Ben oui, les alsaciens ont un problême d’identité et d’appartenance culturelle. L’ânerie des théories des frontières naturelles a fait que Louis XIV a décidé de couper une vallée (du Rhin) en deux,alors qu’il aurait fallu mettre les frontières soit au sommet des Vosges ou peut-être de la Forêt noire. Découpage funeste dont on perçoit encore aujourd’hui les traces. Le résultat de cette opération est que les alsaciens ont été pris entre deux cultures depuis le rattachement de l’Alsace à la France au XVIIéme siècle. Ils se sont donc centrés sur eux-mêmes, et en conservant trop pieusement la tradition antisémite chrétienne venue du fond des temps. C’est du moins pour ces raisons (peut-être trop simplistes) que j’ai essayé de ne pas dramatiser les paroles entendues pendant mon séjour de deux ans à Strasbourg.
Deux termes entendus à maintes reprises dans des discussions entre amis : "les français de l’intérieur" pour désigner les non-alsaciens de France. Et "c’est une juiverie" pour parler d’une combine quelconque. Cette dernière expression m’a maintes fois révoltée, mais m’a-t-on dit, était alors monnaie courante. Ya-t-il un antisémitisme latent en Alsace ? Je répondrais oui, mais d’intensité faible, ancré dans le langage de tous les jours, et toujours prêt à se réveiller à la moindre occasion.
Espérons seulement que cette occasion ne se présentera plus.