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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Ivan Lendl, Andre Agassi, Andy Murray : le syndrome de la poule (...)

Ivan Lendl, Andre Agassi, Andy Murray : le syndrome de la poule mouillée

16 janvier 1981, New York City, Madison Square Garden. Dans le troisième match du groupe 2 de la Masters Cup de l’ATP, Jimmy Connors et Ivan Lendl s’affrontent pour la première place, celle qui fera affronter à son futur titulaire un certain épouvantail venu de Suède, Bjorn Borg. Vaincu en deux sets par Jimbo (7-6, 6-1), Lendl se fait traiter de poule mouillée par l’Américain, viscéralement attaché à l’idée que le Tchécoslovaque a balancé le match pour éviter l’ogre scandinave en demi-finale … Jusqu’au dimanche 10 juin 1984 et sa première victoire en Grand Chelem sur l’ocre parisien de Roland-Garros, ce maudit surnom lui collera à la peau tel le sparadrap du capitaine Haddock ...

En janvier 1981, le tournoi des maîtres de la saison 1980 (alias Volvo Masters à l’époque) commence par la double défaite inattendue des deux favoris Björn Borg et John McEnroe, laminés comme de vulgaires fétus de paille, respectivement par Gene Mayer (6-0, 6-3) et José Luis Clerc (6-3, 6-0). C'est à cette occasion que Jimmy Connors traite Ivan Lendl de poule mouillée, l'accusant d'avoir balancé leur rencontre lors du dernier match de poule, dans le but de finir deuxième et ne pas affronter Björn Borg en demi-finale. Aux yeux de l’Américain, Lendl avait franchi le Rubicon, et Connors lui jette publiquement l’opprobre, lui qui avait dans son ADN, comme Hewitt ou Nadal bien plus tard, le refus viscéral de la défaite pour seule tactique. La tactique s'avéra payante puisque Lendl alla en finale tandis que Connors échoua en demi contre Borg. Ce surnom resta affublé à Ivan Lendl jusqu'à sa première victoire en Grand Chelem en 1984, à Roland-Garros.

Car si l’on excepte une victoire en Masters Cup 1982 (en janvier 1983 respectivement), le Tchécoslovaque va enchaîner les finales perdues en Grand Chelem, pérennisant un statut de loser à effet boomerang, puisqu’on lui rabâchera les oreilles avec le cruel surnom de poule mouillée donné par Jimbo¸ avec qui la détestation est réciproque. Au concours Lépine de la petite phrase assassine, Connors avait le talent d’un homme politique, et l’effet fera mal au joueur d’Ostrava, qui enchaîne donc les quinzaines où il rentre bredouille, profil bas et mine renfrognée, avec le trophée du vaincu lors du dernier dimanche :

  • Finale perdue à Roland-Garros en 1981 contre Bjorn Borg (en 5 sets)
  • Finale perdue à l’US Open 1982 contre Jimmy Connors (en 4 sets)
  • Finale perdue à l’US Open 1983 contre Jimmy Connors (en 4 sets)
  • Finale perdue à l’Open d’Australie 1983 contre Mats Wilander (en 3 sets)

C’est le dimanche 10 juin 1984 qu’Ivan Lendl devient enfin un champion, à presque 24 ans en finale de Roland-Garros : le papillon sort enfin de sa chrysalide. En face, John McEnroe, virtuose du tennis offensif, marche sur l’eau en cette saison 1984, à la façon du bulldozer Djokovic en 2015 : un véritable OVNI que personne ne peut arrêter. Mais comme le Serbe, bien qu’intouchable sur la saison entière et plébiscité meilleur joueur du monde sans aucune contestation possible, Big Mac voit la belle mécanique s’enrayer à une marche du sacre Porte d’Auteuil. Il continue de tutoyer la perfection pendant deux sets, 6-3, 6-2. Mais McEnroe rate l’occasion d’inscrire son nom au palmarès du French Open : il se déconcentre durant le troisième set par la faute d’un caméraman de la chaîne américain NBC.

Big Mac laisse Lendl revenir dans le match (6-4 pour le natif d’Ostrava). On pense que McEnroe va remettre le bleu de chauffe au quatrième set mais Lendl l’emporte 7-5. A deux sets partout, tout est possible, il va falloir aux deux joueurs puiser dans leurs ressources mentales et physiques. L’Américain, sans s’effondrer, ne propose plus cette incroyable virtuosité qui reste encore aujourd’hui la madeleine de Proust des amoureux du jeu offensif sur la brique pilée. Le public a les yeux de Chimène pour cet alchimiste de la raquette capable de coups sublimes ... Après une quinzaine de fulgurances et d’exploits majuscules, chacun s’attendait à voir le capricieux Américain cannibaliser la finale face à Ivan le Terrible. Il n’en est rien, malgré ce début de match stratosphérique ... Au lieu du Capitole, Big Mac finit dans la Roche Tarpéienne, le Tchécoslovaque s’accroche, gagnant le cinquième set 7-5 et donc le match : sa quête du Graal est achevée, Lendl vit son soleil d’Austerlitz en ce 10 juin 1984. Désormais, il peut regarder ses rivaux McEnroe et Connors dans le blanc des yeux, désormais les deux Américains vont arrêter de le toiser avec ce mépris et cette condescendance pas du tout dissimulée, les sorties de vestiaire de Jimbo et Big Mac face à Lendl ressemblant à un western-spaghetti sans l’harmonica d’Ennio Morricone : silence pesant, regards en chiens de faïence ... Et l’aréopage des journalistes va arrêter de lui chercher des poux dans la tête avec ce surnom de chicken donné par Jimbo.

En ce dimanche de juin 1984, Lendl porte l’estocade au syndrome de la poule mouillée en même temps qu’il soulève la Coupe des Mousquetaires devant le public de la Porte d’Auteuil, sur un court qui deviendra avec celui de Flushing-Meadows et du Madison Square Garden (Masters Cup) l’un de ses bastions jusque fin 1987.

Grâce à cette finale du French Open 1984 qui brise le totem de la malédiction, Lendl comprend qu’il doit améliorer son endurance et sa résistance physique face à un McEnroe qui dégouline de talent pur. Le Tchécoslovaque va ensuite tirer la quintessence de son potentiel physique par le biais d’un entraînement stakhanoviste, et ainsi pérenniser les exploits au sommet du classement ATP, laminant la concurrence au milieu des années 80, malgré McEnroe, Becker, Edberg ou encore Wilander.

Entre Paris et New York, cet Ivan Lendl 2.0 métamorphosé devient par la suite un Terminator hégémonique et impitoyable, tandis que McEnroe est rattrapé par l’usure du pouvoir dans cet univers darwinien du tennis mondial. Mais le futur épouvantail Lendl avait connu deux rechutes avant de tout écraser sur son passage, façon bulldozer, à partir de l’US Open 1985 : finale de l’US Open 1984 (expédié en trois sets par un McEnroe stellaire) et finale de Roland-Garros 1985 (piégé tactiquement par un Wilander qui avait compris qu’il serait kamikaze de lutter en fond de court, le Suédois multipliant alors – avec bonheur- les montées au filet).

Le syndrome de la poule mouillée pose deux questions :

La première est celle des calculs d’apothicaires et autres épiciers dans le cadre d’une compétition sportive. Si le calcul est relativement acceptable en Formule 1 dans le cadre d’un championnat récompensant la régularité (stratégie adoptée par Jackie Stewart en 1973, Alain Prost en 1986, Ayrton Senna en 1991 ou encore Fernando Alonso en 2005, faute de disposer de la meilleure voiture du plateau), il ne l’est plus quand la conséquence directe est de fausser l’adrénaline de la compétition, en choisissant son prochain adversaire dans un tournoi de tennis ou de football. Dans les deux cas, le problème du respect du public, qui a payé sa place dans les gradins d’un stade, d’un court ou d’un autodrome, et du postulat sur lequel repose le sport tout entier (que le meilleur gagne) se pose également …

La logique économique et le diktat des télévisions et autres sponsors a conduit les sports les plus médiatiques à augmenter le nombre de matches dans les tournois. Pour cela, on limite les matches couperets à élimination directe pour commencer par des phases de groupes.

En 1974, la FIFA propose un nouveau système pour la neuvième Coupe du Monde en Allemagne, avec la suppression des quarts de finale et demi-finales (en vigueur depuis 1934). A la place, l’instance de Zurich propose un deuxième tour sans saveur qui restera la norme jusqu’en 1982, avec le fabuleux Italie – Brésil (3-2) de Sarria.

1982 est aussi l’année où Joao Havelange, soumis à la férule d’Horst Dassler (Adidas), fait passer le nombre de d’équipes qualifiées de 16 à 24 pour la phase finale, soit de 4 à 6 groupes de 4 équipes chacunes au premier tour (soit 36 matches au lieu de 24), et donc de 2 groupes de 4 équipes à 4 groupes de 3 équipes au deuxième tour (soit 12 matches à chaque fois), avec le retour des demi-finales.

Le retour à un tableau complet avec huitièmes et quarts se fera en 1986. A Gijon en 1982, la Coupe du Monde vivra le match de la honte, avec un affreux arrangement entre RFA et Autriche. Déjà qualifiés, les Autrichiens laissent les Allemands gagner, la RFA ayant perdu quelques jours plus tôt contre l’Algérie. Après ce scandale, la FIFA, contrainte de descendre de sa tour d’ivoire, fera jouer en même temps les derniers matches de chaque groupe.

Le tennis a lui aussi cédé à la tentation et aux sirènes de la logique économique, instaurant des groupes pour sa Masters Cup, qui réunit chaque année les 8 meilleurs joueurs de la saison écoulée. C’est ainsi que Jimmy Connors accusa Ivan Lendl de jouer gagne-petit pour éviter Borg en demi-finale du Masters 1980.

En ce mois de janvier 1981 à New York, le destin se chargea de punir Connors pour ses accusations non avérées, et Lendl pour son potentiel calcul de gagne-petit, puisque Borg les battit tous les deux au Masters 1981, Jimbo en demi-finale puis Ivan le Terrible en finale !

Alors, pourquoi ne pas envisager une Masters Cup sans phase de poules ? Le suspense d’une compétition sportive est la clé de voûte qui permet au public d’avoir envie de payer sa place ou son abonnement télévisuel. On pourrait imaginer les 8 figures de proue du classement ATP s’affrontant dès les quarts de finale (voire même un top 16 dès les huitièmes pour compenser la baisse du nombre de matches, mais la compétition serait moins élitiste), avec un statut de tête de série pour les 4 premiers mondiaux et un tableau comme suit

Quarts de Finale :

  • Match A : 1er contre 8e
  • Match B : 4e contre 5e
  • Match C : 3e contre 6e
  • Match D : 2e contre 7e

    Demi-Finales :

  • Match E : vainqueur A contre vainqueur B
  • Match F : vainqueur C contre vainqueur D

    Finale :

  • Vainqueur E contre vainqueur F

    Bien entendu, le risque de matches truqués dans les groupes de l’actuelle formule de la Masters Cup (alias ATP World Tour Finals) est plus que réduit, quand on connaît le prize money cumulé sur une saison des membres du top 8. Difficile d’imaginer un des seigneurs du circuit se laisser corrompre par un des autres pensionnaires de l’élite ATP …

    La deuxième question est celle du déclic mental, si importante en tennis. Il faut être un loup-garou sans pitié capable d’accomplir la métamorphose décisive par le biais du processus de lycanthropie, un gladiateur de la Rome Antique qui se fiche que le pouce de l’Empereur soit baissé ou levé vers le ciel, un matador portant l’estocade au taureau sans banderilles intermédiaires, bref un sniper au killer instinct dès la sortie du vestiaire, quand les deux tennismen qualifiés pour la finale se regardent en chiens de faïence. Il ne faut pas être pris par la peur de gagner. La plupart des multiples vainqueurs en Grand Chelem qui ont précédé ou suivi l’éclosion d’Ivan Lendl ont gagné dès leur première finale majeure, évènement qui peut en paralyser certains, tel un acteur pris de trac avant la première d’une pièce de théâtre ou un chanteur avant un concert lançant une tournée :

  • Ken Rosewall en 1953 à l’Open d’Australie contre Mervyn Rose
  • Lew Hoad en 1956 à l’Open d’Australie contre Ken Rosewall
  • Roy Emerson en 1961 à l’Open d’Australie contre Rod Laver
  • Manuel Santana en 1961 à l’Open d’Australie contre Nicola Pietrangeli
  • Jimmy Connors en 1974 à l’Open d’Australie contre Phil Dent
  • Bjorn Borg en 1974 à Roland-Garros contre Manuel Orantes
  • John McEnroe en 1979 à l’US Open contre Vitas Gerulaitis
  • Mats Wilander en 1982 à Roland-Garros contre Guillermo Vilas
  • Boris Becker en 1985 à Wimbledon contre Kevin Curren (également rookie en finale)
  • Stefan Edberg en 1985 à l’Open d’Australie contre Pat Cash
  • Pete Sampras en 1990 à l’US Open contre Andre Agassi
  • Jim Courier en 1991 à Roland-Garros contre Andre Agassi
  • Sergi Bruguera en 1993 à Roland-Garros contre Jim Courier
  • Evgueni Kafelnikov en 1996 à Roland-Garros contre Michael Stich
  • Gustavo Kuerten en 1997 à Roland-Garros contre Sergi Bruguera
  • Patrick Rafter en 1997 à l’US Open contre Greg Rusedski (également rookie en finale)
  • Marat Safin en 2000 à l’US Open contre Pete Sampras
  • Lleyton Hewitt en 2001 à l’US Open contre Pete Sampras
  • Roger Federer en 2003 à Wimbledon contre Mark Philippoussis
  • Rafael Nadal en 2005 à Roland-Garros contre Mariano Puerta (également rookie en finale)
  • Novak Djokovic en 2008 à l’Open d’Australie contre Jo-Wilfried Tsonga
  • Stanislas Wawrinka en 2014 à l’Open d’Australie contre Rafael Nadal

    Rod Laver, Tony Roche, Guillermo Vilas, John Newcombe ou encore Arthur Ashe ont chacun perdu leur première grande finale en Grand Chelem, mais tous ont su rectifier assez rapidement le tir. Mais deux exceptions méritent qu’on s’y attarde, sans parler du Croate Goran Ivanisevic qui a dû attendre 2001 et sa quatrième finale à Wimbledon pour conquérir son Graal.

    Longtemps considéré comme un cancre surdoué bien que nourri au nectar et à l’ambroisie par les fées du destin, sorte de gourmet en contrepoint à la boulimie de son rival Pete Sampras, Andre Agassi a longtemps cru que la victoire resterait utopique en Grand Chelem, lui qui gagna cependant la Masters Cup fin 1990 à Francfort contre Stefan Edberg, puis le saladier d’argent de la Coupe Davis dans la foulée. Battu en 1990 en finale de Roland-Garros par l’Equatorien Andres Gomez, Agassi perd au même stade de la compétition contre Pete Sampras trois mois plus tard à New York, en finale de l’US Open. Le Kid de Las Vegas avait pourtant détruit le natif de Washington DC en printemps 1989 au tournoi de Rome. Mais le jour J, ce fut Pistol Pete qui fut prêt à franchir l’ultime palier vers le statut de champion. En 1991 à Roland-Garros, Agassi échoue une troisième fois en finale majeure, contre son compatriote Jim Courier, qui sonne le glas des espoirs du natif du Nevada en cinq sets. Il sera le dernier des quatre mousquetaires d’outre Atlantique, après Michael Chang, Pete Sampras et Jim Courier, à inscrire son nom au panthéon du Grand Chelem, en 1992 à Wimbledon, réalisant l’exploit de battre coup sur coup trois spécialistes du gazon, Boris Becker, John McEnroe et Goran Ivanisevic. Pourtant, Agassi était le plus vieux des quatre Américains susceptibles de redonner son lustre au tennis américain nostalgique des exploits de Jimmy Connors et John McEnroe : Agassi est né en avril 1970, Courier en septembre 1970, Sampras en août 1971, Chang en février 1972.

    Même après son triomphe à Wimbledon 1992, bien que débarrassé de cette terrible épée de Damoclès, Agassi montrera encore de la fragilité mentale dans les grandes finales :

  • En 1995 à l’US Open malgré 26 matches sans défaite, mais le 26e succès sur Boris Becker fut une victoire à la Pyrrhus sur le plan mental à l’heure de défier Pete Sampras sur le ciment de Flushing Meadows.
  • En 1999 à Roland-Garros, Andre Agassi étant rapidement mené 6-2, 6-1 par Andreï Medvedev en finale, en moins d’une heure de jeu. L’Américain finira par vaincre l’Ukrainien après une joute d’anthologie, étant passé fort près du précipice. Agassi atteint la quadrature du cercle et réalise ainsi le Grand Chelem en carrière, comme Don Budge, Fred Perry, Rod Laver et Roy Emerson. Dix ans plus tard en 2009, Roger Federer complète son puzzle en gagnant le prestigieux tournoi parisien contre Robin Söderling. Battu pour la dixième fois de suite par Fed Ex ce jour là sur l’ocre du court Philippe-Chatrier, le Scandinave déclare Nobody beats me 11 times in a row reprenant à son compte une citation de Vitas Gerulaitis (à propos de ses duels avec Connors, et non avec Borg comme souvent répandu par une idée reçue !), longtemps écrasé par son compatriote Jimmy Connors avant de vaincre sa bête noire à la 17e tentative, en janvier 1980 pour la Masters Cup 1979 : And let that be a lesson to you all. Nobody beats Vitas Gerulaitis 17 times in a row ! Après deux autres défaites à Wimbledon et à l’US Open toujours en 2009, le Suédois aux yeux de husky finira par vaincre Federer aussi, au treizième essai, en quarts de finale de l’édition 2010 de Roland-Garros, interrompant à cette occasion la vertigineuse série de 23 demi-finales consécutives en Grand Chelem du Bâlois, qui avait commencé en 2004 à Wimbledon ! Par la suite, Rafael Nadal (US Open 2010) et Novak Djokovic (Roland-Garros 2016) viendront compléter ce cénacle des joueurs ayant gagné les quatre tournois du Grand Chelem (Mats Wilander ayant lui gagné sur quatre surfaces, avec gazon e,n 1983-1984, puis rebound ace en 1988 à l’Open d’Australie)
  • En 1999 à Wimbledon, en 1999 en Masters Cup et enfin en 2002 à l’US Open pour le chant du cygne de Sampras, où Pistol Pete sera à chaque fois son bourreau, fort certes d’un niveau de jeu stellaire mais également bénéficiaire d’un contexte psychologique favorable contre Agassi, sans parler cependant de bête noire.

    Andy Murray, lui, a encore plus souffert du spectre d’un compteur qui resterait éternellement bloqué à zéro. Membre du Big Four depuis 2008, l’Ecossais a subi la loi implacable de trois Goliaths redoutables, Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic.

    En 2008 à l’US Open, le Britannique coupe la première tête de l’hydre en sortant Nadal en demi-finale. Mais sur le ciment new-yorkais, le Suisse Roger Federer reste despotique pour s’offrir un cinquième titre consécutif (record absolu aux Etats-Unis). Un an et demi plus tard, Murray retrouve le virtuose de Bâle en finale à Melbourne. Mais Federer se montre à nouveau intraitable et gagne son 16e titre du Grand Chelem, le 4e à l’Open d’Australie. Un an plus tard en finale de l’Open d’Australie 2011, l’Ecossais a une troisième occasion, face à Novak Djokovic. A l’exception de la finale 2008 à Melbourne (Djokovic / Tsonga), c’est la première finale de Grand Chelem sans Federer ni Nadal depuis Safin / Hewitt en 2005, déjà en Australie ! Le Serbe l’emporte et lance sa saison de rêve où, fort d’une forme stratosphérique tout au long de 2011, il va cannibaliser le circuit ATP. En 2012 à Wimbledon, la pression est à son paroxysme pour Andy Murray. La Grande-Bretagne attend un successeur à Fred Perry, dernier Britannique à avoir dompté le gazon londonien, en 1936. 76 ans d’attente, telle une révolution de la comète de Halley … A domicile, Murray ne peut se libérer mentalement, d’autant qu’il retrouve Roger Federer, sextuple vainqueur à Londres, et le court central de Wimbledon est le jardin du Suisse, sa chasse gardée depuis 2003. Vainqueur du premier set, l’Ecossais concède les trois suivants à Federer, qui atteint (pensait-on à l’époque, avant le formidable come-back du Suisse en 2017) un climax émotionnel en ce dimanche de juillet 2012, sorte d’apothéose de sa monumentale carrière de Pantagruel du tennis : 17e titre du Grand Chelem, 7e titre à Wimbledon (record de Pete Sampras égalé) et retour au pinacle du classement ATP, détrônant le n°1 mondial Novak Djokovic.
     

    Trois semaines après cette quatrième défaite majeure, sur le même court de Wimbledon, Andy Murray retrouve son bourreau suisse en finale du tournoi individuel des Jeux Olympiques de Londres. Orphelin de Nadal, le tournoi voit Murray sortir le dauphin Novak Djokovic tandis que le roi Federer s’offre le scalp de l’Argentin Del Potro. En finale, Federer n’existe pas ce jour là, l’enjeu étant de taille pour lui, conquérir cette médaille d’or, seul titre d’importance qui manque à son colossal palmarès … En trois sets, Murray chasse ses doutes et ses démons, refermant la boîte de Pandore. Un an plus tard, l’Ecossais compte deux titres du Grand Chelem, ayant vaincu deux fois Novak Djokovic, en finale de l’US Open 2012 et en finale de Wimbledon 2013.

    Comme Agassi, Murray a connu des rechutes après ses victoires, en 2013, 2015 et 2016 en finale de l’Open d’Australie ainsi qu’en 2016 en finale de Roland-Garros, les quatre fois contre Novak Djokovic. Mais il saura rebondir pour finir 2016 en trombe alors que le Serbe est pris dans l’engrenage du toboggan du déclin. Au faîte de sa gloire, l’ogre de Belgrade est rassasié par trop de couronnes sur sa seule tête : l’usure du pouvoir a raison de ce Pantagruel qu’on pensait pourtant insatiable. La jauge de la motivation bascule de façon dramatique dans le rouge. De presque invincible, le Djoker devient un joueur branché sur courant alternatif, qui fait moins peur … Andy Murray va exploiter cette brèche durant le deuxième semestre 2016 : victoire à Wimbledon, médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro (tournoi cependant boycotté par Tomas Berdych ou Milos Raonic du fait du virus Zika), conquête de la place de n°1 mondial, qu’il légitimera en battant Nole en finale de la Masters Cup de Londres.

    Le mental est fondamental dans tous les sports, la qualité primordiale étant de gérer une crise et de savoir laisser passer l'orage, que l’on soit un cycliste en perdition dans un col à fort pourcentage, un champion d’échecs qui vient de rater le meilleur coup d’attaque, un footballeur qui vient de rater un penalty, un pilote qui vient de se faire dépasser après une erreur de pilotage, ou un tennisman qui a raté la balle de match.


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80 réactions à cet article    


  • Axel_Borg Axel_Borg 8 octobre 13:43

    Force est de constater que Murray n’a jamais pu prendre un reel ascendant sur ses trois rivaux du Big Four, d’où un palmarès plus maigre que Lendl et Agassi : 8 Gc pour le Tchèque et l’Américain, seulement 3 pour l’Ecossais qui a aussi gagné 2 fois la médaille d’or en simple aux JO (2012 à Londres et 2016 à Rio), sans oublier la Masters Cup fin 2016.


    • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 8 octobre 14:24

      Salut Axel,


      Effectivement, Murray n’a pas le palmares (numerique) auquel il aurait pu pretendre. J’aurai bien aime qu’il gagne une dizaine de Majeurs en tout (il lui en manque donc 4) pour le voir apparaitre dans le classement des « records de titres majeurs en tennis ». Helas, il restera a mon avis aux portes des decuples Majors avec Edberg et Wilander notamment. Son ratio catastrophique en finales en Australie le plombe terriblement dans cette perspective et avec sa hanche cabossee je le vois mal regagner des titres majeurs maintenant qu’il approche des 32 ans. Dommage.

      • Axel_Borg Axel_Borg 8 octobre 15:10

        @Guga,

        Ah je n’enterrerai pas Murray quand meme, tout comme Wawrinka pour un ultime coup d’éclat.

        Je crois plus en Del Potro comme outsider derrière Djokovic et Nadal en attendant (enfin) l’émergence de vrais « jeunes » crédibles.

        Mais en effet l’Ecossais n’égalera jamais le Big Three, sans meme parler de rejoinder Chicken Lendl ou le Kid de Las Vegas avec 8 majeurs


      • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 8 octobre 14:28

        Sinon pour le Masters, oui ! Pourquoi pas un systeme sans poule avec des quarts directs ou bien rajouter 8 joueurs et partir des 1/8es... Sinon, autre option que j’ai deja lue ca et la sur le net : un Masters avec le Top 10 et deux poules de 5 joueurs donc. En gardant le systeme des deux premiers de chaque groupe pour aller en demies, ca aurait de la gueule de reunir le Top 10 en fin d’annee. Et bien sur, j’aimerai revenir a une finale en 5 sets (comme aux JO, tous les matchs en 3 sets sauf la finale qui reste en 5 pour d’evidentes raisons de prestige). Le Masters merite bien cela. 


        • Axel_Borg Axel_Borg 8 octobre 15:09

          Pour le Masters, je pense qu’une réforme s’impose, le principal problème est le fait de pouvoir gagner le tournoi en perdant un match de poule.

          Personnellement, je mettrais le top 12, avec le top 4 qualifié pour les quarts de finale, et le reste devant s’affronter en « barrage » soit 8 joueurs pour les 4 dernières places : 5e contre 12e ATP, 6e contre 11e, 7e contre 10e et 8e contre 9e.

          Avec en prime une année sur trois en indoor entre Europe, Asie ou Amérique du Nord, la deuxième année sur gazon en Océanie, la troisième année sur terre battue en Amérique du Sud.

          Et la finale en 5 sets en effet comme jusqu’en 2005 (Nalbandian / Federer).


          • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 8 octobre 15:55

            @Axel


            Evidemment, Murray va tout donner pour ne pas finir sa carriere sans un dernier barroud d’honneur. Le probleme n’etant pas sa motivation mais clairement sa hanche... Avec son style de jeu ultra-defensif, je vois mal Andy capable de regagner un GC avec une hanche en bois. Alors evidemment, lui seul sait ou il en est vraiment par rapport a ca, mais force est de constater que son retour tres mitigee et sa fin de saison une nouvelle fois prematuree n’incitent pas a l’optimisme quant aux chances reelles de revoir l’Ecossais signer un grand coup. 

            Sinon pour en revenir a notre cher Masters, du moment qu’on remet les 5 sets en finale, je serai deja content, peu importe si l’on change ou pas la formule pour le reste. En revanche, si tu veux instaurer l’alternance entre les surfaces pour cette epreuve, la je dis « pourquoi pas ! » mais a condition que le gazon fasse aussi partie des options (deja que la surface originelle ne dispose d’aucun Masters 1000). A ce moment la, on pourrait avoir une alternance sur 4 saisons avec une annee sur dur (lent), une annee sur gazon, une annee sur dur (rapide) et une annee sur terre-battue et ainsi de suite ;)

            • Axel_Borg Axel_Borg 8 octobre 16:09

              @Guga,

              C’est certain que si sa hanche est dans le meme état que celle de Kuerten après 2004, Murray peut déjà preparer sa reconversion comme consultant TV, coach ou capitaine de l’équipe britannique de Kosmos Piqué Davis Cup ...

              Pour le gazon oui c’est une evidence, en marge du besoin d’avoir Halle ou le Queen’s en M1000 par souci d’équité entre surfaces.


            • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 8 octobre 16:28

              @Axel_Borg


              J’ai vraiment bcp de mal a croire a un retour en grace de Murray (meme si l’idee ne serait pas pour me deplaire). Idem pour Wawrinka mais dans une moindre mesure au sujet du Vaudois. Il arrivera p-e encore a gagner des titres mais de la a le voir triompher une 4e fois en GC ? J’en doute vraiment... J’en reviens toujours a la meme chose mais si je devais donner un GC a quelqu’un, ce serait Delpo. 
              Exact Axel ! un Masters 1000 sur gazon serait un minimum. Halle n’a « que » la presence de Federer a son palmares comme argument de poids, tandis que le Queen’s est un peu l’equivalent sur gazon de ce que represente Monte-Carlo pour la terre-battue (en terme d’histoire je veux dire). Du coup je vote sans conteste pour le Queens ;)



            • Axel_Borg Axel_Borg 8 octobre 16:42

              @Guga,

              Oui Halle perdra beaucoup avec la retraite de Federer, qui viendra bien un jour. Le Queen’s reste le plus beau tournoi du monde sur gazon en marge du temple du tennis, Wimbledon.

              D’ailleurs les scenes de tennis de Match Point ont été tournées par Woody Allen à l’Artois Club de Londres, qui accueille le Queen’s.

              Pour Murray, ce sera dur, idem pour Wawrinka. Mais bon si on nous avait dit il y a 2 ans que Federer et Nadal gagneraient chacun 3 GC, et après Cecchinato à Roland que Nole ferait le double Wimbledon / US Open, personne n’y aurait cru.

              Je dis « juste » qu’il ne faut jamais dire jamais avec de tels champions. Si le physique revient progressivement et que la volonté est là, why not ?

              Je suis juste un peu plus optimiste pour Stanimal que pour Murray.


            • Axel_Borg Axel_Borg 8 octobre 16:08

              Pour étayer sur la partie « formule top 12 », cela ferait barrages le dimanche et lundi en 2 sets gagnants.

              1/4 les mercredis et jeudis en 3 sets gagnants, demies le samedi en 3 sets gagnants, finale le dimanche en 3 sets gagnants.

               


              • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 8 octobre 16:31

                @Axel_Borg

                Trop de matchs en 3 sets gagnants dans ta formule je trouve. Seule la finale comme aux JO me semble plus judicieux. 5 sets le samedi en demie puis potentiellement a nouveau 5 sets le lendemain... Too much a mes yeux. Pour avoir autant de matchs en 3 sets gagnants, il faudrait que le Masters s’etale sur 15 jours. A l’instar de la Coupe Davis qui aurait elle aussi merite de se derouler sur deux semaines et avec (a minima) la finale au meilleur des 5 sets dans sa nouvelle version...

              • Axel_Borg Axel_Borg 8 octobre 16:44

                @Guga,

                2 semaines c’est trop long dans ce cas là ce n’est plus le top 8 ou 12 mais un vrai tournoi avec un tableau. Le titre « Masters » perdrait son sens.

                Elargir jusqu’à 12 voire 16 joueurs, pourquoi pas, mais pas plus ...

                Pour les 3 sets gagnants samedi et dimanche, l’US Open l’a fait pendant des années avec son fameux Super Saturday !


              • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 8 octobre 16:49

                @Axel


                Pas faux mais le super saturday etait une veritable heresie ! 

                Pour plus de spectacle, autant se limiter a la seule finale en 5 sets.

                Mais bon ce n’est que mon avis. 

                • Axel_Borg Axel_Borg 8 octobre 17:13

                  @Guga,

                  Loin de moi l’idée de dire que le Super Saturday était une bonne formule pour l’US Open. C’était en effet le diktat CBS sur le tennis américain !

                  Mais bon ce n’est pas gagné de revoir des finales de Masters Cup ou Masters 1000 en 3 sets gagnants, les joueurs militant pour standardiser le plus possible le format 2 sets gagnants.


                • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 9 octobre 10:00

                  @Axel


                  Pour moi le meilleur format (a terme) sera de mettre des sets en 4 jeux gagnants comme ils le font deja au Masters Next Gen. Du coup, tous les matchs se joueront au meilleur des 5 sets. 

                  Ce qui serait pas mal serait de laisser le dernier set a 6 jeux gagnants par contre au moins en Masters 1000 et pour le Masters.

                  En revanche pour les Grand Chelems j’espere qu’on ne touchera pas a la tradition... La seule petite retouche que j apporterai en GC serait d’instaurer un super-tie-break a 12-12 au 5e set. Voila tout ;)



                  • Axel_Borg Axel_Borg 9 octobre 11:59

                    @Guga,

                    Ah non pour moi c’est une hérésie ce qu’ils ont testé au Masters U21 (Next Gen) l’an dernier à Milan.

                    Par contre la formule de la Laver Cup est pas mal : 2 sets gagnants, et un super tie-break à la place du 3e set.

                    Pourquoi pas 3 sets gagnants (avec donc un super tie-break au lieu du 5e set) en 1/4 et 1/2 du Masters, avant un vrai match en 3 sets gagnants façon GC pour la finale ?


                  • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 9 octobre 12:38

                    @Axel_Borg

                    Perso j’avais pas trouve ca si nul que ca... D’ailleurs ils remettent le couvert avec le meme systeme cette annee a Milan. A choisir entre 3 sets au meilleur des 6 jeux et 5 sets au meilleurs des 4 jeux, je prefere la 2e option pour tous les tournois de 250 a 1000 points ATP. Apres pour les GC je prefere qu’on ne touche a rien evidemment. 

                    J’aime bien le systeme de la Laver Cup mais c’est trop « exhibitioniste » a mon sens... En gros tu gagnes un set et apres peu importe ce qui se passe dans le 2e t’auras toujours le super tie-break pour te rattraper. C’est top pour la Laver Cup parce que ca preserve le suspense mais en tournois solo je prefere un systeme de sets plus classiques. 

                    Parmi les regles du Masters Next Gen, la seule que je n’aime pas du tout c’est le « killer point » en cas d egalite a 40 partout... Le « no-let » en revanche et les sets en 4 jeux gagnants j’aime bien par contre. (On peut pas etre d’accord sur tout Axel ;)

                  • Axel_Borg Axel_Borg 9 octobre 14:13

                    Salut Guga,

                    Je vois mal un joueur balancer un set pour compter juste sur le super tie-break, c’est trop risqué, que ce soit en Laver Cup ou en tournoi ATP si cela devenait un standard dans le futur.

                    Seul cas possible, 4 sets et 5 set remplacé par le super jeu décisif, tu commences à diminuer physiquement, tu laisses filer le 4e si tu es déjà mené 3-0 et tu te concentres sur ce super tie-break. Car sinon j’appelle ça du suicide.


                  • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 9 octobre 14:29

                    @Axel_Borg

                    C’est clair. Il n’empeche que je vois quand meme mal le tennis partir dans cette direction... Le Masters Next Gen est une sorte d’embryon du tennis de demain. La formule n’est evidemment pas encore figee mais c’est clairement ce chemin la que l’ATP a en tete. Mais bon, tous ces changements (si changement il y a) n’interviendront pas avant 2022-2023 je pense. L’ATP va sagement attendre la retraite du BIG 4 avant d’entamer tout chambardement. Ca semble ecrit. 


                  • Axel_Borg Axel_Borg 9 octobre 14:48

                    @Guga,

                    Ah je n’en serais pas si sur que toi ... Qu’on soit favorable ou pas à la Laver Cup, à la Davis Cup 2.0 sauce Piqué Kosmos et au retour de la WCT, l’époque est justement au grand chambardement pour reprendre le terme que tu as utilisé.

                    Alors voir des mini-sets, des super tie breaks arriver, des tie-breaks au 5e set à Melbourne ou Wimbledon en plus de NYC, pourquoi pas (cela ne voulant pas dire que j’y suis favorable, en tout cas pour le 1er non, le 2e sceptique et le 3e oui) ?

                    Pour moi, Big Three ou pas, cela peut se faire. Même si évidemment, un triple veto de Djokovic, Nadal et Federer pénaliserait les tournois qui adopteraient ce genre de règles farfelues, puisque boudés par le trio majeur du tennis masculine, et donc pénalisant pour la billetterie et les droits TV ...


                  • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 9 octobre 15:27

                    @Axel_Borg

                    J’en suis pas certain non plus mais vu que l’ATP veut rendre le tennis plus « telegenique » ca va dans le sens d’un racourcicement des sets. Avec des sets en 4 jeux gagnants tu arrives bien plus vite au « momentum » qu’avec des sets en 6 jeux gagnants ou les debuts de set ressemblent souvent a des rounds d’observation... 

                    Bref, on verra bien ;)

                  • Axel_Borg Axel_Borg 9 octobre 16:22

                    @Guga,

                    Oui la TV reste le donneur d’ordre n°1 du sport mondial, tennis ou autre, malheureusement ...

                    Je fais un petit pronostic pour Shanghai, je vois bien Del Potro l’emporter face à Nole en finale. A moins que Federer ne sorte le grand jeu contre l’Argentin ...


                  • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 9 octobre 16:27

                    @Axel_Borg

                    Ah ouais, tu penses que Delpo peut battre le Djoker ? C’est vrai que Shanghai dispose d’un court rapide (une rarete de nos jours). Donc oui ton prono se tient. Et puis Djoko a quand meme une partie de tableau relevee (Chung ou Cecchinato au prochain tour, puis Khachanov ou Tsitsipas, puis Zverev en demie avant une eventuelle finale contre Fed ou Delpo donc), bref, le Serbe a du pain sur la planche mais bon, ca reste largement dans ses cordes vu sa forme du moment. Sinon Marin Cilic vient de se faire sortir par Nicolas Jarry... Est-ce que c’etait vraiment la peine de jouer la finale de la Coupe Davis sur terre-battue ? 

                  • Axel_Borg Axel_Borg 9 octobre 17:41

                    @Guga,

                    Je pense que Nole vise surtout la place de n°1 et le Masters plus que Shanghai et des ATP 500 (Bale ou Vienne), il n’ira en Suisse ou en Autriche que pour grappiller des points afin d’assurer un 5e trône de roi de l’année tennistique.

                    Del Potro a ses chances en 2 sets gagnants, c’est souvent physiquement qu’il bugge contre Rafa ou Nole.


                  • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 10 octobre 09:04

                    @Axel_Borg

                    Oui effectivement, Nole vise le trone mais pour cela il devra prendre un max de points quand meme car Rafa dispose toujours de 1000 points d’avance a la Race... 

                    Imaginons que Nadal gagne Bercy et se hisse en demie du Masters, ca obligerait Djoko a prendre pas mal de points aussi pour finir en tete du classement ATP. 

                    C’est la que les 1000 points de Shanghai deviennent capitaux pour le Serbe. Si il gagne cette semaine en Chine, Djoko aura 90% de chances de finir 1er.

                    En revanche, s’il ne gagne pas a Shanghai, ce sera pratiquement du 50-50 entre lui et l’Espagnol. 

                  • Axel_Borg Axel_Borg 10 octobre 09:14

                    @Guga,

                    Nadal n’a pas joué depuis l’US Open, je le vois mal revenir et tout casser à Bercy et au Masters, deux tournois qu’il n’a jamais gagné puisque l’US Open est son talon d’Achille.

                    Certes Shanghai est capital pour le Serbe, mais il aura l’avantage sur Nadal à Bercy et à Londres s’il ne se blesse pas.

                    De plus, Nole ira certainement à Bâle ou Vienne grappiller encore quelques points. Pour lui, de toute façon c’est du bonus vu où il en était à Indian Wells et Miami, et meme à Roland-Garros.

                    Finir n°2 (ce qui est presque acquis à moins d’un ratage monumental du Serbe et d’un exploit de Federer) est déjà sensationnel, n°1 serait la cerise sur le gâteau, mais comme tout grand champion, le natif de Belgrade veut la cerise !

                    Mine de rien,,c’est capital car Nadal et Djokovic ont chacun terminé 4 fois n°1 : 2008, 2010, 2013 et 2017 pour le gaucher de Manacor, 2011, 2012, 2014 et 2015 pour le Djoker, qui pourra regretter son 2e semestre 2016, sans quoi il aurait fini devant Andy Murray il y a deux ans.

                    Le Majorquin et le Belgradois ont donc l’occasion d’égaler Federer, Lendl et Connors, derrière l’inégalable Pete Sampras (6 fois n°1 entre 1993 et 1998) ...

                    L’enjeu historique est de taille !


                  • Axel_Borg Axel_Borg 10 octobre 09:23

                    @Guga,

                    Erratum sur ma 1re phrase, je suis mal reveille smiley

                    Nadal n’a pas joué depuis l’US Open, je le vois mal revenir et tout casser à Bercy et au Masters, deux tournois qu’il n’a jamais gagné puisque l’indoor est son talon d’Achille.


                    • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 10 octobre 10:01

                      @Axel


                      On est bien d’accord, l’enjeu est de taille ! Nadal n’a jamais reussi a terminer N.1 deux ans de suite. Ca serait une premiere, ce qui lui donnera certainement un petit supplement de motivation dans les semaines a venir. 

                      Quant a la capacite du Majorquin a etre performant directement pour son retour, il a deja prouve a de nombreuses reprises qu’il pouvait revenir et etre tres tres tres competitif meme apres une coupure plus ou moins longue. 

                      Donc oui, on est bien d’accord, sur le papier (fin de saison en indoor + Rafa de retour de blessure, etc.) les conditions sont favorables au Serbe. Ceci dit, pour finir N.1, Djoko ne dispose pas d’une marge enorme : il est condamne a faire un quasi sans-faute jusqu’a la mi-novembre. 

                      Sinon, independamment de la fin de saison, c’est un autre record qui est aussi en jeu. Celui du nombre de semaines passees en tete du classement ATP. Car si Djoko reprend les commandes avant la fin de l’annee, il va accumuler des semaines qui pourraient etre decisives pour aller p-e un jour depasser les 310 semaines de Federer sur le trone. 

                      Actuellement, Djoko en est a 223 semaines en tete du classement ATP. Si il reprend le trone avant la fin de l’annne, il pourrait depasser Federer des 2020. Jouable vu la concurrence peu farouche du moment hors BIG3...

                      • Axel_Borg Axel_Borg 10 octobre 11:01

                        @Guga,

                        Novak Djokovic est pour moi le grand favori sachant qu’il n’a aucun point à defendre d’ici la fin de l’année 2018.

                        Rafael Nadal va déjà perdre les 600 points de sa finale à Shanghai, il va passer de 8260 points à 7660 points, là où le Djoker est déjà à 6445 points, et devrait dépasser les 7000 s’il va en finale cette semaine dans la mégapole chinoise.

                        Ensuite le Majorquin devra defendre 180 points de son quart à Paris Bercy, tournoi qu’il n’a jamais gagné et où il declare souvent forfait (soit avant, soit pendant le tournoi).

                        Reste la Masters Cup de Londres, où Rafa défendra par contre 0 point après 1 défaite en round robin contre David Goffin, avant son forfait.

                        A la Race, Nadal mène donc 7480 à 6445, c’est bien peu sachant que Nole joue à Shanghai puis un ATP 500 dans la foulée, et que l’Espagnol devra très vite retrouver un niveau digne d’un top 5 pour la fin de la saison indoor à Bercy puis Londres.

                        Un mot sur Del Potro, qui est toujours en lice pour finir n°1, ce serait sympa meme s’il n’a pas gagné de GC. Ceci dit j’aimerais bien voir l’Argentin devancer Federer sur le podium, et si jamais la Tour de Tandil finissait n°1 (peu probable cependant), alors il aurait sans doue gagné Shanghai et/ou Bercy plus la Masters Cup.


                      • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 10 octobre 11:19

                        @Axel_Borg

                        Oui oui, Djoko est favori, ca ne fait aucun doute mais la balle reste selon moi dans le camp espagnol vu l’avance dont dispose encore Rafa a la Race. Evidemment, faut esperer que Djoko se loupe un peu et qu’en parallele Nadal reussisse a gagner au moins Bercy... Loin d’etre fait en somme. 

                        Sinon pour Delpo oui, ce serait deja super qu’il termine sur le podium. Malheureusement ce brave Delpo est enrhume depuis la semaine passee, il est d’ailleurs pas passe loin de se faire sortir par Gasquet ce matin a Shanghai... 

                        Bref, je vois mal l’Argentin signer un triple Shanghai-Bercy-Masters meme si (comme tu peux t’en douter) j’adorerais ce scenario ! 

                      • Axel_Borg Axel_Borg 10 octobre 11:44

                        @Guga,

                        Ce qui serait sympa meme si très utopique :

                        - Del Potro gagne à Shanghaï

                        - Federer à Bâle

                        - Djokovic à Vienne et à Bercy (+ finales à Shanghai et Masters), place de n°1 avec 600 + 500 + 1000 + 1000 = 3 100 pts en plus 

                        - Nadal au Masters soit 1 500 pts

                        Au delà de ce voeu pieux, voir JDMP gagner un autre masters 1000 ou carrément la Masters Cup serait genial. Quand on pense que le gars a rate 14 GC et environ 40 M1000 du fait de ses blessures, on comprend mieux que son palmarès ne soit clairement pas en adéquation avec son talent.


                      • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 10 octobre 12:51

                        @Axel_Borg

                        Pas envie de voir Nadal gagner le Masters perso. 

                        Del Potro qui gagne le Masters j’achete tout de suite par contre ;)

                        Pour Federer, le scenario revee serait qu’il gagne Shanghai (99e titre) et ensuite la 100e a Bale (ou au Masters mais j’y crois moins pour le Masters). Histoire de boucler 2018 avec les 100 en poche ;)

                      • Axel_Borg Axel_Borg 10 octobre 16:39

                        @Guga,

                        Nadal a fait 2 fois la finale du Masters, je serais content pour lui qu’il finesse par gagner ce tournoi.

                        Un Federer 100 au Masters aurait de la gueule aussi, tout comme un 6e titre de Djokovic.

                        Et bien entendu une 1re victoire de JMDP, pour son 2e titre majeur après l’US Open 2009.

                        Bref, si l’un des 4 gros l’emporte, la portée symbolique sera forte (à condition que Rodgeur gagne à Shanghai, Bâle ou Bercy avant d’aller à l’O2 Arena de Londres, sinon ce ne serait « que » son 99e titre)


                      • Axel_Borg Axel_Borg 10 octobre 11:54

                        @Lionel Guga,

                        J’avais oublié de te répondre sur les 310 semaines record de Federer. Avec 223 semaines, Djokovic en a donc 87 de retard soit 1 année et 8 mois complete à faire sur le trône. Possible mais ce sera difficile, après plus envisageable que d’arriver à 21 GC, car là le Serbe doit encore soulever 7 tournois du Grand Chelem (ou 7 majeurs avec le Masters, Federer ayant 26 majeurs contre « seulement » 19 au Djoker).


                        • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 10 octobre 12:59

                          @Axel_Borg

                          Yes, c’est faisable et c’est justement par rapport a cela que je pense que les semaines de cette fin d’annee 2018 pourraient etre decisives pour ce record-la. 

                          En somme, sauf gros pepin physique, Djoko bouclera 2019 en tete, il en sera donc plus ou moins a 275 semaines en tete du classement ATP d’ici un an, voire meme 285 si il repasse en tete d’ici la fin du mois. 

                          En 2020, Djoko aura 33 ans, d’autres se seront affirmes d’ici la donc ca sera plus difficile mais ca se jouera a quelques semaines pres cette histoire a mon avis... 

                        • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 10 octobre 13:00

                          @Axel_Borg

                          Sans oublier que Djoko peut egalement egaler voire depasser Pete Sampras et ses 6 courronements ! 

                        • Axel_Borg Axel_Borg 10 octobre 13:35

                          @Guga,

                          Attendons un peu avant de couronner Novak Djokovic roi de 2019. Qu’il finisse déjà 2018 en tête !!

                          S’il gagne le Masters ou finit n°1, le Serbe sera le grand favori en Australie, tournoi qui lui réussit si bien (6 victoires, record avec Federer)

                          Mais imaginons que Del Potro gagne à Londres, il aura peut être ce boost de confiance qui lui manqué contre le Djoker et Rafa en GC, en vue du prochain OA.

                          Idem pour un « jeune », meme si Dimitrov n’a pas su transformer l’essai de sa victoire londonienne de 2017, pas plus que Goffin finalist et auteur d’une fin de saison canon (je me souviens de ce 1er set de très haut niveau de Tsonga à Lille malgré tout gagné par le Belge, en mode « wall »)

                          Pour moi, le grand intéret de 2019 c’est le duel Djokovic / Nadal à Roland-Garros, on en est privés depuis 2015 !

                          Devant d’autres sujets clés : la capacité de Federer à durer, celle de Murray et Wawrinka à revenir au top, de Cilic et Del Potro de gagner un 2e GC, et des (plus ou moins) jeunes espoirs à enfin se dépuceler en « majeur » ... sauf pour Kyrgios qui a encore fait des siennes en Chine (jamais 2 sans 3)


                        • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 10 octobre 14:21

                          @Axel_Borg

                          C’est clair, wait and see ;)

                          Pour Delpo c’est toujours le parametre physique qui determine le reste. 

                          Ceci dit a l’US Open en finale, Delpo etait a 100% ou presque et ca n’a pas empeche Djoko de gagner pratiquement sans trembler (quelques balles de break dans le 2e set et c tout). 

                          Pour moi, Delpo pourra regagner un GC si il ne croise pas la route du Serbe a 100% de ses moyens. Sinon il restera definitivement bloque a 1 seul GC. 

                          Eh oui effectivement, le duel Djoko-Nadal en perspective du prochain Roland s’annonce allechant. Avec Thiem en juge de paix et premier outsider en cas de defaillance de l’un des deux ogres. 

                          La question que je me pose perso, independamment de savoir qui sera en face, c’est de savoir si Nadal perdra un jour en finale a RG ou si il saura s’arreter avant de faire l’annee de trop.

                          Rafa a encore une paire de RG dans la raquette, il peut porter son record a 12 ou 13 unites en somme. Mais est-ce que quelqu’un l’empechera d’y parvenir ? Le score de la finale de cette annee (a RG) est tres severe pour Thiem qui n’etait pas si loin que ca a bien y regarder... 

                          Et pour conclure avec les jeunes, oh oui tu as raison pour Kyrgios. Perso je pense qu’il n’y arrivera jamais. Talent gache, tout comme son compatriote Tomic d’ailleurs. 

                          Cote « espoirs », j’espere que Shapovalov, Khachanov, Tsitsipas, De Minaur, Rublev, Fritz, Tiafoe, Medvedev, Marterer, Norrie, Edmund et Chung franchiront enfin un cap, mentalement et physiquement. Je m’accroche a la superstition, y a un « neuf » dans 2019 lol ;)

                        • Axel_Borg Axel_Borg 10 octobre 14:32

                          @Guga,

                          Oui Kyrgios c’est Tomic en pire, car encore plus doué.

                          Pour Nadal, 2019 sera decisif à Roland, car si Nole arrive en confiance alors le duel vaudra le detour. On aura déjà quelques indices à Monte-Carlo, Rome et Madrid. Si le Serbe ne bat pas 1 voire 2 fois l’Espagnol en M1000, ce sera très dur au French.

                          Thiem sera le 3e homme mais attention à Del Potro aussi encore une fois.

                          Tu ne mets plus Goffin, Dimitrov, A. Zverv et Raonic dans tes listes d’espoirs ? Oubli de ta part ou tu n’y crois déjà plus pour ces 4 là ?


                        • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 10 octobre 15:03

                          @Axel_Borg

                          Oui on aura des indices avant RG mais je me mefie toujours des tournois avant RG. La motivation n’est pas la meme quand on joue un 500 ou un 1000 par rapport a un GC. J’ai toujours en tete les defaites de Nadal face a Thiem sur terre-battue hors-RG, cinglantes parfois et pourtant des qu’on est Porte d’Auteuil, l’Autrichien n’existe quasiment pas face a Rafa... 

                          Ni l’un ni l’autre pour les non-nominees que tu cites par rapport a mon precedent post. Zverev mis a part (que je n’ai pas cite parce qu’il est deja Top 10), les autres que ce soit Goffin, Dimitrov, Thiem ou Raonic, je ne les ai pas nommes parce que ce ne sont plus vraiment des espoirs. Goffin et Raonic auront 29 ans en 2019, Dimitrov 28, Thiem 26, Pouille 25... Plus vraiment des espoirs a mes yeux. Je m’arrete un peu comme le Maillot Blanc sur le Tour, apres 25 ans on ne peut plus parler d’espoirs. 

                          Ceci dit j’espere que dans le lot y en a quelques uns qui pourront nous faire des 2e parties de carriere « wawrinkesque ». A savoir de bons joueurs jusqu’a 28-29 ans et puis BIM d’un coup, sans trop savoir pourquoi, le mec change de dimension et rentre directement dans la cour des grands. Ca, ca me plairait beaucoup ;)

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