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L’heureux tour

Farceur ou Flamby ?

JPEG La piste aux étoiles ...

Nous sommes au temps des magiciens, des bateleurs de foire, des vendeurs d'illusions. À ce jeu des faux-semblants, c'est le plus filou, le moins sincère qui sortira du chapeau, certainement pas sous la forme d'une blanche colombe : il traîne derrière lui bien trop de boulets et de casseroles, mais sous le blason du sauveur et du guerrier sans morale ni scrupules.

Qu'importe le discours, il n'est ici que décor accessoire, emballage superfétatoire. Ce sont les seules grimaces de l'artiste qui attirent les projecteurs et les foules sous le charme. D'un coup de baguette maléfique, il a changé sa ligne directrice, son bréviaire idéologique. Nous devons le croire sur parole, tout en sachant qu'il n'en a jamais eu aucune.

Les naïfs applaudissent, les requins se pressent derrière celui à qui ils avaient tourné le dos, après une dernière tournée calamiteuse. Mais, dans le monde du cirque, seule la tête d'affiche fait recette. Alors, comme il n'y a pas mieux que ce petit clown grimacier, au gros nez rouge qui ne cesse de s'allonger, ils se pressent derrière lui pour être du prochain numéro.

Il faut reconnaître que le pauvre Auguste qui a pris sa place ne fait plus rire personne. Il accumule les catastrophes, les erreurs et les maladresses. Il reçoit des seaux d'eau sur la piste et plus personne ne rit. Il se prend les pattes dans le tapis et c'est le chapiteau tout entier qui vacille. Il va bientôt avaler la sciure, mordre la poussière et déjà il est acquis qu'il faudra changer de monsieur loyal.

Curieusement, c'est le moins loyal de tous- et cette caractéristique relève du prodige, tant il y a concurrence en ce domaine- qui est présenté comme le prochain meneur de bal. Il revient à ses premières amours après avoir annoncé son désir d'abandonner le métier. La piste aux étoiles lui manquait tellement, qu'il n'a pu se supporter dans sa retraite dorée.

Sa charmante épouse, hélas sans voix, belle étoile filante de la scène, n'a pu lui faire entendre raison. Elle qui voulait s'approprier le premier rôle dans ce couple improbable, créé de toute pièce pour les besoin de l'affiche, devra se résoudre à le laisser filer sous les crépitements des flashes. Car, c'est à n'y rien comprendre, c'est ce gnome outrancier qui électrise le peuple …

La belle s'enfermera à nouveau dans son palais, méprisante et lointaine tandis que le clown monstrueux retrouvera la gloire et les chapiteaux du monde entier. L'histoire est écrite, le programme déjà bouclé. La prochaine tournée se fera avec notre prince des illusions aux commandes.

Le bon peuple a la mémoire courte. Oubliés les insultes et les cabrioles, les zones d'ombre et les soupçons ; il est si drôle quand il entre en scène, si certain de sa force et de ses saillies, qu'une fois encore, la majorité ébahie, va lui réserver un triomphe. La fanfare aura bien du mal à suivre le rythme effréné de la bête de concours ; il va tout atomiser pour balayer, en un tour de main, le passé.

Déjà les gradins bruissent des frémissements du prochain spectacle. Le nouveau clown blanc et rose n'en a pas encore fini de sa parenthèse désenchantée, que déjà chacun a, dans les yeux, les paillettes du prochain numéro, celui du retour de l'Auguste déjanté. Il faudra bien attendre quelques années avant que ne se fasse le changement espéré. Ce n'est pas grave ; chacun a tourné le dos à la piste et regarde maintenant ce qui va se tramer en coulisses.

C'est désormais là que se tiendra le spectacle. La longue et irrésistible ascension du prince des prestidigitateurs, du roi des acrobates et des contorsionnistes, du maître du mystère, du seigneur des fariboles, du dompteur des méchants, du redresseur des torts, du chef d'orchestre de la cacophonie, de l'ami des puissants.

Ne demandez pas le programme ; il n'est là que pour servir de prétexte, d'attrape-nigauds et de piège à crédules. Rien n'a changé, rien ne changera chez ce clown hideux et vaniteux. Derrière la façade, la même haine des pauvres, des humbles, des gens ordinaires. La scène de ses exploits n'est pas circonscrite à notre pauvre petit cirque national. C'est pour côtoyer les anges que ce mauvais diable enfonce la porte. Une fois en scène, il fera place nette. Il ne sera plus temps alors de vous plaindre, vous aurez été prévenus !

Circassiennement sien.


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11 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 22 septembre 2014 09:58


    Sarkozy : Hypocrite ou Incompétent ?...

    Tout un chacun sait pertinemment que, s’il revient en politique, c’est exclusivement pour tenter d’être élu président en 2017.

    Or, en 40 minutes, il n’a absolument rien dit de son programme présidentiel 2017 - 2022 ! ! !

    Lamentable...


    • C'est Nabum C’est Nabum 22 septembre 2014 14:47

      Jean-Pierre Llabrés


      Pourquoi donc me parlez-vous de Sarkozy ?

      Ce billet évoque les soubresauts d’un Cirque, pas d’une nation ! 

    • Gnostic GNOSTIC 22 septembre 2014 10:07


      Bonjour Nabum

      Beau jeu de mots pour le RETOUR de ZORRO euh non, Sarko

       

      En tous cas hier à la téloche, j’ai appris un nouveau mot : ANAPHORE

       

      D’après le dico : Reprise d’un mot dans une série de phrases successives comme dans MOI Président

       

      Il est vachement lettré notre SARKO  smiley

       

      Et puis on dira ce qu’on veut Mais ZORRO euh non SARKO est beaucoup plus télévisuel que HOLLANDOUILLE l’anaphorien

       

      * Pour cet article, on dira beaucoup plus clownesque, encore que ?

       smiley

       

      Fallait le voir hier à la téloche face au révérencieux DELACOUILLE il crevait l’écran

       

      Un cavalier, qui surgit hors de la nuit

      Court vers l’aventure au galop

      Son nom, il le signe à la pointe de l’épée

      D’un S qui veut dire Sarko

      Sarko, sarkoo

       

      MENTEUR rusé qui fait sa loi

      Sarko, sarkoo

      MENTEUR, tu l’es à chaque fois

      Sarko, sarkoo


      • C'est Nabum C’est Nabum 22 septembre 2014 14:48

        GNOSTIC


        L’anaphore fut la botte secrète de Hollante
        Passé ce miracle, il n’y eu plus rien
        C’est hélas ce qui autorise le retour du vilain petit canard

        Pauvre pays

      • diogène diogène 22 septembre 2014 10:28

        Merci Nabum, pour cette image juste des clowns.

        Ca m’a rappelé Giani Esposito :

        " Ma chè n’ha fatto de male
        sta povera creatura
        ma chb c’iavete da ridere
        et portaije iettatura ! 

        .../...

        Se voi non comprendete

        si vous ne comprenez pas

        almeno non ridete

        au moins ne riez pas ! "





        • C'est Nabum C’est Nabum 22 septembre 2014 14:49

          diogène


          Je ne sais si un jour, il nous fera rire, je suis certain qu’il nous fera tous pleurer

        • Alex Alex 22 septembre 2014 11:34

          Après le Retour du Jedi, on a droit au Retour du Samedi.


          • C'est Nabum C’est Nabum 22 septembre 2014 14:49

            Alex


            Facebok organe officiel de campagne
            Pauvre pays

          • C'est Nabum C’est Nabum 22 septembre 2014 14:51

            Hervépasgrav


            Le seul changement qui vaille c’est la mise à l’écart de tout le personnel politique de la cinquième, sans aucune exception

          • Vipère Vipère 22 septembre 2014 16:11


            Hi Nabum

            Par C’est Nabum (---.---.---.108) 22 septembre 14:51

            Hervépasgrav


            Le seul changement qui vaille c’est la mise à l’écart de tout le personnel politique de la cinquième, sans aucune exception


            xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxx

            Et on fait comment pour la mise à l’écart de tous ce petit monde ? avez-vous une botte secrète à nous révéler ou bien la solution est, ce que tous les sans dents se murmurent à l’oreille ? smiley 

            • C'est Nabum C’est Nabum 22 septembre 2014 18:39

              Vipère


              J’en aurai bien une
              Mais le dire ici n’est pas politiquement correct

              Je vais traduire ma pensée par cette formule
              Les laisser jouer avec le feu, le laisser embrasser tout le système et lorsque le feu aura tout brûlé, changer les règles du jeu.

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