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Absurde 1er décembre 2008 17:48
Absurde

C’est un faux problème, les logements sociaux. D’abord ils ne sont pas si sociaux qu’on le croit, dans la mesure où ils appartiennent de plus en plus à des groupes privés et non plus à des offices HLM relevant du public. Les loyers sont calqués sur les prix du marché et viennent s’y ajouter d’importants appels de charges que tous les locataires ne sont pas en mesure d’honorer... ce qui fait qu’il arrive un moment où ceux qui peuvent payer le font pour ceux qui ne le peuvent pas. Ensuite, il y a logement social et logement social. Dans les grandes villes, vous avez les programmes récents, ou mieux placés, que l’on réserve à certains dossiers bénéficiant, disons, d’un appui... qui ne sera pas nécessairement celui d’une assistante sociale... alors que les logements plus vétustes, moins bien situés qui se libèrent, échoient au tout-venant. On reste dans la logique du ghetto de pauvres. Et lorsque les élus d’une commune un peu cotée se félicitent publiquement des coquets logements sociaux qu’ils inaugurent dans leur joli écrin de verdure, vous pouvez être sûrs que leurs futurs locataires seront de paisibles retraités et des familles bien sous tous rapports susceptible d’apporter de la valeur ajoutée à la commune... en terme de taxe d’habitation et de progéniture bien peignée qui permettra de conserver des classes ouvertes. Ceux qui ont le plus besoin de logements sociaux, et donc d’insertion, sont ceux à qui on refilera l’infâme galetas au quarante-douzième étage de la tour ouest de la cité pourrie où personne ne veut plus habiter... et où au final ils se retrouveront isolés. 

Perso je suis contre les ghettos de pauvres, et je l’ai dit plus haut, pour le plafonnement des loyers des logements existants. Pourquoi ? Parce que l’exemple je l’ai tous les jours sous les yeux. J’habite un quartier de Digne-les-Bains, dans le 04, que l’on pourrait qualifier de cosmopolite, où logements HLM de qualité implantés en pleine ville jouxtent d’anciennes bâtisses où les loyers sont restés abordables, parmi des immeubles dits de rapport abritant des familles de la classe moyenne. Ici tout se passe bien, turcs, maghrebins, africains et européens de l’ouest, jeunes et vieux, juifs, musulmans, orthodoxes, chrétiens et athées cohabitent en excellents termes, non pas parce qu’il y a une volonté politique de brassage social mais parce que cette petite ville a toujours fonctionné de la sorte.

Le ghetto de pauvres c’est celui qu’on voit de loin, que l’on désigne et que l’on s’arrange pour éviter quand on n’habite pas à côté. Le ghetto de pauvres a sa réputation et se nourrit d’extrêmes. Il s’y passe forcément des choses négatives liées intimement à la pauvreté et à la frustration de celles et ceux qu’on y a entassés. Le brassage n’empêche certes pas le communautarisme, mais il autorise la cohabitation et l’échange entre communautés. Ce n’est pas en perpétuant cette satanée sélection par le fric telle qu’elle est en vigueur dans le secteur du logement qu’on facilitera la vie entre les gens. L’immobilier est un secteur qu’il est temps d’assainir, de nettoyer de ses profiteurs et de ses spéculateurs pour le bien de tous. 



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