Pour comprendre les échecs répétés des artistes Français à l’Eurovision, il faut faut remettre les choses dans leur contexte. Qui paye cette monstruosité, demandait Seb95 ? Le pays organisateur. Qui est le pays organisateur ? Celui qui a gagné l’année d’avant. A l’Eurovision se rencontrent donc deux logiques : il y a ceux qui viennent pour gagner, et ceux qui viennent pour perdre.
- Les pays qui viennent pour gagner
sont toujours des petits pays.
Regardez le palmarès des vingt dernières années pour vous en convaincre.
Ces nations ont besoin de se faire connaître pour des raisons diplomatiques, commerciales ou touristiques, et pour ce faire, l’organisation d’un concours de l’Eurovision est un bon plan pour elles. Cela coûte, au final, moins cher qu’une campagne de promotion publicitaire au niveau mondial, pour un impact supérieur.
- Les pays qui viennent pour perdre sont toujours de grands pays. Il est révélateur que la Grande-Bretagne, qui a une industrie musicale tout à fait compétitive au niveau mondial, n’envoie pas de vraies pointures internationalement reconnues. L’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne n’ont pas besoin de l’Eurovision pour exister, et la France est la première destination touristique du monde. Qu’avons-nous besoin d’aller dépenser les deniers publics (ceux de la télévision publique, je le rappelle) dans ce genre de manifestation qui ne nous rapporte rien ?
On peut donc en déduire que si la France ne gagne jamais, c’est exprès. Du reste, nous avons développé une technique imparable pour parvenir à ce résultat : les chanteurs Français chantent en français. comme le faisait remarquer à juste titre Ganephtes, la langue de l’Europe, c’est l’anglais, langue qui a le double avantage d’être largement comprise et d’être mélodieuse lorsqu’elle est chantée (ce qui n’est pas nécessairement le cas du français). C’est particulièrement caricatural dans le cas des Fatal Picards, puisque c’est un groupe dont le principal intérêt réside dans l’humour des paroles, humour qui échappe sans doute au juré Portuguais moyen. Bien sûr, le fait de s’exprimer en franchouille n’assure pas à lui seul la non-victoire, alors pour être bien sûrs de repartir bredouilles de Skopjenograd, on expédie chaque année en Slovéquie ou au Moldovistan des chanteurs parfaitement inconnus (et qui ont vocation à le rester), si possible handicapés d’une manière ou d’une autre. Souvenez-vous qu’il y a quelques années, la candidate Française s’était attirée la suspicion avant même d’avoir ouvert la bouche en trempant dans une trouble affaire des secte...