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Neos 14 août 2007 10:06

JK : « oui, c’est beau, c’est cela : la mémoire, la volonté. »

Et le désir de vivre ensemble. Ce qui implique, comme dans toute société, même la plus microscopique (je pense à la volonté de 2 personnes de s’accorder autour d’un contrat, par exemple, qu’il soit professionnel, voire de mariage...), de s’impliquer dans la recherche ... du consentement, de l’accord de volonté ET d’éventuels compromis.

Ne sous-estimez pas ces éléments qui ne figurent pas dans votre réponse. Je pressens qu’ils ne conviennent pas à votre position sur la nation, mais ils sont essentiels pour comprendre la conception ’française’ de la Nation.

JK : LES MINORITéS NE REMETTENT PAS EN CAUSE CETTE VOLONTé DE VIVRE ENSEMBLE. -> mais si, hélas, c’est tout le problème... Elles veulent une autre mémoire.

Je ne suis pas d’accord. Vous montrez du doigt l’approche minoritaire d’activistes au sein d’une minorité qui recherche la simple RECONNAISSANCE de son identité. Il y a seulement deux poids deux mesures entre des citoyens minoritaires qui souhaitent que la majorité reconnaisse leurs particularites/particularismes à travers une voie pacifique et respectueuse de l’état de droit, ET ceux qui, activistes radicaux, minoritaires dans la minorité, vont chercher à travers un affrontement avec la majorité à destabiliser l’ordre établi pour tenter de se faire entendre. Je ne cautionne pas cette dernière ’méthode’ et la condamne. Mais la recherche d’une solution pacifique à la RECONNAISSANCE d’une minortié intégrée dans la majorité et respectueuse de cette majorité, à l’aide de la méthode du compromis politique ou d’instruments juridiques adaptés (comme peut l’être la Charte des droits fondamentaux), est louable et doit être, selon moi, encouragée.

JK : je ne suis pas sûr que la volonté suffise à se créer une mémoire. Il n’y a aucune conscience européenne, sauf chez les lettrés. Vous êtes bien optimiste...

Vous ne comprenez pas mon point de vue. L’UE n’a pas vocation à substituer à la nation une « nation supra nationale »... Notez que la notion même est ridicule puisque la nation de supporte pas une souveraineté nationale qui lui soit supérieure. Conformément aux traités, l’UE est un instrument mis à la disposition des Etats et des peuples pour leur permettre de CONSERVER leur diversité, leur identité, et de promouvoir celles-ci dans le concert de la société internationale moderne, ainsi que dans l’univers ’sauvage’ qu’est la mondialisation. C’est pour répondre au contexte géopolitique moderne qui ne permet plus aux entités nationales de subsister politiquement et économiquement face aux grands ensembles/Etats qui se constituent dans l’ère moderne que cet intrument européen a été inventé. L’UE n’est pas un Etat, elle n’en n’a d’ailleurs pas les éléments constitutifs (je pourrais le démontrer si besoin est) et je fais le voeu d’ailleurs qu’elle ne le devienne jamais.

Ne reproduisons pas à l’échelle continentale les erreurs idéologiques dramatiques fomentées au cours du XIXe siècle.

Je souhaite en revanche sur le continent européen l’établissement d’un équilibre accepté et assumé par tous autour de la conciliation des intérêts locaux, régionaux, nationaux et européens. Chaque niveau de compétence serait clairement établi par les traités, et chaque niveau de responsabilité parfaitement connu et assumé. Ce ne serait pas une organisation de type fédéral, puisqu’aucun Etat supranational ne serait constitué. Mais une organisation d’un genre nouveau, basée sur des principes simples qui tiennent à la nécessité conjoncturelle de répondre aux besoins économiques et politiques modernes, et qui, en ce qui concerne le sujet de notre débat, n’ont pas pour objectif de démanteler les nations.

A savoir et par exemple :
- le respect juridiquement contraignant de la nature des Etats, de leur rôle et de leurs compétences dans l’UE
- le respect de la diversité, et notamment le droit à la reconnaissance des minorités nationales, nonobstant pour ces minorités d’accepter leur coexistence au sein de la nation et de ne pas chercher à troubler l’ordre public national établi
- l’attribution à l’UE de compétences spécifiques, les Etats continuant à bénéficier de la compétence de leurs compétences
- la recherche permanente de compromis entre les acteurs à chaque niveau de compétences et de responsabilités dans l’espace européen
- l’acceptation admise et généralisée du principe selon lequel l’UE n’est pas un Etat et n’a pas vocation à le devenir.



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