Jakback,
Il me semble que la réconciliation franco-allemande a été rendue possible parce que l’Allemagne a fait un retour sur soi et a affronté son passé (contrairement à l’Autriche, qui s’est considérée comme « victime du nazisme » alors que la plupart des Autrichiens ont approuvé le rattachement au IIIème Reich). La France - ou plutôt ceux qui la représentent - n’a probablement pas encore tout à fait accompli ce travail, malgré les études de certains historiens comme Vidal-Naquet.
Il ne s’agit pas de ressasser sans cesse les mêmes choses, mais de dire une bonne fois, publiquement : « Nous, représentants du peuple français, regrettons solennellement tels crimes commis par l’Etat français à telle époque ». Ce n’est pas de la haine de soi ou de la complaisance morbide : c’est au contraire une façon de se libérer du passé en refusant de cautionner des crimes commis dans le passé. Il n’y a pas de honte à reconnaître des fautes, surtout si elles n’ont pas été commises par nous-mêmes mais par les gens qui nous gouvernaient jadis.