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Eloi 16 mars 2009 13:45
Eloi

Merci pour cet article

Quelques objections cependant :
* la plus grosse (et fondamentale) différence entre la loi du marché et la sélection naturelle, c’est que dans la nature, les gènes d’un individu sont une donnée inaltérable, tirée au hasard, et dont personne n’a conscience. Dans les sociétés humaines, les opinions d’un individu changent, les choix sont extrêmement influencés par le suivisme et les modèles économiques changent plus ou moins immédiatement la réalité dès qu’énnoncés. A mon sens ces différences sont suffisamment fondamentale pour éviter de faire un calque
* une autre différence : dans la nature, la transmission de l’information est lente. Dans nos systèmes hautement interconnectés, automatisés et ultra-émotifs, l’information elle-même devient dangereuse : la fameuse crise de confiance. Les animaux ne meurent pas de peur à savoir qu’un groupe de congénère est mort à 1000 km. Pour aller plus loin, si l’on suppose une boucle de rétro-action (nécessaire pour la théorie libérale afin d’expliquer l’optimisation des prix) cette rapidité d’information et son amplification au travers du monde, peut s’assimiler à un "gain d’asservissement" énorme : il y a risque de "pompage", voire même de système d’asservissement explosif...
* le libéralisme repose sur la notion de crise, qui permet le réajustement du prix au fameux prix optimal à chaque instant. Cette crise peut aller de la mini-crise (baisse des ventes d’un produit), à la crise moyenne (faillite d’une grosse entreprise) jusqu’à la crise systémique (destruction de tout le système économique). Si une éruptions solaire hypothétique fait monter la température de la Terre de 1000°C pendant 1 an, je ne suis pas sûr que la moindre cellule vivante parviendra à survivre pour se réajuster au nouvel optimum : les niches écologiques seront vides, mais personne ne sera là pour les remplir. Probablement y a-t-il de la corruption à l’origine de l’action politique, mais m’est plus avis que nos responsables politiques (et nos vampires financiers) ont surtout les chocottes de retourner travailler la terre ou se faire décapiter au passage

Pour finir, je tiens à affirmer que la convergence du prix vers un prix optimal à chaque instant, n’a jamais été démontrée. Et je tiens comme contre-exemple que dès que le prix lui-même devient contraignant pour la survie (prix de la baguette de pain en période de disette), les mécanismes spéculatifs le font exploser.

Cordialement



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