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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Pourquoi Charlotte Corday a-t-elle tué Jean-Paul Marat ?

Pourquoi Charlotte Corday a-t-elle tué Jean-Paul Marat ?

« L’assassinat de Marat, c’est la dernière pièce de Corneille » - Catherine Decours, écrivain.

Le 13 juillet 1793, vers 19h, Marie-Anne Charlotte de Corday d’Armont assassine, d’un coup de couteau, le député montagnard Jean-Paul Marat, à son domicile, alors qu’il était dans son bain.

Ce fait historique est connu. La figure de Marat ensanglanté dans sa baignoire a été immortalisée par le peintre David. Marat lui-même, une des figures de la Révolution Française, est célèbre. Mais de Charlotte Corday, que sait-on vraiment ? Sa vie ? Son parcours ? Les raisons qui l’ont motivée à ôter la vie de ce révolutionnaire engagé, député à la Convention, et auteur du journal « L’Ami du Peuple » ? Eclaircissons le voile obscur qui entoure cette jeune femme d’à peine vingt-cinq ans…

Les faits

Le 9 juillet 1793, Marie-Anne Charlotte de Corday d’Armont, qui préfère se nommer elle-même simplement Charlotte Corday, part en diligence de Caen, en Normandie, sa région natale qu’elle n’a jusque là jamais quittée, pour Paris. Son objectif : assassiner Jean-Paul Marat.

Le voyage dure deux jours. Le 11 avril, elle arrive dans la capitale et s’installe à l’Hôtel de la Providence, dans la rue des Augustins. Là, elle apprend que Marat, trop malade, ne peut plus siéger à la Convention et qu’il travaille chez lui.

Le 13 juillet au matin, elle se rend au Palais-Royal chez le coutelier Badin. Elle y achète un simple couteau de cuisine. Puis elle se prépare à aller chez Marat. Cependant, la tâche n’est pas facile. Marat étant régulièrement victime de menaces de toutes sortes, il est protégé par son entourage qui ne laisse entrer que ses plus fidèles alliés. Charlotte Corday fait deux tentatives qui se soldent par des échecs. Elle ne se laisse pour autant pas intimider et revient, une troisième fois vers 18h30, en prétextant à Simone Evrard, compagne du député, avoir des nouvelles de Caen de la plus haute importance. Marat, qui entend la conversation de sa chambre, ordonne qu’on la laisse entrer.

Le spectacle qui s’offre à elle est certainement loin de ce qu’elle avait imaginé. Marat, en effet, atteint d’une maladie de peau qui lui ronge les chairs, est immergé dans un bain curatif au soufre, seul remède à ses douleurs. Seuls ses bras sortent de l’eau ; devant lui est posée une planche de bois sur laquelle il écrit et travaille.

Pendant une demi-heure environ, Charlotte Corday et Jean-Paul Marat discutent. Puis c’est le meurtre. La jeune femme plante le couteau qu’elle avait caché dans son corsage dans la poitrine du député. Le coup est faible mais transperce le poumon, l’aorte et le cœur. Marat crie, Charlotte Corday peut-être aussi, et tout le monde accoure. On immobilise la criminelle (qui n’oppose d’ailleurs aucune résistance) pendant que la victime se vide de son sang. La mort est rapide.

Mais pourquoi une jeune femme de vingt-cinq ans en est-elle arrivée à cet acte et quelles vont en être les conséquences pour elle, mais aussi sur le cours de la Révolution ?

Charlotte Corday au cœur de la tourmente révolutionnaire

Charlotte Corday a vingt-et-un ans lorsque la Révolution éclate, en 1789. Elle vit alors dans la solitude de l’abbaye aux Dames de Caen où son père, aristocrate déclassé et peu fortuné, l’a envoyée avec sa sœur, alors qu’elle n’avait que treize ans. Toutes ces années, la jeune femme s’est enfermée dans le monde de la lecture et de la méditation. Elle lit toutes sortes d’ouvrages : religieux, mais aussi philosophiques et politiques. Autre fait marquant, Charlotte Corday est descendante en droite ligne de Pierre Corneille, le dramaturge auteur du célèbre Le Cid ou encore de Horace. Elle connaît donc les tragédies inspirées de l’Antiquité écrites par son illustre ancêtre et l’esprit de sacrifice qui y règne. 

En 1790, avec les nouvelles mesures révolutionnaires prises contre le clergé, l’abbaye aux Dames ferme ses portes. Charlotte, ne sachant où aller, se rend alors, ou plutôt s’invite, chez sa tante Madame de Bretteville, qu’elle connaît pourtant peu, et qui réside à Caen, rue des Carmes. Cette rue est l’une des parties de la ville où la violence est la plus manifeste. Des crimes atroces y sont commis au nom de la Révolution, événements que l’on connaît sous le nom de Terreur, qui prend naissance dès le 10 août 1792, avec la chute de la royauté.

Remettons les faits dans leur contexte. En cette date du 10 août 1792, le roi et sa famille sont incarcérés à la Prison du Temple. On ne veut plus de monarchie, même parlementaire. Les idées républicaines deviennent majoritaires. Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793 et l’on craint alors une invasion de la part des pays européens étrangers. Cette inquiétude n’est pas sans fondements. En effet, les monarchies européennes, redoutant une contagion révolutionnaire sur leurs propres terres, s’unissent et déclarent la guerre à la France. La Convention Nationale, assemblée au pouvoir depuis la chute du roi, lève alors une armée de 300 000 hommes, provoquant parallèlement une guerre civile : la Vendée, majoritairement royaliste, ainsi que d’autres régions de France se soulèvent. D’autre part, en plus de ce climat de guerre européenne et de guerre civile, s’ajoute une lutte de factions. En effet, la Convention se compose alors de deux camps : les Girondins, plutôt républicains modérés, et les Montagnards (dont les membres les plus connus sont Maximilien Robespierre, Georges Danton, et… Jean-Paul Marat), beaucoup plus radicaux. Le pouvoir va pencher en faveur de ces derniers : au printemps 1793, les Montagnards parviennent à arrêter et expulser les députés Girondins, qui se réfugient en Province, et plus particulièrement à Caen. Là, ils préparent leur riposte, multiplient les réunions politiques et mondaines (les fameux « salons »), auxquelles Charlotte Corday participe.

Peu à peu, nourrie de ses lectures d’auteurs des Lumières ainsi que des idées girondines, Charlotte devient républicaine. Libérale sur certains points, elle est cependant conservatrice sur d’autres, ce qui fait d’elle une modérée. Pourtant, sa famille, issue de la noblesse, ne partage pas ses points de vue : ses frères se sont engagés dans les armées contre révolutionnaires et appartiennent à l’aristocratie réactionnaire. Charlotte est donc en opposition politique avec sa famille.

Néanmoins, bien que républicaine, elle ne supporte pas les dérives violentes de la Révolution. De Caen, elle a eu écho des massacres de septembre 1792 où la foule parisienne, animée par des bruits de complots et de trahisons anti-révolutionnaires, se ruent sur les détenus des prisons de Paris. La plupart des victimes sont des femmes, des prêtres réfractaires et des prisonniers de droit commun. A Caen, les tueries sont aussi fréquentes. De sa fenêtre, Charlotte voit nombre d’exécutions sommaires, de meurtres. Le sang est versé quotidiennement, d’autant plus que la guillotine est arrivée dans la ville normande.

Pour elle, le seul responsable de cette situation est Marat. A Caen, outre les accusations des Girondins, des « Placards », que l’on pourrait qualifier d’affiches politiques de l’époque, font souvent référence au député montagnard pour tout ce qui se rapporte aux crimes de sang, et notamment les massacres de septembre 1792. Par ailleurs, fait important, lors du procès du roi, il avait interdit l’appel au peuple sur la question de la mort du souverain. Or, ce n’est pas l’idée que Charlotte Corday se fait de la liberté et de la justice. Sa haine pour Marat ne fait que croître.

Est-elle réellement justifiée ? Ce que l’on peut en tout cas dire, c’est qu’effectivement, depuis 1790, Marat appelle systématiquement à la violence, notamment par l’intermédiaire de son journal « L’Ami du Peuple ». Représentant la tendance la plus extrême de l’élite révolutionnaire, il est le journaliste le plus virulent de la Révolution. Sa publication, bien que peu lue (on ne peut l’obtenir que par souscription), n’en est pas moins extrêmement engagée, agressive et surtout, d’une écriture faite pour être lue en public. Marat va donc profiter de ses talents d’orateur pour exercer une sorte de fascination sur les foules et faire passer ses idées. Il devient l’homme du peuple, adoré par les sans-culottes.

Diabolisé par les contre-révolutionnaires, Marat devient aussi la bête noire des Girondins et des modérés dans leur ensemble, au point que ces derniers le croient tout puissant. Pourtant, dans le milieu montagnard, auquel il appartient, il est à peine écouté et considéré. En fait, son pouvoir est surtout populaire et médiatique.

Il n’en reste pas moins que Marat devient la figure de la Terreur, pour laquelle une partie de la population le tient responsable. Charlotte Corday pense alors que sans Marat, la Révolution pourrait prendre un autre tournant, plus calme et tempéré…

Le parcours personnel de Charlotte Corday

Outre le fait qu’elle ne supporte pas la violence de la Révolution pour laquelle elle considère Marat coupable, Révolution qui par ailleurs n’est pas conforme à l’idée qu’elle se fait de la République, on peut aussi expliquer l’acte criminel de Charlotte Corday par son parcours biographique, voire même, peut-être, psychologique.

En effet, reprenons les événements marquant sa vie depuis le début. Elle naît dans une famille de la petite noblesse normande, où son père, aristocrate déchu et appauvri, cumulant les dettes, doit cultiver lui-même ses champs. Sa mère meurt alors qu’elle n’a que treize ans. C’est à ce moment qu’elle est envoyée, avec sa sœur, à l’abbaye des Dames de Caen où, malheureuse, elle s’enferme dans les livres.

Sa vie est insignifiante, sans but, d’autant plus qu’il semble qu’elle n’ait jamais émis le désir de rentrer dans le moule social des jeunes filles de son époque, à savoir se marier et avoir des enfants. Au contraire, influencée par ses lectures, notamment par celles des Lumières et des tragédies antiques de Pierre Corneille, il apparaîtrait que Charlotte Corday ait rêvé d’un destin hors du commun. Il faut qu’elle réalise un acte marquant pour exister, pour sortir de sa banalité et, peut-être, pour redorer le blason familial qui manque grandement de reconnaissance. S’est-elle identifiée aux héros tragiques de Corneille, au point de mourir pour la patrie ? Aurait-elle eu des tendances suicidaires ? Ce sont des hypothèses…

Toujours est-il qu’elle trouve le courage de réaliser son crime, mais non sans hésitation. On retrouvera, dans sa chambre de l’Hôtel de la Providence, un écrit où elle inscrivit « Le ferais-je ? Ne le ferais-je pas ? », marquant alors la prise de conscience des limites de son courage et des conséquences d’un tel acte. Cette incertitude se confirme aussi lors de son entrevue avec Marat. En effet, lorsqu’elle entre chez lui, elle trouve un homme malade, affaibli, qui ne tardera pas à mourir, qu’elle agisse ou non. De plus, elle ne le tue pas de suite, mais au bout de longues minutes d’une conversation où elle prétexte avoir une liste de traîtres girondins à remettre au député. Peut-être son cœur bat-il fort, en tout cas elle avouera plus tard qu’elle s’apprêtait à renoncer. Mais c’est lorsqu’elle pose la question à Marat sur le sort qu’il réservera à ces soi-disant traîtres, et qu’il répond qu’il les fera tous guillotiner, qu’elle trouve la force d’enfoncer le couteau dans sa poitrine.

Le procès de Charlotte Corday : la prise de parole politique d’une femme

Aussitôt le meurtre commis, Charlotte Corday est arrêtée. La nouvelle de la mort de Marat se répand comme une traînée de poudre. Rappelons qu’il est vénéré du peuple. Paris bouillonne, on craint l’émeute, à tel point que l’on se demande si le transfert de Charlotte vers la Prison de l’Abbaye ne va pas se transformer en lynchage. Pendant plusieurs jours, on ne peut croire qu’une femme ait commis un tel acte. On va même jusqu’à penser qu’il s’agit d’un homme travesti, ou même que Charlotte Corday a agi par raison passionnelle, pour venger un amant ou un proche assassiné. Toutes les raisons sont valables, sauf la plus évidente : celle relevant de la motivation politique personnelle.

Le procès commence le 17 juillet 1793 au matin. Arrivée devant le Tribunal Révolutionnaire, institution exceptionnelle créée pour juger les ennemis de la Révolution, Charlotte Corday, dont l’avocat commis d’office connaît à peine le dossier, assure seule sa défense. Plus que le crime en lui-même, elle va utiliser cet espace et ce temps impartis pour exprimer ses opinions et revendiquer son geste.

En effet, l’accusateur public, Antoine Fouquier-Tinville, tente de lui retirer la paternité de son crime. Tout comme ceux qui pensaient que le meurtre avait été accompli par un homme déguisé en femme, il ne peut croire qu’une femme puisse avoir agi. En tout cas, elle n’a pu agir seule. Il essaie, tout au long de l’audience, de faire avouer à la jeune fille que ce sont les Girondins qui ont fomenté le complot et l’ont incitée à commettre le crime. Charlotte se rebelle vivement : elle n’a pris cette décision que de sa propre conscience et volonté, sans jamais en parler à qui que ce soit.

Elle se montre courageuse et inébranlable tout le long de la séance. Elle revendique son acte, au nom de la justice. Elle cherche à émouvoir l’opinion sur une République plus juste, contre la tyrannie. Visiblement, elle n’a pas peur de la mort et utilise son procès comme moyen d’expression : elle existe, enfin.

Par ailleurs, elle en profite aussi pour tourner au ridicule le pouvoir des hommes. Par son acte et sa prise de parole engagée, elle bouleverse la vision des rapports entre hommes et femmes pendant la Révolution. En effet, ces dernières ont été marginalisées et exclues de la vie politique. Elles ne sont pas concernées par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et il n’existe pas de femmes députées à la Convention. Pourtant, elles ont, que ce soit dans le camp révolutionnaire ou contre révolutionnaire, des opinions politiques cohérentes, organisées et militantes. Il existe plusieurs visages de ces femmes engagées : Manon Roland, ardente républicaine qui joue un grand rôle dans le milieu girondin ; Olympe de Gouges qui, en réponse à la Déclaration déjà citée, rédigera la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne… Presque toutes ces femmes connaîtront le destin tragique de la guillotine. Pourquoi une telle discrimination ? L’explication en est toute simple : le monde politique n’est pas une affaire féminine. Le rôle de la femme est restreint à la sphère domestique et maternelle, là est leur place.

Charlotte Corday représente donc une menace pour le pouvoir masculin. En s’exprimant publiquement, elle agit politiquement. Pour l’audience masculine et l’imaginaire collectif, il s’agit d’une véritable castration symbolique.

Les conséquences de l’assassinat de Marat

Charlotte Corday est sans surprise, à l’issue de son procès, déclarée coupable et condamnée à la guillotine. Avant d’être ramenée à sa cellule, elle exprime un dernier souhait : que l’artiste Jean-Jacques Hauer réalise son portrait. Faut-il voir dans cette demande un désir de postérité ? C’est fort probable. Charlotte Corday est certaine d’avoir accompli un acte historique qui changera le destin de la Révolution.

Le 17 juillet, à 17h, elle est conduite à l’échafaud, vêtue de la chemise rouge des assassins. Pendant tout le trajet, elle regarde les Parisiens droit dans les yeux, fière et courageuse. Sa dignité lors de son exécution (curieuse, elle aurait même, alors que le bourreau Sanson lui cachait la vue de la guillotine pour ne pas l’effrayer, demandé à voir cette dernière car elle n’en avait encore jamais admiré) la fait entrer dans la légende.

Pourtant, l’acte commis par Charlotte Corday a-t-il porté ses fruits ?

Pour ce qui est de son désir de postérité historique, c’est en effet une victoire. Durant les deux cent années qui ont suivi sa mort, on a parlé d’elle. Outil de propagande politique pour les uns (notamment par Louis-Philippe sous de la Monarchie de Juillet), héroïne tragique de pièces de théâtre pour les autres (Daniel Colas a mis encore récemment en scène son personnage), Charlotte Corday fait désormais partie du patrimoine historique de notre pays.

Quant aux effets politiques de son meurtre, il en est tout autre. Certes, la mort de Marat marque une bifurcation dans la Révolution, mais pas celle que la jeune femme désirait. Le souhait de Charlotte Corday était de limiter le nombre de victimes, les massacres, faire de la France un pays républicain où règne l’ordre et la justice. Or, son crime va au contraire précipiter l’institution officielle de la Terreur, déjà entamée dans les faits. Les Montagnards, en effet, voient toujours dans ce crime un complot des Girondins. Ces derniers sont arrêtés et exécutés. Marat devient un martyr de la Révolution, son corps, transféré au Panthéon, devient un objet de culte populaire.

Même si Charlotte Corday a échoué dans son objectif politique, on ne peut cependant nier sa volonté de se faire entendre en tant que femme et il n’est peut-être pas anachronique de voir en elle, à son insu, une des premières féministes de l’Histoire.

 


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64 réactions à cet article    


  • alberto alberto 11 juin 2010 10:21

    Bon article sur ce drame cornélien !

    C’est vrai que les femmes ont longtemps été les oubliées de la Politique jusqu’à ce que De Gaulle leur « octroie » le droit de vote, ainsi que le faisait remarquer ce matin un invité de France Culture...

    Bien à vous.


    • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 18:54

      Aussi de grandes oubliées de l’Histoire, d’une manière générale smiley D’ailleurs, quand on essaie de retracer l’Histoire des Femmes depuis l’Antiquité, on se heurte souvent à l’absence de sources... Ou alors ce sont des sources souvent écrites par des hommes (clercs, médecins, philosophes...), donc pas toujours objectives.

      D’ailleurs, je conseille vivement les ouvrages en 5 tomes publiés sous la direction de George Duby et Michelle Perrot : Histoire des Femmes en Occident. Un travail colossal !


    • LE CHAT LE CHAT 11 juin 2010 11:05

      article passionant ! les révolutions engendrent toujours des excès , Marat par les siens devait s’attendre à un retour de balancier...........


      • Bill Grodé 11 juin 2010 11:23

        Excellent article .
        Il y a bien longtemps que je n"avais pa lu avec une telle intensité un article d’Avox.
        Merci. Et vous pouvez nous en resservir d’autres du même tonneau...


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 juin 2010 11:45

          Fantastique en effet cet article .

          Un grand bravo à l’ auteur pour l’ exposition de cette période de l’ histoire de la France .

          Charlotte Corday femme au cran extraordinaire . Au-delà de ce brillant exposé on pourrait commencer bien plus en arrière car les tenants et aboutissants de la Révolution sont sûrement à considérer depuis plusieurs siècles avant ce bain tragique .

          Marat dans sa destinée a été victime de sa propre violence .

          Un psychodrame à l’ échelle d’ un pays .

          Fascinant .


          • Radis Call 11 juin 2010 12:04

            Article très bien fait...

            Je pense que c’est V. Hugo qui disait qu’on se débarrasse des Marat en s’attaquant , en supprimant la misère ...


            • non666 non666 11 juin 2010 12:27

              En fait, la thèse defendue est celle d’un crime preventif pour empecher la revolution d’aller plus avant dans la Terreur .
              Ensuite dans son procès , elle devient « feministe » parceque ces salauds de mecs essaient de la sauver en lui faisant attaibuer le role de simple executante des intentions d’une factions sur une autre..

              Bon OK.

              Les femmes auraient donc une ame et une pensée autonome ?
              Ce serait donc des etres dotés de raison ?
              Je vous presenterez bien ma femme pour tuer cette thèse, mais j’admet qu’il peut exister certains specimens de venusiennes ressemblant aux martiens !


              • armand armand 11 juin 2010 14:01

                Honneur à Charlotte Corday qui a frappé l’immonde monstre qui incarnait, mieux que quiconque, l’horreur de la Révolution.
                Par ces temps de folklorisation des tueries passées, où un auteur reconnu, Pierre Michon, peut encenser, en les « comprenant, les excusant, les admirant » les proto-nazis du Comité de Salut Public, il est bon de rappeler que le régime républicain a été le précurseur des tyrannies totalitaires du XXe siècle - arrestations sans fondement, suspicion, massacres, sadisme, dénonciations, génocides d’une province ou d’un ordre social entier, proclamé collectivement coupable.

                Comme Jeanne d’Arc, Charlotte Corday est l’incarnation de ce que la Femme française, aux côtés de son esprit, de son élégance, de sa beauté, peut offrir de plus sublime à l’humanité.


                • armand armand 11 juin 2010 14:04

                  D’ailleurs.... pour démontrer si besoin était la collusion culturelle entre la Gueuse actuelle et son aïeule sanguinolente, où trouve-t-on une plaque de rue au nom de Charlotte Corday ?
                  Alors que des municipalités rouges, forcées de dépaptiser les Lénine, conservent des artères au nom de Robespierre et des autres membres de sa bande de psychopathes (mention spéciale à la banlieue de La Rochelle, où tout le Comité de Salut public, y compris ceux qui se sont enfuis aux Amériques, est à l’honneur).


                  • LE CHAT LE CHAT 11 juin 2010 14:36

                    @armand

                    oui des types comme Marat ou l’immonde Carrier  et ses colonnes infernales sont des hontes nationales !


                  • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 18:58

                    Je soulignerais juste que le personnage de Robespierre est sujet à polémiques parmi le milieu des historiens smiley Sanguinaire ou pas, les avis sont partagés...

                    De toute façon, une telle révolution, mettant fin à plusieurs siècles d’un ordre social solidement établi, ne pouvait que se dérouler dans la violence et... l’injustice malheureusement...

                    Je rajouterais que niveau droits de l’Homme, les femmes ont été les grandes oubliées de cette Révolution.


                  • Internaute Internaute 11 juin 2010 20:56

                    Auntant votre article est bien monté, autant ce commentaire est faux. L’Angleterre a su passer en douceur de la monarchie à la démocratie. La révolution n’était pas utile, les moeurs ayant déjà évolué depuis Louis 15. Les autres démocraties européennes n’ont pas eu besoin de supporter cette terreur révolutionnaire. Rappelons que Marat, dans l’Ami du peuple, réclamait que l’on guillotine les ennemis de la révolution, c’est à dire n’importe qui dénoncé par un excité analphabète. La Révolution française est le creuset de la révolution de 1917. L’excellent Stephane Zweig, dans sa biographie de Fouché montre que les idées de Fouché décrites dans les « Instructions de Lyon » sont les bases de l’idéologie communiste qui ont conduit à la destruction de la Russie et aux millions de morts dans les goulags.

                    Heureusement que Napoléon est arrivé pour mettre fin à la Révolution et rassembler les français. Il est indécent que des gens comme Jacques Chirac ou Sarkozy se réclament des « valeurs » de la Révolution. La seule valeur de la Révolution est la guillotine.

                    Dans l’article, vous appelez « peuple » les hordes parisiennes des bas quartiers, ce qui est exagéré.


                  • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 21:17

                    Merci pour votre commentaire pertinent smiley

                    Par contre, là où je ne suis pas d’accord, c’est lorsque vous dites que la Révolution n’a comme unique valeur que la guillotine. A ses débuts, ce n’est pas le cas. Au départ, la Révolution se passe relativement (j’ai bien dit relativement) dans le « calme ». La déclaration des droits de l’Homme sont une immense avancée ; par ailleurs on veut justement choisir le modèle anglais de la monarchie parlementaire, on veut garder le Roi et il n’est pas question de République. C’est justement quand on va vouloir mettre en place cette dernière (dès 1792 si je ne me trompe pas), en l’imposant au final, que la Terreur va faire son apparition, et là les violences extrêmes qui vont aller avec.


                  • ZEN ZEN 11 juin 2010 14:06

                    il est bon de rappeler que le régime républicain a été le précurseur des tyrannies totalitaires du XXe siècle

                    Sans défendre Marat, difficile de faire mieux dans le raccourci, l’amalgame et la confusion historique


                    • armand armand 11 juin 2010 14:08

                      Zen :

                      Alors démontrez-moi le contraire. Le mode de fonctionnement du CSP est à s’y méprendre celui d’un Hitler ou d’un Staline. Et au nom des mêmes principes...


                      • ZEN ZEN 11 juin 2010 14:23

                        Les CSP n’est pas Le régime républicain...


                      • armand armand 11 juin 2010 14:24

                        Zen,

                        OK - là je vous suis. MAis à la différence de Jaurès, je ne pense pas que la Révolution soit à prendre « en bloc ».


                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 juin 2010 14:12

                        Il est en effet très juste que Marat soit victime de sa haine .

                        Et très injuste que les rues Charlotte Corday soient inexistantes .

                        Et très étonnant que les grandes gueules éperdues de haine comme Pyralène Morice Le Gus et Cie soient absentes ici .....


                        • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 juin 2010 14:20

                          Et que tous ceux qui pensent construire une civilisation en commençant par raccourcir leurs semblables soient les spermatozoïdes perdus dans les eaux troubles des égouts de l humanité .

                          Monozigotos .


                          • armand armand 11 juin 2010 14:23

                            Dans une ville où une plaque indique le séjour du moindre scribouillard oublié, on pourrait signaler aussi, au 177 de la galerie de Valois, l’emplacement de la coutellerie Badin où Charlotte acheta son couteau vengeur. Je sais, il a dû être englobé dans un ensemble de « showhouses » de design nippon.
                            Comme mon parcours en vélo quasi quotidien me fait longer l’emplacement de l’ancien palais des Tuileries au milieu des foules touristiques, j’ai remarqué aussi qu’aucune plaque ne signale qu’en ce lieu, désormais jonché de papiers gras, battait le coeur du gouvernement français pendant près d’un siècle.
                            Et je ne parle même pas de la fin de non-recevoir qu’on oppose régulièrement à ceux qui aimeraient commémorer par une plaque la résistance des Suisses et de nombreux gentilhommes français face à la meute avinée d’août 1792.

                            Londres valorise infiniment mieux son histoire...


                            • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 juin 2010 14:31

                              Penser qu’ il existe des villes avec des rues Georges Marchais ...... smiley


                              • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 17:00

                                Je n’ai malheureusement que ma bonne foi pour vous dire que non, cet article est écrit de mes propres mains... Vérifiez au préalable le texte auquel vous faites référence avant de condamner les écrits de quelqu’un s’il vous plaît...

                                Merci,

                                Bien à vous.


                              • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 17:17

                                Extrait de la charte de Agoravox. Merci d’en prendre connaissance : "Les commentaires étant le prolongement de l’article, les règles en vigueur sur celui-ci s’y appliquent aussi : vérifiez la source des informations que vous postez afin d’éviter la désinformation et les rumeurs"

                                J’attends donc que vous prouviez vos dires. Merci. Et j’invite les autres lecteurs à vérifier eux-mêmes le texte de Monsieur Castelot, que je n’ai d’ailleurs pas lu...

                                Voilà, à bon entendeur.


                              • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 20:39

                                Vos menaces ne me font aucun effet.

                                C’est vous qui calomniez mon article sans apporter, je le répète, la preuve de ce que vous avancez.

                                Vous pouvez être le Président en personne, peu importe.


                              • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 juin 2010 20:40

                                Vlane , non pas faire des suppositions , lancer une rumeur , amenez la preuve de vos dires .

                                C ’est pas plus dur que ça .

                                Nous on s’ en fout de vos capacités à mémoriser . Des preuves c ’est tout .


                              • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 20:48

                                Merci.

                                D’autant plus que le monsieur en question s’énerve, preuve qu’il ne doit pas être aussi sûr de ce qu’il avance.

                                Moi je n’ai rien à me reprocher. Alors cherchez-les vos preuves, regardez le texte de André Castelot., et on en reparle.


                              • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 juin 2010 20:51

                                Le plus facile et dégueulasse est en effet de venir raconter des craques sans preuves .

                                De rien .


                              • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 11 juin 2010 21:03

                                Capitaine, tant que Vlane ne peut prouver ses dires, comme au tribunal qu’il convoque, qu’il se taise et ne gâche ce bel hommage.

                                Charlotte smiley


                              • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 juin 2010 21:09

                                Exact Pistoléros  smiley)

                                Il y a des pollueurs venant salir un si beau billet .

                                Des ânes bâtés .


                              • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 11 juin 2010 21:23

                                Une injustice envers les ânes smiley


                              • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 11 juin 2010 21:36

                                En tant que lectrice, Vlane, et bien que vous ayez opté pour une formule impersonnelle et laconique, je trouve appréciables vos excuses.
                                Mais en appeler à Fred comme s’il était omniscient, c’est l’expression d’un désespoir ?
                                Allez, votre mémoire peut vous trahir, reconnaissez-le. L’histoire de Charlotte Corday n’appartient qu’à elle seule.


                              • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 21:38

                                J’espère sincèrement qu’un internaute honnête (mais encore, qu’est-ce qui prouvera qu’il l’est ?) pourra dire, s’il a ce livre, que je n’ai rien copié.

                                J’ai un blog sur lequel je travaille dur, dès que je cite un article ou une partie d’ouvrage qui n’est pas de moi, je le fais savoir : j’écris le nom de l’auteur, les références de son travail...

                                Maintenant, en gros, c’est votre parole contre la mienne... Sauf que vous, vous accusez, certain d’avoir raison, sans avoir le livre sous les yeux, ne vous basant que sur vos « souvenirs » de lecture. Qu’ils puissent être biaisés, cela ne vous a même pas traversé l’esprit...

                                A partir de maintenant, je préfère ignorer vos messages, je me suis assez justifiée.


                              • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 22:12

                                Je suis heureuse de vos excuses, et les accepte volontiers.

                                Pour le livre, oui, j’espère aussi que quelqu’un pourra enfin comparer le texte de André Castelot et le mien, et dire ainsi que je n’ai pas fait de « copier/coller ». Que j’ai retracé les mêmes faits historiques que lui, c’est indubitable puisque l’Histoire reste de l’Histoire. Je ne vais pas changer les événements ni leur date...

                                Quant à la qualité de mon écriture, c’est à chacun d’en juger...


                              • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 12 juin 2010 09:31

                                Pour mettre enfin un terme à cette polémique, mes sources :

                                Guillaume Mazeau, Le Bain de l’Histoire. Charlotte Corday et l’attentat contre Marat (1793-2009), Champ Vallon, 2009.

                                Thèse de doctorat de Guillaume Mazeau - Charlotte Corday et l’attentat contre Marat : événements, individus et écriture de l’histoire (1793-2007)

                                Mémoires de Charlotte Corday - Catherine Decours, Plon, 2009 (oeuvre de fiction mais qui suit scrupuleusement les faits historiques)

                                Voilà. Bonne journée.


                              • marie 11 juin 2010 15:29

                                Armand écrit : ...
                                une plaque indique le séjour du moindre scribouillard oublié, on pourrait signaler aussi, au 177 de la galerie de Valois, l’emplacement de la coutellerie Badin où Charlotte acheta son couteau vengeur. Je sais, il a dû être englobé dans un ensemble de « showhouses » de design nippon.
                                Comme mon parcours en vélo quasi quotidien me fait longer l’emplacement de l’ancien palais des Tuileries au milieu des foules touristiques, j’ai remarqué aussi qu’aucune plaque ne signale qu’en ce lieu, désormais jonché de papiers gras, battait le coeur du ...

                                la france oublie son histoire et ses écrivains avez-vous entendu parler de l’auteur de « la guerre des boutons » : , Louis Pergaud, en outre prix Nobel 1910 pour « de goupil à margot ».

                                Et Jules renard mort en 1910 ?

                                il n’y en a que pour Maupassant !

                                voilà 2 noms engloutis par le temps alors qu’ils ont écrit des chefs d’oeuvre !


                                • zelectron zelectron 11 juin 2010 16:44

                                  "Charlotte, ne sachant où aller, se rend alors, ou plutôt s’invite, chez sa tante Madame de Bretteville, qu’elle connaît pourtant peu, et qui réside à Caen, rue des Carmes. Cette rue est l’une des parties de la ville où la violence est la plus manifeste. Des crimes atroces y sont commis au nom de la Révolution, événements que l’on connaît sous le nom de Terreur, qui prend naissance dès le 10 août 1792, avec la chute de la royauté", sans oublier les viols qui sont légions et que personne ne transcrit ici, encore moins en ce qui concerne Charlotte...


                                  • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 17:09

                                    Charlotte Corday aurait-elle été violée ? Je ne crois pas, car d’après mes sources, une autopsie a été réalisée après sa mort, et a révélé qu’elle était vierge...

                                    Par contre, je vous rejoins totalement en ce qui concerne les viols d’une manière générale...


                                  • zelectron zelectron 11 juin 2010 22:31

                                    le ou les medecins qui ont pratiqué l’autopsie avaient peut-être un fusil dans le dos et un poignard sur la gorge, les instigateurs de la terreur n’avaient peut-être pas envie que leurs turpitudes éclatent au grand jour ?


                                  • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 22:37

                                    Je pense au contraire qu’ils auraient voulu que Charlotte Corday ne soit plus vierge. Car l’accusateur public Fouquier-Thinville, entre autres, l’a accusée lors de son procès d’avoir agi par passion amoureuse et non par opinion politique personnelle (une femme qui agit politiquement à l’époque, quel toupet !). Le fait qu’elle ne soit plus vierge aurait apporté la preuve de leur théorie.

                                    Mais on peut avoir plusieurs visions sur le sujet, en effet smiley


                                  • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 11 juin 2010 20:59

                                    Merci pour ce beau récit, j’ai eu grand plaisir à le lire.

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