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Pegasus 14 septembre 2010 14:43
Pegasus

Plusieurs petits problèmes :

Si c’est bien les États-Unis qui forceront le Japon à s’ouvrir, et à se moderniser, cette modernisation s’effectuera surtout contre les puissances européennes, France et Angleterre surtout, et Russie en second, qui s’amusent en Chine à cette époque. En fait durant toute la seconde moitié du 18e siècle, une fois les accord commerciaux obtenus, les USA vont se renfermer dans l’isolationnisme et se désintéresser de l’Asie.
C’est la victoire japonaise contre les Russes, en 1905 qui marquera le grand retour de la diplomatie Américaine dans la région, diplomatie qui aura là également surtout des visées commerciales. Il faut noter également que c’est à la suite de cette guerre, par l’annexion de la Corée en 1910 ( comme mesure défensive contre la Russie entre autres raisons ), que le Japon va vraiment commencer à devenir imperialiste, alors même que la période de formation empires européens touche à sa fin et montre les premiers signes de craquements.

Ensuite, le contentieux est très lourd en 1941. La demande US d’un retrait des troupes japonaises de Chine, où elles sont enlisées est le point sur lequel achoppe les négociations. C’est ainsi la note de Cordell Hull de novembre 41 qui provoqua la rupture pour les Japonais. Pourtant, Washington n’avait pas été vraiment gêné par les avancés du Japon durant les années 30. C’est en fait l’occupation du Tonkin, puis de tout le Viet-Nam, en aout 40 et juillet 41, ainsi que le soutien apporté à la Thaïlande, qui vont faire planer une menace inédite sur l’ensemble du Sud-Est Asiatique. Les pressions contre les Anglais et les Hollandais, qui luttent déjà désespérément contre Hitler en Europe s’intensifient, tandis que la signature d’un pacte de non-agression pour 5 ans a vec l’URSS montre aussi qu’entre la tentation d’aller au Nord, vers les richesses de la Sibérie, et celle d’aller au Sud, vers les Indes Néerlandaises, c’est finalement le Sud qui a été choisi comme objectif stratégique. Ce traité signe aussi le lâchage par les Soviétiques de la Chine, car il reconnait le Mandchukuo, état fantoche Japonais créer pour diviser la Chine nationaliste.

C’est donc pour contrer cet expansionnisme de plus en plus prononcé, maintenant clairement tourné vers l’Asie du Sud et le Pacifique, que les États-Unis vont décréter des embargos de plus en plus sévères, avant d’imposer le gel des avoir Japonais sur le sol US. Mais surtout, en septembre 40, Tokyo a conclu le pacte tripartite avec Berlin et Rome, consacrant la naissance de l’Axe. Le Japon lie ainsi sa destinée à l’Allemagne, déjà désignée à Washington comme l’ennemi principal. Dans la vision globale des Etats-Unis, tout gain du Japon est dorénavant un gain d’Hitler.

Cet engrenage fatal, qui va de l’été 40 à Pearl Harbor, ne peut être arrêté par les diplomates, tant à Washington, qu’à Londres et même à Tokyo, malgré de nombreux efforts. Tous jugent la guerre insensée. Mais à Tokyo, les échéances militaires entremêlées aux rêves impérialistes font capoter tout compromis. Ainsi, Roosevelt retorque à l’amiral Kichisaburo, qui lui proposait une rencontre avec le Prince Konoe en août 41 « Quand vous négociez avec le Secretaire Hull, les troupes Japonaises se sont avancées en Indochine Française. J’ai peur que, tandis que je négocierai avec le Prince Konoe, elles n’envahissent le Siam ». En fait le dernier négociateur Japonais, Kurusu Saburo, se demandera quelques jours avant Pearl Harbor s’il n’est pas utilisé comme écran de fumée. Et selon le journaliste Katô Masuo, qui approchait quotidiennement les délégués nippons, ceux-ci avaient beaucoup de mal à comprendre la position de leur propre gouvernement, et jugeait les contacts avec Tokyo plus difficiles que ceux avec les Américains.

Ne restait plus qu’au Premier Ministre Tôjô qu’a faire le choix. Renoncer à la fuite en avant en à une partie de ses gains en Chine ou tenter l’incroyable coup de de dés, que Yamamoto rends possible : espérer que, durant les 18 mois où le Japon peut espérer dominer le Pacifique, l’URSS s’effondre et les Etats-Unis réduits à l’impuissance. C’est à se second choix que Tôjô se prétendra acculé, lors de la Conférence Impériale du 5 Novembre 41, qui décide de l’entrée en guerre.



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