n’avait pas vu, ce qui fait immanquablement ricaner ses détracteurs qui pensent que ce point de vue est peu important, puisque personne n’en a jamais parlé ainsi. Comme ils ont tort pourtant !

    Alors à la fin il tente de rassembler ses chevaux pour conclure son article. Mais il n’y arrive pas et c’est bien, car le lecteur lui-même le fait à sa place et reste ainsi songeur et exalté, le but est atteint : Nous sommes obligés d’IMAGINER. Comme tout ceci est joli ! smiley


  • Emile Mourey Emile Mourey 3 avril 2007 22:50

    @ La mouche du coche (IP:xxx.x53.91.64)

    Excellente analyse !

    Et écrasons sous nos pieds le dragon malfaisant qui crache le feu.


  • sergeï (---.---.4.101) 3 avril 2007 12:26

    Article émouvant : Un enfant reste symbole d’innocence, qu’il soit de sang royal ou non. Ce jeune dauphin fut broyé par une histoire cruelle et aveugle dont il ne devait pas comprendre grand’chose. En outre le portrait est vraiment trés beau. Merci pour cet article qui nous sort de la polarisation actuelle des esprits.


    • Emile Mourey Emile Mourey 3 avril 2007 14:59

      @ Sergeï

      Votre commentaire exprime bien dans quel esprit j’ai rédigé cet article.

      En citant un extrait de Wikipedia, donc à priori impartial, j’ai voulu écarter à l’avance les accusations de « prendre parti » qu’on aurait pu me faire sous prétexte que « j’aurais noirci le tableau ».

      On peut très bien être républicain et, sans faire acte de repentance, reconnaître les excès commis, à certains moments de notre histoire, par les partisans de la violence et de la terreur.

      L’historien dispose, en effet, de plusieurs témoignages écrits qui peuvent nous donner une très bonne idée de ce qu’a souffert le jeune enfant.

      Il s’agit, en particulier, de la description que le conventionnel Harmand a faite des conditions dans lesquelles il a découvert Charles-Louis, à la mort de Robespierre. Cela pour dire, que des représentants du gouvernement révolutionnaire avaient déjà condamné, en ce temps-là, cette politique de terreur en envoyant son instigateur à l’échafaud.

      Concernant l’extrait du texte de Wikipedia, je ne suis pas d’accord sur le fait que l’on puisse dire que « tant que le cordonnier Simon l’eut sous sa garde, il fut relativement bien traité ». Non ! Simon était un fidèle de Robespierre et son rôle a consisté à détruire psychologiquement l’enfant.

      Pas d’accord non plus avec certains sous-entendus aux allures de ragots.


    • chti (---.---.61.65) 3 avril 2007 13:01

      Mr D.West lorsque l’on dit d’un peintre qu’il est un petit maitre ex. ecole hollandaise ou école flamande peut-il être issu de l’atelier d’un maitre ?


      • Jojo2 (---.---.158.64) 3 avril 2007 13:32

        Complètement à l’Ouest expert de Greuze...

        Trop marrant.


      • Jojo2 (---.---.158.64) 3 avril 2007 15:02

        Je sais pas si vous avez remarqué mais l’« expert » de l’ouest rend son verdict sur une vignette 12x8 cm et juge des couleurs sur son écran Radiola années 60.


      • LE CHAT LE CHAT 3 avril 2007 13:27

        très bon article , je regarderai probablement la rediffusion ce week end !


        • armand (---.---.41.1) 3 avril 2007 14:39

          Article émouvant - alors on ne peut plus se bercer d’illusions romanesques sur la fuite ou la substitution du petit prisonnier du Temple. Je ne peux m’empêcher de penser à un documentaire d’il y a quelques années sur l’identification des ossements de la famille impériale russe, elle aussi victime de la barbarie révolutionnaire. Est-ce un hasard si dans les deux cas, ne se contentant pas d’un simple régicide, le Moloh rouge a supplicié l’innocence ? Ne serait-il pas temps d’exiger une place ou une rue ’Louis XVII’ à la place des ’Robespierre’ qui déshonorent les artères de nombreuses villes ?


          • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 5 avril 2007 18:16

            Dévissons les plaques Robespierre.


          • L'Hérétique Anaxagore 3 avril 2007 15:02

            C’est vraiment un plaisir de vous lire : vous avez toujours des choses intéressantes, décalées et fort documentées à écrire sur AgoraVox. Voilà qui me sort du marasme ambiant.

            Merci !


            • Emile Mourey Emile Mourey 3 avril 2007 22:38

              @ Anaxagore

              Merci pour votre encouragement qui me touche d’autant plus qu’il vient d’un professeur de latin grec féru d’humanités et lui-même auteur d’Agoravox.


            • Alake (---.---.251.50) 3 avril 2007 15:25

              Voici des liens qui permettront aux lecteurs de se faire une idée du style de Greuze.

              http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=11446

              http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=11701

              http://www.latribunedelart.com/Nouvelles_breves/Breves_2006/04_06/Greuze_Je une_fille.htm

              Le tableau présenté par l’auteur est assez différent et c’est pourquoi il n’est qu’attribué à Greuze. Il est plus maladroit et figé. On n’y retrouve pas la douceur de Greuze ou même la « mièvrerie » (ceci n’est pas une critique négative) qui caractérise son style. Il est certain qu’une reproduction plus grande permettrait de mieux l’analyser.

              De plus, n’en déplaise à certains, Demian West a tout à fait raison lorsqu’il dit « Par ailleurs, ne confondons pas les salles des ventes, où les attributions à des maîtres permettent la spéculation. A tel degré, que même lorsqu’un propriétaire d’une oeuvre attribuée sait que son tableau n’est pas de l’artiste à laquelle on l’attribue, il fera tout pour que la question ne soit plus débattue, car des sommes importantes sont en jeu. » .

              Il vaut mieux vendre un portrait de Louis XVII attribué à Greuze qu’un portrait d’enfant inconnu peint par un anonyme du XVIIIe siècle. C’est la loi du marché tout simplement  smiley


              • Alake (---.---.251.50) 3 avril 2007 15:49

                « C’est la loi du marché tout simplement ? »

                Désolée pour le «  ? » qui n’a rien à faire là. smiley


              • Emile Mourey Emile Mourey 3 avril 2007 18:11

                @ Alake

                Votre commentaire est une grave atteinte à l’honorabilité de la profession de commissaire-priseur en même temps qu’une diffamation. Les commissaires-priseurs sont des officiers ministériels qui exercent leur charge dans des conditions strictement définies par la Loi. Ils sont responsables des renseignements qu’ils donnent pour les oeuvres qu’ils proposent à la vente. Dire qu’une oeuvre est « attribuée » répond à des critères précis et pas aux lois du marché que vous alléguez. Si ma mémoire est bonne, l’attribution signifie que l’oeuvre est très certainement de l’auteur mais qu’en l’absence de signature et en raison du doute qui pesait alors sur l’identité de l’enfant, le commissaire-priseur n’a pas voulu prendre le risque de le présenter comme « peinture originale de Greuze ».

                Dès lors que le doute est levé concernant l’identité de l’enfant, dès lors que le blason n’est pas un rajout, dès lors que j’ai fourni d’autres explications nécessaires et suffisantes, les conditions sont, me semble-t-il, réunies pour qu’on puisse considérer ce tableau comme étant peint de la main de Greuze.

                Je vous signale par ailleurs, au cas vous ne le sauriez pas, qu’on n’entrait pas dans la prison du Temple comme dans un moulin à vent et que seuls des peintres connus, ayant des relations personnelles ou occultes, pouvaient y avoir leurs entrées et qu’ils n’y déplaçaient pas leurs ateliers.


              • Alake (---.---.251.50) 3 avril 2007 18:40

                à Monsieur Mourey,

                j’estime que vous m’insultez en m’attribuant des propos que je n’ai pas tenu et que vous faites preuve d’une grande naïveté si vous croyez que tout le monde est honnête sur cette planète.

                Je sais parfaitement comment fonctionne le monde de l’art, puisque je suis historienne de l’art.

                Je ne diffame pas les commissaires priseurs. Vous dites « Les commissaires-priseurs sont des officiers ministériels qui exercent leur charge dans des conditions strictement définies par la Loi. » ce qui n’est vrai que pour les commissaires priseurs judiciaires. Les autres commissaires priseurs n’ont rien à voir avec un quelconque ministère.

                Enfin, je vous ferais remarquer que lorsque vous dénigrez les historiens personne ne vous accuse de diffamation.

                Voici quelques exemples :

                « Des dates d’édification que les spécialistes en Art décident »au pif« , sans aucune preuve, sans aucun texte de référence, des erreurs de traduction incroyables, des réparations que l’on prend pour des édifications et j’en passe. C’est du délire. » par Emile Mourey (IP:xxx.x42.184.186) le 27 mars 2007 à 23H20

                « Mais je prends soin chaque fois de citer mes sources et de donner mes références, ce que la plupart des historiens ne font pas. » par Emile Mourey (IP:xxx.x42.184.186) le 28 mars 2007 à 20H26

                J’aimerais savoir en quoi ce que j’ai dit est plus diffamatoire que ce vous avez écrit ci-dessus ?  smiley


              • Emile Mourey Emile Mourey 3 avril 2007 18:59

                @ Alake

                Le commissaire-priseur organise et estime, dans les conditions fixées par les lois et les règlements en vigueur, les ventes publiques aux enchères des meubles et « effets corporels », c’est-à-dire toutes sortes de biens : tableaux de maître, argenterie, mobilier... excepté les biens immobiliers.

                Nommé par le garde des Sceaux, le commissaire est un officier ministériel, il intervient dans deux domaines : les ventes « forcées », suite à une décision judiciaire (liquidation des actifs d’une société, saisies, successions, etc.) et les ventes volontaires, constituées d’objets ou de meubles apportés par des particuliers.


              • Alake (---.---.251.50) 3 avril 2007 19:11

                Merci beaucoup pour cette précision (et merci google).


              • orsi (---.---.9.184) 4 avril 2007 00:57

                non, cher monsieur, vous ne comprenez pas la méthode scientifique d’attribution d’histoire de l’art, ni encore moins au marché de l’art. Ce n’est pas le commissaire-priseur qui garantie l’authenticité dans une vente publique en France, mais l’expert associé (et les experts étant humain, l’erreur étant humaine, il sont faillibles...). prenez n’importe quel catalogue de vente à l’hôtel drouot, vous verrez qu’il ya un expert ou cabinet d’expertise, qui n’est pas le commissaire-priseur ( d’ailleurs pour votre gouverne, ils ne sont plus officiers ministeriels depuis dix ans,donc pas commissaire, ni priseur ; en angleterre et aus USA, le système est un peu différent et l’authenticité n’est pas garantie plus loin que le lendemain de la vente)


              • Alake (---.---.251.50) 4 avril 2007 09:10

                Mersi Orsi.

                Attribuer un tableau est très difficile. D’ailleurs, les historiens de l’art et les experts préfèrent avoir le tableau sous les yeux et évitent soigneusement de fonder leur attribution sur une photo (même si elle est détaillée et de grandes dimensions). Ce qui n’empêche pas les erreurs (voir l’histoire de François Pinault et de sa momie de Sésostris III).

                Merci aussi d’avoir confirmer ce que je disais plus haut : les commissaires priseurs ne pas des officiers ministériels (à l’exception des commissaires priseurs judiciaires).


              • Alake (---.---.251.50) 4 avril 2007 09:26

                Merci*


              • Emile Mourey Emile Mourey 4 avril 2007 10:15

                @ orsi (IP:xxx.x8.9.184)

                Que les commissaires priseurs ne soient plus aujourd’hui ce qu’ils étaient autrefois, je veux bien vous l’accorder et n’ai pas la prétention de tout savoir. Mais j’attire votre attention sur le fait que la controverse dont il s’agit ne porte pas sur une estimation d’aujourd’hui mais sur une estimation d’il y a plus de dix ans.

                Que certains intervenants mettent en doute l’honorabilité de toute une profession, je ne leur refuse pas ce droit, mais il faut qu’ils comprennent que je me trouve moralement obligé d’exprimer mon désaccord - puisque nous sommes sur un fil dont je suis un peu responsable - et cela sans que cela soit considéré comme une insulte.


              • Alake (---.---.251.50) 4 avril 2007 10:32

                Vous pouvez exprimer votre désaccord mais n’êtes pas obligé de vous montrer outré « Votre commentaire est une grave atteinte à l’honorabilité de la profession de commissaire-priseur en même temps qu’une diffamation. »

                Encore une fois en quoi ce que j’ai dit est plus diffamatoire que ce que vous dites sur les historiens ? Ou que ce que vous dites que le ministère de la culture « il est bien évident que, dans le contexte de nos institutions, la nomination d’un ministre de la Culture est beaucoup plus motivée par le souci de calmer les manifestations que par celui de faire avancer la connaissance, de conserver notre patrimoine et de le faire connaître pour développer le tourisme étranger, source de devises. » par Emile Mourey (IP:xxx.x42.184.186) le 19 février 2007 à 07H35

                De plus je n’ai pas dit que ce tableau était une fausse attribution mais je m’en servais pour étayer mon propos (j’aurais pu prendre n’importe quel exemple).

                Je pense que certains auront vu la note d’humour dans ma phrase « j’estime que vous m’insultez en m’attribuant des propos que je n’ai pas tenu » : je réagissais à votre manière lorsque certains répondent à vos articles smiley

                « Concernant les attaques personnelles, vous m’accusez de vouloir propager un ésotérisme. C’est une calomnie. » par Emile Mourey (IP:xxx.x42.184.186) le 27 février 2007 à 17H22

                « Premièrement : vous m’attribuez une interprétation du mot »forêt« que je n’ai jamais faite. C’est une calomnie. Je vous prie de bien vouloir vous excuser. » par Emile Mourey (IP:xxx.x42.184.186) le 21 février 2007 à 15H21


              • chti (---.---.61.65) 3 avril 2007 15:57

                Mr D.West merci pour les précisions.


                • ichtus (---.---.62.161) 3 avril 2007 16:29

                  Bel et bon article. Pauvre enfant. Si c’est d’un petit maître ou de l’école de Greuze ? c’est magnifique de toute façon.

                  Mais Maître Demian est bien péremptoire lorsqu’il prétend que « le reste est dur et naïf ». Pour ma part, je retrouve le même lumineux et vaporeux des yeux dans la bouche et le traîtement des cheveux. Il y a peut-être « cassure de rythme » entre le buste et le portrait lui-même. Mais il est constant que les maîtres confiaient le « reste » à peindre à leurs élèves, ayant eux-même réalisé le regard, ce « vaporeux liquide des yeux », le visage.

                  On « retrouve juste ce( regard) et les couleurs ». Mais, Demian, c’est énorme, cela, c’est tout Greuze !!

                  Quoi qu’il en soit, le plus émouvant est bien cette grande tristesse, cette faiblesse découragée, cette sorte d’absence, dans l’attitude et les traits d’un enfant vraiment martyrisé à qui l’on a fait dire des horreurs sur sa mère et à qui l’on demande encore de poser...

                  Monstrueux Révolutionnaires qui s’appuyaient sur des tortionnaires pareils. On a vraiment envie de chanter la Carmagnole après cet éclairage !

                  Pour ce qui est de l’identité de l’enfant, M. Mourey, vous ne soulignez pas la ressemblance flagrante avec ses parents : long visage fin et blond du côté maternel et mêmes yeux un peu rapprochés du père.

                  Très émouvant tableau. Merci à l’auteur de l’article.


                  • Floruf (---.---.123.101) 3 avril 2007 17:18

                    N’en voulez pas à « Mister de l’West » pour son expertise approximative , mais il avait déjà solennellement attribué, il y a quelque temps, à Jimi Hendrix un enregistrement de l’hymne gallois joué par mon petit frère !! smiley

                    Cordialement !


                  • Emile Mourey Emile Mourey 3 avril 2007 17:30

                    @ Ichtus

                    Vous dites : Quoi qu’il en soit, le plus émouvant est bien cette grande tristesse, cette faiblesse découragée, cette sorte d’absence, dans l’attitude et les traits d’un enfant vraiment martyrisé à qui l’on a fait dire des horreurs sur sa mère et à qui l’on demande encore de poser...

                    En effet, c’est bien ce que j’ai ressenti mais je suis heureux que cela soit un autre que moi qui le dise sur ce fil.

                    Pour confirmer la justesse de votre observation, je ne peux que me reporter au témoignage du Conventionnel Harmand que j’ai précédemment cité. Il a trouvé en face de lui un enfant qui le regardait avec attention mais comme s’il ne le voyait pas. Malgré tous ses efforts pour engager une conversation amicale, il n’a pu obtenir de lui aucune réponse. Et pendant tout le temps de la conversation, l’enfant n’a pas quitté sa table où il s’occupait à monter un château de cartes.

                    Je cite la dernière phrase de ce témoignage : « Toujours le même regard fixe et la même attention ; mais pas un seul mot ».


                  • roumi (---.---.74.206) 3 avril 2007 20:11

                    monsieur MOUREY

                    votre article est sincère et donne à réfléchir avec sensibilité .

                    c’est le fond qui importe .

                    pas la posture !!

                    merci


                  • karpediem karpediem 3 avril 2007 21:16

                    Fussiez-vous déconsidéré par tels pédants ou besogneux, merci pour votre article d’amateur éclairé et de bonne foi - au verbe clair et français - qui nous encourage certainement à voir ce reportage dimanche prochain !

                    Effectivement, c’est bien là l’essentiel et vous y êtes parvenu sans aucun doute.  smiley


                    • Emile Mourey Emile Mourey 3 avril 2007 21:55

                      @ Karpediem (IP:xxx.x16.225.71)

                      En plein accord avec vous. Ce qui irrite le plus est la souffrance d’un enfant.


                    • charles bories (---.---.124.163) 3 avril 2007 23:49

                      Votre article est extrêmement interessant mais il présente malheureusement un très grave défaut ; celui de reprendre les conclusions soi-disant scientifico-historiques en faveur de la mort de Louis XVII au Temple le 8 juin 1795.

                      Il semblerait que vous n’ayez pas été suffisamment attentif à la déclaration qu’a faite le Professeur Pascal du CHU de Nantes, dans la très bonne émission de France 5 à laquelle vous faites référence : la traçabilité historique du coeur que Pelletan prétend avoir prélevé serait irrecevable devant un Tribunal !

                      Si vous voulez en savoir davantage sur cette imposture scientifico-historique, vous pouvez vous reporter au site Internet cité ci-dessus ...


                      • Antenor (---.---.121.97) 4 avril 2007 09:08

                        @ Demian West

                        « Cet auteur a pu diffuser tous ses délires sans retenue, quand d’autres sont refusés pour des sujets beaucoup moins controversés. »

                        A quoi sert un article avec lequel tout le monde est d’accord ? Le boulot des rédacteurs n’est pas d’enfoncer des portes ouvertes.

                        @ux spécialistes de l’époque : Pourrait-on dire que Robespierre est le chaînon manquant entre Cromwell et Staline ?


                      • Emile Mourey Emile Mourey 4 avril 2007 09:53

                        @ charles bories (IP:xxx.x0.124.163)

                        Auteur d’ouvrages d’histoire, j’ai été amené à m’intéresser à Louis XVII à cause du tableau dont j’ai fait le sujet de cet article. Je ne me considère pas historien de cette période et n’entend pas me substituer à ceux qui l’étudient.

                        Que cela soit en matière historique ou archéologique, en ce qui me concerne, je ne suis pas bien d’accord avec l’adjectif « scientifique », terme ambigu qui est souvent utilisé pour trancher d’une manière définitive alors qu’on ne se trouve pas dans le domaine des sciences exactes. Je préfère tendre vers une approche maximum de la vérité en faisant se converger le plus possible d’éléments de preuve ayant une grande probabilité de fiabilité.

                        Si j’ai dit que dans le cas de Louis XVII, la thèse de M. Delorme me semblait prouvée, c’est parce qu’il m’a semblé en effet que ces conditions étaient remplies. Après recherche d’ADN, probabilité à plus de 99% pour que le cœur examiné soit de la famille de la reine Marie-Antoinette. Très grande probabilité pour que le cœur prélevé sur Louis XVII, conservé dans des conditions particulières, soit bien celui qui a été examiné. En l’absence de preuves contraires convaincantes et en dépit de certains indices qui pourraient être expliqués probablement autrement, grande probabilité qu’il n’y ait pas eu substitution d’enfant. A cela s’ajoute le sentiment que j’ai que la peinture que je présente dans cet article est bien une œuvre de Greuze, représentant un Louis XVII au visage émacié certes mais correspondant bien à l’enfant peint à l’âge de six ans. Il y a là une convergence de probabilités qui me paraît suffisante pour justifier ma position.

                        La déclaration du professeur Pascal - lequel n’avait pas été invité à participer à cette enquête - me paraît équivoque. Je pense qu’il faudrait qu’il s’explique davantage.

                        Merci d’avoir posé cette question intéressante qui a le mérite d’attirer l’attention de nos concitoyens sur un moment tragique de notre histoire qui doit, encore aujourd’hui, faire réfléchir.


                      • charles bories (---.---.45.145) 4 avril 2007 13:31

                        Cher Monsieur,

                        Etes-vous bien sûr de la validité de votre raisonnement en termes de probabilités ?

                        Ne serait-ce pas exactement l’inverse ?

                        Si on étudie la traçabilité historique du coeur que Pelletan prétend avoir prélevé en juin 1795 - sans parler même du coeur de Louis XVII !... - n’arriverait-on pas, par hasard ..., à une probabilité proche de ZERO pour que le coeur analysé en l’an 2000 soit le même que celui qui se trouvait dans le corps de l’enfant du Temple, dont il est permis aujourd’hui d’affirmer qu’il a été empoisonné ?

                        N’est-ce pas en effet le résultat obtenu, si on applique les principes du calcul des probabilités composées à la réalisation de l’évènement final, lié à tous ceux qui l’ont nécessairement précédé dans le processus qui va de la mort de l’enfant du Temple à la date de l’enlèvement de l’urne dans la crypte de la basilique St Denis, soitdu 8 juin 1795 au 15 décembre 1999 ?

                        A titre anecdotique, Jean Tulard n’a-t-il d’aileurs pas écrit que la découverte du coeur « Louis XVII » par le Dr Pelletan fils sur une plage de sable du bord de Seine,à marée basse - probablement ? ... - avait été miraculeuse ..., après le reflux du « tsunami culturel » qui avait submergé l’archevêché de Paris ?

                        La vérité ne serait-elle pas - comme toujours - d’une simplicité évangélique ?

                        Philippe Delorme, et tous ceux qui adhérent à ses conclusions, commettent un très grave paralogisme, à la mesure de l’enjeu historique et politique de la question Louis XVII !...


                      • Emile Mourey Emile Mourey 4 avril 2007 15:40

                        @ charles bories (IP:xxx.x0.45.145)

                        Les questions que vous me posez ne sont pas de ma compétence.

                        D’abord, il me semble qu’il ressort de l’enquête, comme je vous l’ai dit, qu’il y avait une très grande probabilité pour que le coeur conservé dans les conditions que l’on sait soit bien le même que celui qui a été examiné. Je pense que cette question, s’il y a doute dans votre esprit, doit être reposée au biologiste ou au chimiste. Les tribulations de ce coeur, miraculeuses, rocambolesques ou non, sont susceptibles d’interprétations.

                        Pour le reste, c’est avec M. Delorme qu’il faut débattre.

                        Quant à moi, je vois dans ce tableau le même enfant que celui qui a été peint par le même peintre à l’âge de six ans. On peut ne pas être d’accord mais c’est mon intime conviction.


                      • charles bories (---.---.45.145) 4 avril 2007 16:56

                        Ne parlons donc plus que du tableau !

                        Pouvez-vous nous dire si sur l’image que vous avez il est possible ou non de distinguer la cicatrice laissée par la morsure du lapin blanc ?


                      • charles bories (---.---.30.231) 5 avril 2007 08:29

                        Si l’image dont vous disposez ne présente pas plus de cicatrice de la morsure du lapin blanc, occasionnée au Dauphin dans les jardins des Tuileries, que celle qui est affichée sur cette page Web, on peut facilement en déduire que ce tableau est celui d’un substitué à Louis XVII et non celui du fils de Louis XVI et de Marie - Antoinette ! Si un jour la traçabilité de ce tableau peut être établie avec certitude, on aurait alors un nouvel indice très sérieux en faveur de l’exfiltration de Louis XVII à une date qui reste encore à déterminer. Pour notre part notre forum étudie actuellement l’hypothèse d’une exfiltration entre le 21 août et le 3 septembre 1793, mise en oeuvre par Hérault de Sechelles et Danton, avec le concours d’un détachement de la Garde Nationale ... Merci pour votre hospitalité et longue vie à votre blog !


                      • Emile Mourey Emile Mourey 5 avril 2007 10:52

                        @ charles bories (IP:xxx.x13.30.231)

                        Le portrait présenté dans cet article ne présente pas de trace de cicatrice à la lèvre. Il faut savoir, en effet, que jamais un peintre de cette qualité, comme l’était Greuze, n’aurait fait figurer un détail de cette sorte qui aurait pu porter tort à l’esthétique du modèle ou qui aurait laissé supposer une maladresse picturale.

                        Il est manifeste que Greuze a voulu faire un portrait exact mais toutefois esthétique de cet enfant. Il est possible que cet enfant ait été même beaucoup plus décharné qu’il n’est représenté.

                        Il est manifeste également que le peintre a choisi d’exprimer dans ce tableau une atmosphère beaucoup plus rude et tragique que dans ses autres portraits d’enfant, à l’oiseau ou autres, où l’ambiance est plutôt bucolique.

                        Il est heureux qu’aucune cicatrice à la lèvre ne figure dans cette peinture, ce qui aurait fait penser aussitôt à l’oeuvre d’un faussaire qui veut abuser de la bonne foi d’un expert. En revanche, si vous cherchez des indices, il faudrait plutôt vous poser d’autres questions, par exemple si la longueur de mèche de cheveux coupée à la mort du dauphin correspond à la longueur de ses cheveux que l’on peut déterminer en examinant le portrait.

                        Enfin, je pense qu’il ne faut pas se faire d’illusions sur les partisans de Robespierre. Contrairement à ce qu’écrit Wikipedia, le cordonnier Simon a détruit l’enfant, son esprit et sa santé - les preuves abondent (en le faisant boire, en le persuadant que sa mère était une catin etc...)-. La grosseur qu’un médecin a diagnostiquée à l’un de ses testicules laisse supposer, non pas une pratique sexuelle - que n’a-t’on dit ? - mais que cet enfant souffrait à cet endroit... pourquoi ? (je n’ose croire à une tentative de stérilisation).

                        Tous les témoignages prouvent que les partisans de Robespierre ont réussi à faire perdre la raison à l’enfant. Ce n’est qu’à la mort de Robespierre que la surveillance s’est relachée et qu’une substitution aurait été rendu possible. En se replaçant dans le contexte de ce moment, on ne voit pas l’intérêt que les partisans de la royauté aurait eu à sauver un enfant qui a perdu la raison.

                        Je vous demande de bien réfléchir. Notre histoire de France n’a pas commencé seulement à la Révolution. Tout ce qui a été construit au temps de la royauté et avant la royauté fait partie de notre patrimoine commun, matériel et spirituel. Tout cela fait partie de notre bien commun. Si nous voulons rester fidèles aux valeurs de notre héritage, il faut affronter notre Histoire, telle qu’elle fut et non pas telle qu’on aurait voulu qu’elle soit.

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