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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Le grand bleu » l’espace des dieux

« Le grand bleu » l’espace des dieux

L'espace des dieux, antiques et nordiques, espace mythique, onirique et lyrique.

Le « grand bleu »réapparaît sur les chaînes télévisuelles. Et l'on se souvient. Bizarrement ce film fit apparaître des avis très divergents entre le public jeune, celui de qui la tête vagabonde dans le merveilleux de l'enfance et de l'adolescence, le moment de la vie où l'on cherche la fusion complète avec le milieu et une absence totale de résistance de la matière...et les autres, ceux qui ne rêvent plus, les réalistes, les gens accrochés à la terre comme le coquillage à son rocher.

Ce qui provoqua tant de déconvenue c'est surtout la fin du film.

Il est très intéressant de voir que dans l'alternative d'un choix personnel, quand nous sommes abandonnés à nous même, nous devenons des handicapés de la vie.

Les américains, les crucifiés du traversin, exigèrent une fin acceptable selon leurs critères moraux et religieux. L'art révisé et corrigé par la parole divine, un signe des temps ?

C'est à dire une fin à la mesure de la médiocrité humaine conditionnée par les lois et les dogmes qui ne s'affranchit sans doute jamais du parent protecteur ou directif, du Dieu vengeur, justicier, c'est à dire un Dieu à la mesure de notre misérable condition de suivant borné et de mouton soumis et angoissé.

Revenons au terme du film, là ou nous projetons notre propre vision sur l'écran bleu-nuit des fonds marins. Là ou nous sommes livrés à nous même, seuls devant l'ultime choix.

Est-ce si difficile de s'octroyer la liberté d'imaginer la fin à la mesure de notre sensibilité ?

Suivre le dauphin, partir, passer de l'autre côté du miroir aquatique pour un ailleurs, un ailleurs qui répond au rêve pour le rêve, pour le plaisir de s'abandonner au seul imaginaire. A l'écoute des chants des sirènes, comme Ulysse, jadis envoûté et tenté. L'art c'est surtout le libre jeu de l'imaginaire, la libre métamorphose.

Une fois de plus on confond la carte avec le territoire, l'image avec la réalité matérielle ou spirituelle, la représentation d'un moment et l'animation de l'instant.

C'est le dénouement le plus pur, le plus poétique en phase absolue avec l'esprit du récit homérique, au cœur de la mer Égée, dans les délices cycladiques et doriques enfouis. Les secrets endormis de l'Atlantide, l'âme du monde antique, le repère souverain des dieux.

C'est un moment instauré pour les héros, les personnages de légende, l'authentique fruit d'un imaginaire libre et fécond.

C'est l'esprit de l'adolescence, cette période souvent douloureuse, confrontée aux refus mortifères des réalistes ombrageux et oublieux de leur jeunesse.

Dommage que la plupart d'entre nous ait occulté la magie de ces moments de vie où l'idéal nous propulse en des lieux où nous nous égarons dans la conviction profonde que nul peut nous entendre et nous suivre.

Il est probable qu'en un jour lointain, dans un univers terrestre chaotique qui taisait son nom, deux êtres informes, d'un bestiaire improbable, en mutation, frères d'âme et d'apparence, s'étirèrent, dubitatifs, mollement, approximativement, sur la plage des métamorphoses.

Ils se quittèrent là, l'un pris le chemin du grand large, l'autre celui des bosquets émergents. Un long temps s'écoula, le premier, devint le dauphin et l'autre prit le nom d'Homme.

Les grecs de l'antiquité nommèrent le premier « esprit des mers » Delphis, dans la Grèce antique, Le second s'auto-congratula, « esprit de la terre » dans l'absolu et pour tous les temps.

Le film de Luc Besson est traversé par cette mystique intemporelle, il dévoile aussi l'univers ludique et charmant des dauphins mais le journalisme prosaïque y va de ses remarques assassines, transformant l'espace égéen lumineux en un laboratoire de dissection contemporaine ou en film d'horreur d'un massacre à la tronçonneuse aquatique.

(extraits de l'article de Jack Parker le 3 novembre 2011 )

 

« Les dauphins, ces animaux sanguinaires et pervers.

A l’occasion de la sortie de L’incroyable histoire de Winter le dauphin, nous pourrions rencontrer la nature sans état d'âme.

Le dauphin, symbole ultime de la jeune fille en fleur (ex-æquo avec le cheval), grand allié de l’Homme dans les profondeurs sous-marines, adorable petit clown des océans. Nous savons qu'un dauphin peut sauver un humain de la noyade et même le protéger d’un requin. Dans un même temps, pourquoi les dauphins sauvent ils les humains ? Pourquoi tant d’intérêt pour notre espèce ? D’où vient cette prédisposition à nager avec nous et sauter à travers des cerceaux pour un malheureux hareng ? C'est à dire que leur complexité est la notre. Dissimulés derrière leur image de sirènes enchantées amies des enfants perdus, ils commettent aussi d’horribles méfaits ».

Notre passé commun, la proximité physiologique et psychologique explique notre similitude comportementale. Les dauphins nous ressemblent, ils aiment naturellement notre compagnie.

« Nous pouvons aussi nous sentir doublement concernés quand les attaques ciblent les humains. il est tout à fait possible de se faire agresser sexuellement par un dauphin. Du coup, si Flipper décide de vous utiliser comme objet de plaisir, son enthousiasme pourrait bien vous être fatal. Il pourrait vous maintenir sous l’eau trop longtemps ou pire, vous entraîner au fond, scellant ainsi votre destin à jamais.

cet article sur le site de Libération, Ici, un portrait détaillé du Grand Dauphin. Pour les bilingues, le viol collectif, ainsi qu’un autre article sur leur côté sombre. »

D'ailleurs, au moment ou cet auteur, qui ne démérite pas, nous dévoile l'aspect de l'ombre chez notre ami le dauphin, nous célébrons, nous primates ô combien évolués la commémoration le l'armistice de 14/18, période peu glorieuse où des primates conditionnés, « les esprits de la terre » se massacrèrent par millions, gratuitement, sous l'influence d'une odieuse manipulation politique de primates irresponsables.

Notre réputation est faite, nous sommes de sinistres hypocrites bornés, la violence est toujours présente et voyage allègrement sur toute la surface de la terre.

Un autre extrait d'une critique formulée par Denis Berger le 9 octobre 1988.

« On comprend pourquoi, à la fin du film, le Jacques Mayol fictif délaisse celle qui, à force de patience et d'obstination, a réussi à devenir sa compagne et à se retrouver enceinte, pour rejoindre son ami Enzo dans une plongée dont il ne pourra plus revenir. Car les héros du Grand Bleu, ces stéréotypes, refusent l'intégration sociale qui marque la fin de carrière du sportif : ils veulent rester éternellement jeunes, pour aller jusqu'au bout de la compétition. Et cette compétition-là, bien plus que tout autre, mène à la mort. Là est l'originalité essentielle du Grand Bleu : pour la première fois, le caractère nécessairement suicidaire de cette idéologie du super-sportif si typique de la société des années 80 est mis à jour, à la disposition du public ». Denis Berger 9 oct.1988.

La compagne de Jacques Mayol, une hystérique new-yorkaise, qui se trouve à des milliers d'années lumière de cet « homme-enfant-poisson »

Cet être singulier a peu connu sa mère, il assista à la disparition tragique de son père . Ce garçon traumatisé, en régression émotionnelle, très adulte dans sa passion mais tout à fait inadapté à la vie, une espèce de neptunien en sublimation permanente.

Elle s'est accaparé ce personnage fragile et délicat mais tout à fait insaisissable.

L'éternelle dissonance entre le féminin et le masculin. L'impossible entente.

Seul Enzo, l'ami et farouche adversaire, connaît la nature profonde de Jacques. Il sent que sa différence le rend inaccessible et incompréhensible. Il pressent qu'il est d'une autre essence. Il le confie gravement à Rosanna, la compagne malheureuse qui ne peut entendre.

La plupart des critiques négatives sont au premier degré. La vision moraliste n'a rien à faire là dedans. Nous sommes dans un espace antique, c'est la résurgence du talon d'Achille. Mais l'on peut transposer le film dans une dramaturgie nordique, wagnérienne, le héros est un demi-dieu moderne.

Jacques Mayol me rappelle Siegfried dans sa majesté et sa candeur, les demi-dieux sont paradoxalement des êtres puissants et vulnérables tant ils sont purs.

Contrairement aux hommes qui sont rusés, passent en force, façonnés de volonté.

L'univers du Grand bleu est onirique, abstrait, mythique, lyrique. Certes nous n'évoluons pas dans l'univers d'Odin au Walhalla des braves guerriers, nous sommes en mer Ègée avec pour toile de fond les récits homériques de l'lliade et l'Odyssée sous la protection de Neptune, dans un ailleurs poétique.

Un rappel qui me semble éclairer l'univers du Grand bleu, à travers une citation de Nietzsche sur Wagner qui fut pendant un temps son ami.

« Le « cas Wagner », comme disait Nietzsche, est un cas limite et un cas unique. Des gens sans formation musicale supportent ses drames sans ennui tandis que d'autres, instruits par Bach et par Mozart, leur témoignent une intolérance absolue. Mais il arrive aussi que ce théâtre musical rebute les ignorants et qu'il enchante les plus raffinés et les plus savants. Cette apparente contradiction vient de ce que la musique wagnérienne a un caractère viscéral marqué et qu'elle agit à la manière de la vague marine : elle obsède, elle use, elle magnétise et ravit l'âme, même quand elle défie l'intelligence et le bon goût. »

Les clichés, Le grand bleu, Jacques, Enzo, Rosanna et, en contrepoids, l'anneau sacré, inspiré de Richard Wagner avec Siegfried, le héros et son alter ego Brunehilde, qui elle est une walkyrie.

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« Le grand bleu » l'espace des dieux

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28 réactions à cet article    


  • Furax Furax 16 novembre 2012 11:46

    Bonjour Jack,

    Je me suis régalé hier à la lecture de votre article en modération.
    Lorsque le « Grand bleu » est sorti, j’étais en Afrique avec toute ma famille. Dès notre retour en France, pour les congés, nous nous sommes précipités au Grand Rex.
    Le choc ! Dès le cadrage initial, au ras de l’eau, caméra lancée à toute allure et les premières notes... 
    Jusqu’à la fin. Ce générique interminable, toujours enveloppé de cette musique. Toute la salle (pleine bien sûr) scotchée dans les fauteuils, tétanisée. Tous, nous étions partis dans le « Grand Bleu ». Plongée vers l’ivresse de l’enfance, vers...quoi ? Peut-être la lumière que décrivent ceux qui sont revenus de « là-bas » ?
    Avant de repartir en Afrique, en septembre, nous sommes retournés voir le film. Salle pleine, bien sûr, mais ambiance différente. Tous nos voisins participent. Ils annoncent les répliques avant qu’elles sortent des lèvres des acteurs.Ils ont tous vu le film plusieurs fois ! A la fin on se sourit. On partage notre joie (le bonheur se cache honteusement, la joie est toujours partagée).
    Les journalistes n’allaient pas manquer de le saloper, notre dauphin. Rassurons les toutefois, nos « chercheurs » américains. Peut-être trouveront-ils des dauphins pédophiles qui abusent des « dauphinous » s’éloignant de leur maman. Mais ils ne découvriront jamais des dauphins se goinfrant au delà de tout appétit, quitte à priver leurs congénères de nourritures. Aucun animal, si peu évolué soit-il ne s’abaisse au niveau de la stupidité mortifère d’un Rotschild ou d’un Goldmann Sachs !!!


    • jack mandon jack mandon 16 novembre 2012 16:51

      Bonjour Furax,

      La multiplication des travers du dauphin peuvent aussi orienter nos recherches
      vers cette image que je propose :

      "Il est probable qu’en un jour lointain, dans un univers terrestre chaotique qui taisait son nom, deux êtres informes, d’un bestiaire improbable, en mutation, frères d’âme et d’apparence, s’étirèrent, dubitatifs, mollement, approximativement, sur la plage des métamorphoses.

      Ils se quittèrent là, l’un pris le chemin du grand large, l’autre celui des bosquets émergents. Un long temps s’écoula, le premier, devint le dauphin et l’autre prit le nom d’Homme."

      Le développement de l’intelligence, de la cognition, des facultés diverses n’est pas sans risque, les reliefs naissent des creux...par exemple.

      Les petits cerveaux élaborent des actions banales et boudent mes papiers par exemple bof bof !

      Merci de la visite.


    • Gollum Gollum 16 novembre 2012 12:04

      Bonjour Jack. Heureux de vous retrouver. smiley


      Amusant ces lignes : Suivre le dauphin, partir, passer de l’autre côté du miroir aquatique pour un ailleurs, un ailleurs qui répond au rêve pour le rêve, pour le plaisir de s’abandonner au seul imaginaire. A l’écoute des chants des sirènes, comme Ulysse, jadis envoûté et tenté. L’art c’est surtout le libre jeu de l’imaginaire, la libre métamorphose.

      Il se trouve que j’ai effectué un rêve récemment où je me trouvais au bord de la mer. Un immense requin-baleine s’approchait des côtes.. Dans le rêve je ne pus résister et sautais immédiatement dans l’eau à la rencontre de l’immense poisson.. Je m’approchais de plus en plus.. Je ne connus pas la fin de ce rêve comme dans le film de Besson.. Mais pour moi le principal était fait, je m’étais jeté à l’eau et tourné définitivement le dos au monde des hommes.. smiley

      Je ne peux m’empêcher ici de donner une petite touche astrologique. Luc Besson ne pouvait être que natif des Poissons bien évidemment pour faire un tel film..
      De même Jacques Mayol, possède Lune, Jupiter, Mercure en Poissons..
      Jacques Perrin qui a fait un film magnifique nommé Océans, Lune Poissons également..
      Yann Arthus Bertrand, Poissons..

      Enfin, n’oublions pas Victor Hugo, le poète des immensités océaniques et cosmiques.. avec Soleil, Vénus, Mercure en Poissons..

      Le signe des Poissons en trigone du signe de la mort (Scorpion) nous rappelle ce qui nous attend au terme de notre vie terrestre, une vie infinie et sans limites. smiley

      Merci pour ce texte Jack.

      • jack mandon jack mandon 16 novembre 2012 17:22

        Bonjour Gollum,

        Justement, par vibration onirique, j’ai écrit ce papier en pensant à vous.

        Intéressant vos investigations astrologiques.

        Ce qui m’indispose dans le poisson, c’est surtout l’odeur, je déconne parce que
        tous les gens que j’aime bien sont là, comme par hasard.

        Ma misanthropie galopante favorise l’expansion de mon ile et l’odeur du poisson
        m’obsède, vu que c’est dorénavant mon unique repas, du soir au matin.

        L’apport phosphoré donne à mon anima des proportions infernales... olympiques !

        Plus sérieusement la fin tragique du Jacques authentique m’attriste et je m’interroge.

        La concentration planétaire favorise l’indifférenciation, les pôles Bélier et Poissons
        dans une dissonance conjoncturelle de plus doublement contrariés par le carré à Mars
        qui inscrit une énergie difficile à contenir, le carré à Saturne une inhibition qui incline
        à la dépression. La révolution solaire de l’année de sa disparition est plate, ce qui en soi
        est inquiétant comme la ligne droite continue de l’électroencéphalogramme.
        Curieuse et macabre mise en scène que la mort par pendaison.
        Toutes les spéculations ne pourront répondre à la disparition de cet homme mystérieux et
        au fond très attachant.

        Merci du petit clin d’oeil.


      • Gollum Gollum 16 novembre 2012 17:55

        Intéressant vos propos sur Jacques Mayol. Quant à ce Mars Gémeaux en carré des Poissons n’a-t-on pas là la problématique du plongeur en apnée ? Vous savez bien que le signe des Gémeaux est celui des poumons. Le carré au signe des Poissons implique un conflit entre l’élément eau et l’air. Magnifiquement transcendé par notre bonhomme. smiley


        Quant à Saturne il fait intervenir l’élément temps, sans doute les exercices de Yoga nécessaires à cette maîtrise.. 

        Sa mort par pendaison remet en relief d’une autre manière la problématique respiratoire.. l’eau s’en trouvant définitivement exclue.. Il y a là comme un message final.

      • Gollum Gollum 16 novembre 2012 17:58

        Je n’ai pas parlé non plus de la présence d’Uranus extrêmement fréquente chez ce genre de personnalités limites...


      • jack mandon jack mandon 16 novembre 2012 18:30

        Sa mort par pendaison remet en relief d’une autre manière la problématique respiratoire.. l’eau s’en trouvant définitivement exclue.. Il y a là comme un message final.

        Subtil, avec en plus quelque chose d’épileptoïde, c’est à dire une mise en scène forte, spectaculaire d’une violence martiale de feu, (Bélier)

        Par exemple les lunaires, les vénusiens prennent des pilules et se placent dans l’horizontalité d’un lit, réceptacle des confidences, ultime moment de tendresse
        pour compenser l’immense désamour ressenti.
        Ici, c’est la verticalité sadique et guerrière dans une lévitation macabre
        qui va s’imposer à l’observateur épouvanté, placé en contrebas.
        Action conjuguée de Mars et de Chronos-Saturne, les carrés rédhibitoires.

        Après avoir cultivé les descentes discrètes en milieu aquatique il s’éleva spectaculairement dans l’air en le refusant.
        La raison ? une forte dépression, après avoir contenu la pression considérable
        des fonds marins...la dépression finale.
        Le corps imprime et distille tous ces messages et en use à sa guise.

        On peut continuer si vous voulez


      • jack mandon jack mandon 16 novembre 2012 18:51

        Uranus pris en sandwich entre le Soleil et la Lune.

        Impose à l’idéal du moi solaire une vision dantesque (paranoïde)

        Impose à la composante féminine une dimension de walkyrie.

        Les deux pôles constitutifs de la complétude humaine flirtent avec les dieux.

        Vous me permettait Gollum, d’exprimer ce qui me grattouillait.

        Et par là je comprend mieux ce qui m’attire tant dans ces fresques vivantes
        que tous les tragédies lyriques savent traduire et incorporer.

        Richard Wagner excelle dans ce genre.


      • Gollum Gollum 16 novembre 2012 18:51

        On peut continuer si vous voulez


        J’vais pas pouvoir.. J’ai fini ma journée smiley

        Mais je pense revenir demain smiley

        Bonne soirée Jack smiley

      • alinea Alinea 16 novembre 2012 19:56

        Où avez-vous trouvé ses coordonnées ?
        Savez-vous comment Mayol faisait pour aller si profond ? ( si vous ne le savez pas, je l’écrirai mais la flemme si tout le monde sait ça !)
        Je l’ai rencontré en mars 1981... mais c’est une longue histoire. Le vrai n’avait rien à voir avec le mec du film !
        Je ne peux pas partager votre joie enfantine devant ce film ; j’ai bien aimé mais tout de suite oublié ! je suis très peu cinéphile et l’image n’est pas ma tasse de thé !
        Bon, puisque je suis là, je veux saluer ce Jack ci ; et le remercier pour cet espace maritime et onirique ouvert pour moi ce soir ; ce fut un plaisir ; je veux dire vraiment un plaisir ( et pas une formule de politesse...)


      • jack mandon jack mandon 17 novembre 2012 09:50

        Bonjour Alinea,

        Il me semble qu’il existe deux attitudes possibles dans la narration
        d’une histoire. Celle du journaliste critique, c’est son rôle, qui prend
        le contrepied de ce qui se déroule sous ses yeux, et celle du spectateur
        enthousiaste, que je suis naturellement, qui entre dans l’histoire
        comme un acteur virtuel, pour mieux s’en délecter.
        C’est vrai qu’il s’agit là de l’expression du moi enfant dans la transaction.

        Merci de votre visite.


      • Gollum Gollum 17 novembre 2012 16:18

        Richard Wagner excelle dans ce genre.


        Wagner avec un Soleil à l’ascendant et un Uranus au coucher ne pouvait qu’être le musicien des héros.. Trois astres de feu à des positions prééminentes + un Jupiter en Lion angulaire qui nous donne le grandiose théâtral de ses opéras..

      • jack mandon jack mandon 17 novembre 2012 18:23

        Gollum,

        Richard Wagner, une hyper influence de tout le bestiaire symbolique, une inflation.

        Soleil, Vénus As Gémeaux opposé à Uranus, Neptune au descendant Sagittaire,
        axe aérien et fulgurant, l’ego et l’alter ego, l’axe du moi,
        Saturne, Mars, Lune Capricorne Verseau au MC, Chronos, le Guerrier, la Walkyrie
        L’univers culminant de sa Tétralogie.
        Jupiter au fond du ciel en lion, le Dieu greco-romain comme fondement et assise
        familiale, hérédité de l’homme-dieu, l’univers inflatif et paranoïaque (pour les petits).

        Autant dire qu’il vivait une tempête soutenue, ce qui explique son oeuvre.


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 16 novembre 2012 13:35

        L’art c’est surtout le libre jeu de l’imaginaire, la libre métamorphose.


        Un genre de survie , dans le sens au dessus de la vie ...

        Joli coup Jack .

        • jack mandon jack mandon 16 novembre 2012 17:29

          Bonjour Cap’

          Tout à fait mon ami et j’observe en passant que le développement artistique d’un peuple
          et inversement proportionnel au besoin d’anéantir par la guerre.

          L’énergie qui ne créait pas détruit.

          Conclusion, il y a une sacré bande de salopard sur la planète !

          Bonne fin de semaine


        • SANDRO FERRETTI SANDRO FERRETTI 16 novembre 2012 14:40

          La vraie vie est toujours plus glauque que les films ou les poncifs.
          Dans la vraie vie, Jacques Mayol s’est suicidé.
          Mais à 74 ans, par pendaison.
          Pas en partant dans le grand bleu, qui pourtant était à portée de main (Mayol habitait une ile italienne).

          Donc , l’analyse de Denis Berger que vous citez, Jack, est bancale.
          Dans un suicide à 74 ans, par pendaison et non par noyade, on est loin de la recherche du jeunisme éternel et du culte du corps que certains ont cru voir.

          C’est bien aussi de dire à nos amis bisousnours que le dauphin, qui jouit d’un grand capital sympathie dans le bon peuple, peut très bien, s’il le veut, jouer au « gare au gorille » de Brassens.
          J’aime bien vos papiers quand ils semblent dire que dans la vie, il y a plus de gris que de blanc et de noir, et que les bons et les méchants sont, alternativement, les mêmes.


          • jack mandon jack mandon 16 novembre 2012 17:54

            Bonsoir Sandro,

            Toujours brillant et concis.

            C’est vrai que je sens comme un plombage, l’alchimie est approximative.
            Sur la ligne d’horizon, je trace des courbes, des creux et des bosses,
            mais synthétiquement, il faut beaucoup touiller pour que ça prenne couleur de vie.
            Car il est vrai que dans cet empaillage il faut brasser des tonnes et des tonnes,
            pour une petite pépite que l’on est seul à voir...

            Merci de votre philosophique passage.


            • jack mandon jack mandon 16 novembre 2012 19:06

              Bonsoir Sabine,

              C’est vrai, mais d’un amour impossible et d’une amitié improbable.

              C’est à dire que le partage dans une communication fluide et constructive

              reste une démarche funambulesque.

              Ce qui m’intéresse ici c’est le voile qui se lève vers un ailleurs que l’on n’atteint pas..


              La quête ( Don Quichotte )

              Musique : Jacques Brel 1965
              autres interprètes : Jean-Sébastien Lavoie (2004,« Je me souviendrai »)




              Rêver un impossible rêve
              Porter le chagrin des départs
              Brûler d’une possible fièvre
              Partir où personne ne part

              Aimer jusqu’à la déchirure
              Aimer, même trop, même mal,
              Tenter, sans force et sans armure,
              D’atteindre l’inaccessible étoile

              Telle est ma quête,
              Suivre l’étoile
              Peu m’importent mes chances
              Peu m’importe le temps
              Ou ma désespérance
              Et puis lutter toujours
              Sans questions ni repos
              Se damner
              Pour l’or d’un mot d’amour
              Je ne sais si je serai ce héros
              Mais mon cœur serait tranquille
              Et les villes s’éclabousseraient de bleu
              Parce qu’un malheureux

              Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
              Brûle encore, même trop, même mal
              Pour atteindre à s’en écarteler
              Pour atteindre l’inaccessible étoile.

              C’est de tout temps ce qui habite l’élan et l’espace romantique.

              Merci Sabine


              • jack mandon jack mandon 16 novembre 2012 22:51

                Bonsoir Sabine,

                Jacques, éthéré et fluide, au milieu d’une famille à l’italienne grouillante et bruyante ?

                C’est tout aussi plausible qu’un ectoplasme dévorant un sanglier en lévitation.

                Je remarque, et c’est bien naturel, vous voudriez « civiliser » Jacques et le faire entrer dans

                le rôle de mari et d’amant conforme aux critères de toutes les femelles fécondes.

                C’est un désir de femme, pas celui d’un homme de la nature de Jacques.


                • apopi apopi 17 novembre 2012 07:51

                   Le grand bleu, quelle blague ! Une grosse bouse franco franchouillarde, tout est nul dans ce film, du scénario indigent au jeu des acteurs sans parler de la musique.

                   Au bout de dix minutes de projection j’avais envie de fuir et avec le recul je me demande encore comment j’ai pu rester jusqu’à la fin.

                   Le grand bleu, un des films les plus mauvais de toute l’histoire du cinéma français.


                  • jack mandon jack mandon 17 novembre 2012 10:18

                    Bonjour apopi,

                    La sotte occupation que celle de nous empêcher sans cesse de prendre du plaisir
                    ou de nous faire rougir de celui que nous avons pris ! c’est celle du critique.
                    Diderot

                    Les insectes piquent, non pas par méchanceté, mais parce que, eux aussi, veulent vivre ;
                    il en est de même des critiques ; ils veulent notre sang et non pas notre douleur.
                    Nietzsche

                    Critiques ; le plus sale roquet peut faire une blessure mortelle, il suffit qu’il est la rage.
                    Paul Valéry

                    La critique est un art difficile qui demande sans doute une grande connaissance
                    des sujets que l’on aborde, au risque de dévoiler ses lacunes.

                    Ce n’est que de moi et suffit amplement pour réponse.


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 17 novembre 2012 14:29

                      « Le grand bleu » ,du pathos à caniches .....


                      • jack mandon jack mandon 17 novembre 2012 17:32

                        Aita Pea Pea

                        Bon appétit, croquez lentement vous avez tout votre temps.


                        • Dora-Rafaella Dora-Rafaella 18 novembre 2012 19:33

                          Hello Jack !

                          Merci pour cet article à mon goût ! J’ai visionné ce film plusieurs fois au fil des ans... et c’est très intéressant de constater que le film reste toujours le même, mais que ma compréhension de celui-ci évolue au fil du temps...

                          Le vrai Jacques Mayol s’est pendu, c’est vrai. (merci Sandro !)

                          J’ai toujours pensé que l’amour des profondeurs marines, était, pour Jacques Mayol un moyen de retrouver son père, ses racines. N’ayant pu digérer sa mort abrupte par noyade,(il était enfant !) il le retrouve sans doute un peu à chaque plongée. Il le cherche, en vain, voulant aller toujours plus profond pour chercher... encore. Inconsciemment, Peut-être, pour atténuer cette douleur.. sans y parvenir. Et puis, Enzo meurt dans les mêmes circonstances...

                          Pour Jacques, les fonds marins sont toute son enfance, sa famille, ses racines.
                          Et grand paradoxe, on a des difficultés à prendre *racine" justement, dans l’eau... il faut de la terre pour cela. Pour cette raison, Jacques ne parvient pas à se poser dans le monde conventionnel.

                          Certes, Jack, la jeune femme américaine est à côté de la plaque... elle ne l’aime pas, elle pense à elle. Aimer Jacques Mayol consisterait à l’encourager à vivre cette passion, être là, peut-être, en présence attentive.. mais certainement pas en voulant lui faire des enfants et le dresser en docile mari... C’est drôle dans ce film en fait... bon, et il fallait bien une jolie femme là au milieu...
                          Jean Reno est juste parfait dans le rôle d’Enzo ! Et je craque pour sa mère... rires...

                          Gollum
                          , je trouve vos interventions absolument pertinentes.

                          Sabine, je suis solidaire avec vous... femme oblige ! clin d’oeil

                          Bonne soirée et merci Jack !
                          Dora


                          • jack mandon jack mandon 19 novembre 2012 00:31

                            ...il est très tôt,

                            Bonsoir Dora...des jours et des nuits

                            ma compréhension de celui-ci évolue au fil du temps...

                            On plonge, on remonte, et on recommence et on grandi,

                            entre nous, je suis en plongée délicate...

                            Il le cherche, en vain, voulant aller toujours plus profond pour chercher... encore. Inconsciemment, Peut-être, pour atténuer cette douleur.. sans y parvenir. Et puis, Enzo meurt dans les mêmes circonstances...

                            Réponse humaine, cadrée, rapport au réel cohérent.

                            Je crois qu’intuitivement, pour l’essentiel de mon positionnement, j’accompagne l’acteur et comme lui sans doute, par empathie, je ne raisonne plus. C’est pour cette raison que je cherche des appuis abstraits, inhumains...wagnériens. Problème d’idéaliste et de demi-fou.(folie douce)

                            Pour Jacques, les fonds marins sont toute son enfance, sa famille, ses racines.
                            Et grand paradoxe, on a des difficultés à prendre *racine" justement, dans l’eau... il faut de la terre pour cela. Pour cette raison, Jacques ne parvient pas à se poser dans le monde conventionnel.

                            Bien vu, toujours très cohérent, propos de soignante.

                            la jeune femme américaine ne l’aime pas, elle pense à elle. Aimer Jacques Mayol consisterait à l’encourager à vivre cette passion, être là, peut-être, en présence attentive.. mais certainement pas en voulant lui faire des enfants et le dresser en docile mari...

                            Thérapeute en plus.

                            Je trouve l’amitié, quoi que suicidaire, beaucoup plus juste, juste dans son authenticité, celle d’un partage d’une passion, juste aussi parce que empathique.

                            L’amour est ici traité légèrement, c’est à dire qu’il est fusionnel et immature, au niveau même des deux protagonistes. Au fond encore une projection, une inflation de plus.

                            Jean Reno est juste parfait dans le rôle d’Enzo !

                            Belle voix, si l’on oublie son machisme sicilien, très belle et tellement vrai la confidence et la mise en garde qu’il adresse à la malheureuse...étrangère.

                            Et je craque pour sa mère

                            Oui, moi aussi et comprend sa plongée finale pour échapper à ce dragon musculeux.

                            Il existe des mères qui invitent au dépassement voire même au sacrifice libérateur ultime.

                            Bref, viva la mama, pourvoyeuse de fils tyrannique et suicidaire.

                            Gollum, je trouve vos interventions absolument pertinentes.

                            Moi aussi !

                            Sabine, je suis solidaire avec vous...

                            moi non plus !

                            Bonne nuit Dora.



                            • Gollum Gollum 19 novembre 2012 09:28

                              Gollum, je trouve vos interventions absolument pertinentes.


                              J’en suis ravi Dora. Puisqu’elles vous plaisent je me ferai dorénavant un devoir d’en rajouter.. smiley

                              Les vôtres sont pas mal aussi. Notamment le jugement sur la femme de Mayol. Le drame des couples est que les femmes veulent la sécurité ce qui est castrateur pour les hommes.. et les hommes sont souvent comme des enfants face à leur femme qu’ils prennent plus ou moins pour leur mère et acceptent cette soumission..

                              Il y a une dualité de la femme symbolisée par le couple Lune/Vénus. La mère et l’amante. Marie et Marie-Madeleine. L’une enfante, l’autre pas.. Ce n’est pas un hasard si c’est Marie qui l’a emporté dans l’imaginaire collectif occidental. C’est bien la démonstration que quelque part le christianisme tel qu’il est devenu est une religion de soumission et non pas une religion prométhéenne, ce qu’il était pourtant au départ.. Dans le Nouveau Testament d’ailleurs, Marie-Madeleine est plus importante que Marie.. 

                              On a fait de telle sorte que ce soit l’inverse aujourd’hui.

                              L’imaginaire occidental quant à la femme est le résultat de cette misogynie, cette haine inconsciente de la femme amante, parce que celle-ci veut que l’homme se comporte en héros et la femme traditionnelle n’en veut pas, elle veut la famille et l’homme bien souvent n’en veut pas non plus parce que c’est fatigant et qu’il préfère se bercer d’ illusions.. On a donc des couples du genre « je t’aime, moi non plus... » smiley

                              • Dora-Rafaella Dora-Rafaella 19 novembre 2012 10:34

                                ...« Puisqu’elles vous plaisent je me ferai dorénavant un devoir d’en rajouter.. »

                                Avec grand intérêt Gollum. Comme j’ai quelques notions en astrologie, je vous suis... et j’apprends en même temps.. fantastique !

                                Oui, l’illusion du couple.. un grand débat...la quantité de divorces actuels en dit long. Quant au « je t’aime, moi non plus »,... évidemment... si on se borne à vouloir posséder l’autre pour ses intérêts personnels, on n’y échappe pas..
                                 Le « moi non plus » disparait, si l’être est entier, solide, construit et qu’il est autonome. Son amour devient alors holistique, il aime pour le plaisir d’aimer, il est amoureux du monde et libre.
                                A bientôt cher correspondant.


                                • Dolphinus 25 juillet 20:54

                                  Bonsoir Monsieur Jack MANDON,

                                  Je trouve dans vos propos et pour être poli, une certaine forme de mastication intellectuelle. Je pense que pour mieux comprendre ce film et cette fin, il faut essayer de se rapprocher de la vie de ces animaux. Parfois je me dis que l’homme est loin d’être le centre du monde comme il le pense et que certaines personnes ne s’y retrouvent pas et aimeraient être ailleurs. Le choix est parfois difficile et pour ma part et cela n’engage que moi, j’aimerais avoir plus de moment comme celui-ci :

                                  https://m.youtube.com/watch?v=aUAV3VTY7m0

                                  et ainsi pouvoir enfin côtoyer des êtres plus simples et plus vrais et tellement éloignés de notre univers si petit...

                                  Cordialement

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