Votre article est intéressant en ce qu’il ouvre le dossier, oh combien difficile, des positions relatives entre science économique et morale. Vous faites l’impasse sur au moins trois faits : 1. il existe une science économique (ou école si vous voulez) de "gauche", de "droite", et du "milieu", ou encore du rien du tout. 2. Vous vous livrez à un tour de passe-passe en ce qui concernerait les religions comme seules sources de la morale. Ce qui est évidemment faux. 3. Les dettes son nécessaires et existent depuis l’âge du cuivre et du fer, puisque les réglements des échanges à distance étaient différés, et des compte ouverts entre acteurs économiques. La dette, comme la circulation de la monnaie, appartient intrinsèquement à l’échange.
Vous jetez trop facilement l’eau du bain avec le bébé, dans une simplification consternante, qui ne peut mener qu’à des conclusions erronées. Ce serait dire que comme un marteau a servi à commettre des méfaits, on devrait supprimer tous les marteaux. L’économie est un outil, avec ses vues, ses modes, ses définitions de la société (souvent caricaturale, il est vrai), ses écoles. Le problème que peu d’économistes se sont posé, c’est celui de la justice sociale et du fonctionnement de l’économie dans une société donnée.
Mais les "bons" économistes n’ayant pas le pouvoir, tout est dit. La remise à plat de notion de risque pour tous les membres de la société ainsi que la notion de responsabilité personnelle (et non l’échappatoire vers un mille feuille technico-administratif) sont autant de notions qui devraient occuper les premières places dans tout gouvernement digne de ce nom.
Je ne crois pas que :"L’abolition de l’incertitude a assassiné la morale." Mais plutôt le mensonge, la dissimulation, l’absence de responsabilité, bref, de maturité civique.