"Le vrai souci n’est il pas avant tout ce pouvoir de création monétaire confié à des organismes privés ? Couplé à la possibilité de titriser, on est en plein dans l’absurde. Maurice Allais a depuis longtemps point cette question, qui commence à avoir un certain retentissement."
"J’aurais plutôt tendance à interdire aux banques de créer ex nihilo de la monnaie. L’Etat injecterait de la monnaie dans l’économie en se faisant prêter de l’argent par la banque centrale et en payant les fonctionnaires et les entreprises responsables de marchés publics. "
Cela reste un transfert de la création ex-nihilo du privé au public. Au final, on risque d’écoper d’un système public hypertrophié et privilégié. Et c’est sans compter sur l’avantage de la monnaie créée par le privé, à savoir l’allocation dynamique de ressources, au lieu de la mine d’or virtuelle que représenterait l’état.
Si l’on arrive à canaliser les excès entourant les émissions d’emprunts (titrisation, spéculation), on peut imaginer conserver notre système monétaire actuel, en le complétant par une dotation aux états européens de la somme des intérêts des emprunts émis par le secteur privé qui non pas été monétisés (donc 126000 milliards de dettes - 9000 milliards de monnaie = 3600 milliards pour les dettes publiques des 15 de l’eurozone).
Mais dans votre proposition comme dans la mienne, l’économie tournerait trop rondement pour ne pas voir rapidement un baril de pétrole à 300 $. Voilà pourquoi il faudrait sans doute assortir nos systèmes monétaires à somme nulle (point commun entre le votre et moi) de limitation de création monétaire en fonction de l’inflation.
"Emprunter pour alimenter un schema de Ponzi (bourse, marchés financiers) devrait simplement être interdit, car la promesse initiale des schemas pyramidaux finit toujours en débacle (d’autant plus qu’en finance, si la liberté est individuelle, la responsabilité est le plus souvent colllective, 500 000 banquiers américains font les cons, 6.5 milliards d’humaines en patissent). Et les erreurs passées (erreurs d’analyses économiques, crises) se doivent d’être prises en compte dans les législations, en opposition au laissez-fairisme libéral. "
"Sincèrement, je crois qu’on ne peut pas vraiment réguler le fait que l’argent soit investi dans un système de Ponzi si on inclue la Bourse et les Marchés financiers dans cette catégorie. Pourquoi ne pas laisser emprunter pour acheter des actions d’une entreprise dans laquelle on croit, alors qu’il s’agit d’un investissement dans l’économie on ne peut plus réelle ?
Ceci dit, je pense qu’une énorme partie de l’argent placé en bourse l’est pour profiter d’un système de Ponzi : je place en bourse parce que de plus en plus de gens visent la plus value et non l’investissement, et que mécaniquement les cours augmentent du fait de cet appel d’air."
Je comprends votre point de vue. Enfin, en parlant de bourse, j’y ai été un peu fort, les obligations ne rentrent plus vraiment dans un schéma pyramidal.
"Je pense par contre qu’il est urgent de réguler la volatilité des cours, par exemple en obligeant l’acheteur à conserver son titre pendant un certain temps et en interdisant les produits dérivés (l’Angleterre a tout simplement interdit la vente à découvert). "
La vente à découvert a certains avantages d’accélérer la vérité des cours, ça fait vite très mal, mais l’embellie est également plus rapide, évitant de transférer dans le temps des situations que l’on peut qualifier de pourries. Mais il y a évidemment des effets pervers.
"Mon indicateur phare est le ratio dettes/monnaie : des taux d’intérêts proches de zero (sur création monétaire) font que ce ratio s’approche de 1, situation où l’esclavage de l’économie physique envers l’économie financière est le plus faible. "
"Si je comprends bien, ça signifie que votre objectif serait un taux d’intérêt de 0 pour la création monétaire, qu’elle soit publique ou privée. Dans ce cas je saisis mieux. Par contre, les dépôts des épargnants seraient rémunérés avec intérêt. "
C’est exactement cela, même les emprunts auprès des banques (que ce soit ex-nihilo comme dans ma proposition assortie d’une correction via dotation aux états ou provenant d’une création ex-nihilo publique et allouée aux banques comme dans la votre) pourraient être à intérêts, mais globalement, le système dette/monnaie serait à somme nulle. Ca limiterait plusieurs effets pervers :
- social darwinisme économique actuellement exacerbée ;
- concentration de la dette autour des états et donc réduction des services publics ;
- violence sociale en entreprise et dans la vie courante autour de la monnaie, par un appel de marge permanent de par la dette ;
- guerre économique incitant les acteurs au court-termisme impératif et à la déconsidération de leurs responsabilités environnementales, sociales ;
- pouvoir de la finance sur l’économie réelle ;
- casse humaine généralisée ;
- etc, etc ;
On peut cependant me qualifier de néo-allaisien 
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