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Michel Serres, Le Parasite

Michel Serres, Le Parasite

Michel Serres, Le Parasite, Hachette Littératures (Pluriel), 1980

L'auteur :

Né le 1er septembre 1930 à Agen, Michel Serres entre à l’École navale en 1949 et à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1952. Il obtient l'agrégation de philosophie en 1955. De 1956 à 1958, il sert comme officier de marine sur divers vaisseaux de la Marine nationale : escadre de l’Atlantique, réouverture du canal de Suez, Algérie, escadre de la Méditerranée. En 1968, il obtient un doctorat ès-lettres. Membre de l’Académie française, professeur à Stanford University, Michel Serres est l’auteur de nombreux essais philosophiques et d’histoire des sciences, dont la série des Hermès (Editions de Minuit), Les Cinq Sens (Grasset), Le Contrat naturel et Le Tiers-Instruit (François Bourin), Le Grand Récit(Hominescence, L’IncandescentRameaux et Récits d’humanisme), Petites Chroniques du dimanche soir 1, 2 et 3, L’Art des PontsLe Mal propre ou La Guerre mondiale (Le Pommier). 

"Le parasite est un tournant" : 

"Quand je vous dis que Le Parasite est un tournant, c'est que le parasite était un concept qui n'avait jamais été amené comme ça, à la dignité de la philosophie, et dans ce livre j'essaie de montrer que l'échange, dont on dit partout qu'il caractérise la société, n'est pas fondamental dans la société. C'est-à-dire que l'un aide l'autre et que l'autre est le parasite. L'un donne tout et ne prend rien et l'autre prend tout et ne donne rien."

"Un philosophe, on tend à penser maintenant que c'est un commentateur. Deleuze avait cette espèce de réaction de dire : « Non, non, c'est quelqu'un qui invente des concepts ou des personnages philosophiques. » Je me rappelle que, quand j'avais lu ça relativement récemment, j'avais été vraiment tout à fait ravi, à part que je vous dis que mon virage c'est Le Parasite, je n'ai fait que cela depuis. C'est-à-dire que le « parasite », c'est à la fois un concept, une manière de fonctionner logiquement pour comprendre les choses, et puis c'est un personnage philosophique. Le « tiers-instruit », c'est un personnage, Le "Contrat naturel", c'est un concept qui n'avait pas été traité jusqu'à maintenant. Donc, d'une certaine manière mon travail est fidèle à la définition que donne Deleuze. Sur cette question-là, je suis entièrement d'accord avec lui, non seulement au point de vue théorique, mais en pratique. J'ai mis en pratique ceci." (Michel Serres à Luc Abraham)

Quatrième de couverture : 

"Qui mange à table d'hôte, invité gourmand, parfois beau causeur, est dit parasite. La bête petite qui vit de son hôte, qui change son état courant et le met en risque de mort, est dite, encore, parasite. Le bruit qui interrompt sans cesse nos dialogues ou intercepte nos messages, voici toujours le parasite. Pourquoi nommer d'un même mot un homme, une bête et une onde ?

Voici un livre d'images, d'abord, comme réponse à la question, une galerie de portraits. Il faudra un peu deviner qui se dissimule sous les plumes et sous les poils, et sous l'accoutrement du fabuleux. Des animaux, grands et petits, mangent ensemble, leur festin est interrompu. Comment ? Par qui ? Pourquoi ?

Sortent les animaux, les repas continuent. Nous mangerons avec Jean-Jacques, avec Tartuffe, avec Socrate, avec les frères de Joseph...

Le parasite prend et ne donne rien : des mots, des bruits, du vent. L'hôte donne et ne reçoit rien. Voici la flèche simple, irréversible, sans retour, elle vole entre nous, c'est l'atome de la relation, et c'est l'angle du changement. Abus avant l'usage et vol avant l'échange. On peut construire, à partir d'elle, ou repenser au moins, techniques et travaux, économie et société." (Michel Serres)

Extrait de la préface de Michel Serres à l'édition de Poche :

Construction de l'échange 

S'imposant à un riche naïf, Tartuffe, l'imposteur, se régale à sa table, fait la cour à sa femme, tente d'épouser sa fille et de capter son héritage. Que lui rend-il en échange ? Rien, sinon des singeries. La Fontaine invité chez Foucquet, Jean-Jacques couchant chez sa bonne amie... ne leur ont jamais remboursé le pain ni le toit autrement qu'en paroles. Pis, pour ces deux derniers exemples notables où fables et discours immortaliisèrent le mécène, combien d'écrivaillons écorniflèrent leurs donateurs ? Pique-assistte : voilà comment Diderot nomme le neveu de Rameau.

Nous appelons les partenaires de cette relation abusive hôte et parasite, ce dernier mot désignant le convivre qui mange à côté de celui qui l'invite. L'un prend tout et ne rend rien pendant que l'autre donne tout et ne reçoit rien. Certes, le premier vole ; le second donne-t-il vraiment ? Et que donnent ou volent-ils tous les deux ? Comme en un sens unique et, à l'inverse, interdit, le canal qui les réunit et ce qu'il transporte vont toujours de l'un à l'autre, sans aucun retour.

Chacun a rencontré de telles iniquités - ressenties comme telles parce qu'elles peuvent devenir mortelles pour un hôte grugé à l'excès - bien plus souvent que les relations d'échange équilibré. Un comptage vague m'assura même naguère que, dans les cultures que je connais, les textes sur le parasite occupent beaucoup plus de pages que les descriptions d'échange.

L'analyse de cette relation, si simple qu'elle peut passer pour la plus simple, dépasse le cadre des sciences humaines : la biologie la connaît aussi. Faune et flore la font voir : bactéries, insectes et arthropodes, ainsi que le gui et certains champignons, pour la version botanique. Le vivant, parfois, hante un autre vivant et puise sa substance, nourriture et chauffage, dans l'organisme de son hôte qui, alors, lui donne de lui, parfois jusqu'à la mort. Le parasite, là, précède le commensal qui apporte à l'autre un avantage en retour : symbiose échangiste déjà plus complexe.

Alimentés de son sang, n'avons-nous pas, d'abord, habité ainsi le sein de notre mère ? Notre naissance se réduirait-elle à l'expulsion d'un organisme étranger que l'hôtesse, après le temps du don, ne peut plus porter ? C'est à nos enfants, plutôt, que nous rendons ce que nous avons reçu de nos parents : hôtes des premiers, parasites des seconds. Le premier élevage, le sevrage, le départ de la maison... bref, notre éducation ne consistent-ils point à faire de nous un acteur de l'échange en nous détachant, peu à peu, de nos moeurs primordiales de parasites ? Combien se révèle fragile cet édifice pédagogique et sociétaire, nous le voyons assez, puisqu'à la moindre occasion, beaucoup se réfugient dans des conduites de dépendance, comme vers l'équilibre fondamental.

Au-delà des sciences humaines et de la biologie, les sciences physiques connaissent encore cette relation. Nos langues latines appellent, en effet, parasite le bruit constant qui circule dans les canaux de communication : pas de passage sans cette obstacle, ni langage sans chicane où se risque le sens, pas de dessin sans tremblé, de dialogue sans malentendu, de canaux sans grésillements accidentels ni de nature, en somme, sans bruit de fond.

Le parasite précède toute relation de dire et de don..." (p.9-11)

Mon avis sur le livre : 

Selon Gilles Deleuze - qui a lui aussi parlé d'un animal parasite dans son abécédaire : le tique - il y a deux sortes de philosophes : ceux qui enseignent des doctrines et ceux qui inventent des concepts, les commentateurs et les inventeurs : Platon et les "Idées", Aristote et l'hylémorphisme, les Epicuriens et l'ataraxie, Descartes et le "cogito", Kant et les "noumènes", Nietzsche et le "gai savoir"... Michel Serres, sont des "inventeurs".

Deleuze ajoutait, relève Michel Serres lui-même, qu'un philosophe créateur n'invente pas seulement des concepts abstraits, mais aussi des "personnages", des "concepts-personnages", des êtres vivants, en chair et en os, pas des ectoplasmes, en redonnant vie à une vieille notion rhétorique délaissée au profit de la métaphore, mais qui a pourtant joué un rôle puissant dans la pensée collective, notamment en politique ("Gavroche", "la liberté guidant le monde") : l'allégorie. 

Si, à en croire Jacques Lacan, la métaphore est la figure du désir et la métonymie celle du manque, l'allégorie pourrait bien être la figure oubliée de la création.

Le "parasite" est un concept, on peut le définir, comme le fait le Larousse : 

  • Organisme animal ou végétal qui se nourrit strictement aux dépens d'un organisme hôte d'une espèce différente, de façon permanente ou pendant une phase de son cycle vital.
  • Personne qui vit dans l'oisiveté, aux dépens d'autrui ou de la société.
  • Dans l'Antiquité, individu qui était admis à la table d'un riche, en échange de sa clientèle ou de ses mots d'esprit.
  • Perturbation ou bruit électromagnétique qui trouble le fonctionnement d'un appareil ou superpose un bruit à un signal utile.

On peut aussi, comme le fait Michel Serres, le doter d'une dignité philosophique, l'incarner dans des personnages et lui faire jouer le rôle de paradygme explicatif comme on introduit une clé dans une serrure pour ouvrir une porte : le Tartuffe, la cigale, le rat des villes, le rat des champs, La Fontaine lui-même, parasite de Fouquet, Jean-Jacques Rousseau, parasite de Madame de Warens, le neveu de Rameau, le bébé, parasite de sa mère, pendant toute la durée de sa gestation...

La notion de "parasite" n'est évidemment pas une invention de Michel Serres, mais l'idée de construire un concept philosophique à partir d'une notion sociologique, biologique ou acoustique est un pied de nez au "sérieux" universitaire qui entendait privilégier, depuis Marcel Mauss, la notion de "don" considérée comme primordiale.

Michel Serres montre au contraire que des individus ou des groupes minoritaires considérés comme des "parasites" peuvent jouer un rôle essentiel dans la vie publique en créant de la diversité et de la complexité.

Cependant, pour paraphraser L'Ecclésiaste, il y a un temps pour recevoir et un temps pour donner, ceux qui sont en position de donner (les "riches") ne doivent pas se comporter en parasites, ni les parasites rester des parasites s'ils sont en capacité de donner.

Ce n'est pas une question de morale, mais de justice et d'équilibre. Le parasitisme des prétendues "élites" politico-financières engendre le ressentiment et la colères légitimes de ceux qui n'ont rien contre ceux qui ont tout, comme on le voit en ce moment avec la révolte des "Gilets jaunes".

En introduisant le parasite, en montrant que la notion de parasitisme est plus importante que celle de don, Michel Serres ne se comporte-t-il pas lui aussi en "parasite" des pratiques universitaires, au sens acoustique du terme : "perturbation qui trouble le fonctionnement d'un appareil" ?

Le Parasite, aux dires mêmes de l'auteur constitue un "tournant" dans son oeuvre : Michel Serres y fait ses adieux à une certaine façon de philosopher et rompt avec le langage universitaire pour s'adresser désormais à un public beaucoup plus large et traiter de sujets autrement plus actuels comme le numérique ou plus urgents que la notion d'ataraxie chez Epicure, l'écologie par exemple. Bref, de penser notre époque.

... Et des concepts, Michel Serres en inventera désormais bien d'autres : "le Grand Récit", "Le Tiers-instruit", "le contrat naturel", "la pantopie"...

Le chapitre sur Rousseau dans lequel Michel Serres montre que la "volonté générale" dans le Contrat social est inséparable de la prétendue "paranoïa" des Confessions, articulant le concept de "parasite" à celui de "bouc émissaire, la "volonté générale", fondatrice du contrat social se faisant nécessairement contre quelqu'un (tous unis car tous contre un)témoigne de l'audacieuse fécondité des rapprochements inattendus qui est, comme chacun sait, la marque de fabrique de l'auteur.

 


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12 réactions à cet article    


  •  C BARRATIER C BARRATIER 5 janvier 20:11

    Je suis déçu. Il existe un plaisir de donner sans recevoir dans un échange immédiat.

    Je reste un admirateur de Michel SERRES, et il est l’un des rares auteurs à qui j’ai fait une place dans mon site, j’ai reçu de lui, et ainsii je lui ai un peu donné, mais il ne l’a jamais su, ce n’était pas mon but, je n’avais pas le sentiment de donner mais d’étayer mes propres certitudes.

    En table alphabétique des news :

    Michel SERRES:science, civilisation, religions en bascule  http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=136

    • bcallens 6 janvier 09:03

      Votre titre laisse penser, à sa lecture, que Michel Serres est un parasite (alors que c’est le titre de son ouvrage) ...Un peu malheureux non ?


      • Robin Guilloux Robin Guilloux 7 janvier 13:22

        @bcallens

        Tout dépend dans quel sens on prend le mot « parasite ». Vous avez raison si l’on prend le mot parasite au sens d’une personne qui vit dans l’oisiveté au dépens des autres, mais il y aussi le sens acoustique : 

        « En introduisant le parasite, en montrant que la notion de parasitisme est plus importante que celle de don, Michel Serres ne se comporte-t-il pas lui aussi en »parasite« des pratiques universitaires, au sens acoustique du terme : »perturbation qui trouble le fonctionnement d’un appareil" ?


      • Emin Bernar Emin Bernar 6 janvier 12:00

        J’avais entendu Michel Serres lors d’un congrès évoquer la notion biologique du parasite ; j’ai été ému, à titre personnel consolé en quelque sorte , par sa plaidoirie pour les parasites !


        • Emin Bernar Emin Bernar 6 janvier 12:04

          ... au plan de l’économie le concept du parasite versus l’échange est effectivement intéressant, révolutionnaire !


          • velosolex velosolex 7 janvier 10:19

            Michel Serres a donné une conférence sur une de ces paquebots, https://bit.ly/2LVyAZV qui sillonne la Méditerranée. Pas le seul à se faire une petite galette avec ce genre de pratique, devant un parterre de happy few et de vieux gâteux friqués, méditant sur le devenir du monde en polluant la planète sur un des ces monstres polluant comme 10 000 bagnoles, démolissant des ports comme Venise. 

            Qui est le parasite sur cette planète ? L’homme, indubitablement. Mais pas tous au même niveau. A l’époque de Rousseau, les parasites appartenant à l’aristocratie ne pesaient au moins pas sur le climat. Qu’est ce sa petite poussette, cette gamine au pouce hypertrophié par la pratique du numérique devant laquelle il s’extasie, penserait de tout cela, dites le moi ?. 


            • baldis30 7 janvier 10:49

              Bonjour à tous,

               Michel SERRES ?

              je viens de lire son entretien sur le site de La Dépêche ( journal de Toulouse ) et j’ai relevé ceci, quasiment en fin d’article :

              «  Les événements ont toujours été imprévus »

               laissez-moi rigoler... jaune ... c’est à la mode ... ( comme le bœuf ..belle cuisine )

              Ah Ah Ah ... un certain auteur mondialement célèbre citant une personnalité au moins nationalement connu , résidante à Toulouse ou dans les environs écrivit :

               « Les événements on les commande, pensait Rivière, et ils obéissent. »

               Entre un auteur qui nous fait encore rêver et un philosophe qui prévoir le futur après que celui-ci se soit déroulé il n’y a pas photo ... Le philosophe n’a rien vu , rien senti, ...  sans avoir fait l’ENA(*) mais il aurait pu réfléchir à cette phrase d’un homme qui lui fit la guerre en laissant la peau : 

               « Ô combien de Mozart assassinés  » ( Terre des hommes )

              en pensant à tous ceux qu’on assassine encore en France parce qu’ils ne sont pas encore assez esclaves, en les privant d’accès à l’enseignement ... le philosophe que fait-il ?

               Cette dernière citation je la renvoie en pleine face du ministre de l’éducation nationale ... et à tous ceux qui l’ont précédé  !

               (*) ce qui aggrave son cas !


              • Eric F Eric F 7 janvier 10:55

                Michel Serres est fascinant à écouter, mais je n’ai pas réussi à accrocher lorsque j’ai tenté de le lire. Concernant le concept de parasite, selon le contenu de l’article, il semble que ce soit un paradoxe à têtes multiples dont on peut retenir un aspect ou son contraire.


                • velosolex velosolex 7 janvier 11:47

                  Quand au gilet jaune, dont Serres semble tout à coup découvrir la couleur, on ne peut pas dire que ce penseur adulé des médias, car consensuel, ait anticipé le mouvement. Moqué, ringardisé, transformé en ’ beauf« en »bidochon« , accessoirement invité au repas de con, qui est à l’opposé du diner du siècle, la victime a été transformé par le libéralisme en »parasite", coupable de n’avoir pas su s’adapter, dans ce monde où les prédateurs sont adulés, dans une belle inversion sémantique des rôles .

                  Je n’ai pas lu ce bouquin, je ne lirai sûrement pas, tant il y en a certainement de bien plus important. Michel Serres m’a toujours un peu irrité, héritier de cette pensée consensuelle propre à endormir en racontant les histoires e l’oncle Paul, et trouvant des justificatifs aux pires pratiques, sous prétexte de modernité, comme son éloge de la petite Poucette. Mettre tout sur un même plan, comme le nourrisson qui serait parasite de sa mère, aux dépendances des arrivistes me semble occulter le vrai scandale : La spoliation monstrueuse des énergies par une frange de plus en plus minoritaire de ceux qui détiennent les clés de la puissance, mettant en jeu l’existence de tous sur la planète. Mais pour cela il faut se cogner aux intérêts des puissants, et faire des conférence ailleurs que sur les paquebots. 


                  • Robin Guilloux Robin Guilloux 7 janvier 12:56

                    @velosolex

                    J’ai essayé de rendre compte du livre de Michel Serres aussi fidèlement que possible, mais je reste, moi aussi, sur ma faim.

                    Je me demande ce que Michel Serres pense(rait) du mouvement des Gilets jaunes et s’il accepterait que l’on applique son concept de « parasite » à la sphère politico-financière, ce que je ferai, en ce qui me concerne, sans hésiter.

                    Rien n’indique qu’il l’aurait admis, car il faut avouer que sa pensée est très peu politique et donc peu « inquiétante ». Le rat des villes parasite certes le fermier général, mais le fermier général est un parasite autrement plus opulent et plus puissant.

                    Serres les met sur le même plan et reste donc en-deçà de la Fontaine. « Parasite », un concept effectivement passe-partout qui s’applique à tout et à n’importe quoi. Car enfin, il y a de bons parasites (les bactéries) et de mauvais (le virus HIV). Idem dans la vie sociale.

                    Les artistes et les intellectuels(pas tous) sont sans doute de bons « parasites » (mais au dépens (ou au profit) de qui et de quoi ? Mais que dire des banquiers et de ceux qui marchent pour eux ? Les chômeurs sont-ils des parasites ? 

                    J’ai fait mes études à la Sorbonne dans les années 80 et je me souviens que Serres passait pour quelqu’un de pas très sérieux qui faisait des rapprochements abusifs,par exemple entre la notion de « microtatos » et le calcul infinitésimal de Leibniz.

                    Manque de chance, « microtatos » ne signifie pas « infiniment petit » en grec, mais très petit (souvenir de Marcel Conche). les Grecs n’aimaient pas la notion d’infini (apeiron). 

                    J’ai un peu enrichi cet article sur mon site en fonction de vos remarques et de celles des autres contributeurs : http://lechatsurmonepaule.over-blog.fr/2019/01/michel-serres-le-parasite.html 


                  • velosolex velosolex 7 janvier 15:45

                    @Robin Guilloux
                    Très bonne réflexion qui aurait en effet bien enrichi votre article. Je vais regarder votre blog. Ce concept de parasite me semble en effet un bon fourre tout, à géométrie variable. Entre prédateur, saprophyte, nuisible vrai ou baptisé comme tel pour mieux liquider celui qui dérange, sans compter les révoltés et les déviants, émergent pour moi deux figures bien connus de la politique et du banditisme : L’escroc, et le démagogue, marchant souvent de pair, et dont Cahuzac offre un parfait exemple, mais il y en a tant d’autres. Le pouvoir alors catalyse la prédation de ces personnalités, en raison de leur position et de leur influence. N’arrive t’on pas là aux sophistes qui condamnèrent Socrate ? ( Cette pensée Grecque allie art du conte et philosophie existentielle, dans un imaginaire divin, et me semble repeindre de neuf en bleu et blanc la vie chaque jour) .Le parasitisme proclamé comme boucs émissaires nous amène aux franges de l’abject, avec la politique nazie, et ses sous hommes, à laquelle se ralliera bien des intellectuels et même des docteurs en philosophie. Un domaine qui m’intéresse en dépit de mes pauvres écoles, mais néanmoins je tâche de rester curieux de tout, et de garder l’esprit critique, une forme de gymnastique saine tant qu’elle ne se transforme pas en arthrose. Néanmoins une certaine volonté de rester coller à tout prix à l’air du temps, me semble tout aussi critique, comme celle qui incita Serres à écrire son opus en forme d’ode à l’informatique, ses réponses immédiates et ses gadgets, dans son éloge de la petite Poucette. Je ne l’ai pas lu, non plus, mais j’ai entendu son auteur à la radio, et cela m’a suffit pour me laisser ébahi. D’autres que lui auraient subi des critiques faciles et virulentes. La posture sociale vous garde les portes ouvertes, et vous évite bien des sifflets. 


                  • Robin Guilloux Robin Guilloux 7 janvier 17:13

                    @velosolex

                    J’ai écrit une réponse de la Petite Poucette à Michel Serres :

                    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/reponse-de-petite-poucette-a-139038

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