La violence existe, qu’il y ait religion ou pas. Elle fait partie de la vie humaine. Certains tuent au nom de Dieu, d’autres au nom de l’argent, d’autres encore par amour ou par ambition politique.
Je vous accorde qu’une bonne religion est une religion qui doit se vouer à condamner tous les crimes. Et de ce point de vue-là, on ne peut guère faire de procès à la morale chrétienne, qui est la source de nos lois.
Certains auteurs font perdre la raison, d’autre la font trouver.
J’ai lu du Camus (la chute, l’étranger, le mythe de Sisyphe) : j’ai trouvé cela sans morale, absurde. Rien qui puisse donner envie de vivre, rien à comprendre, glacial. Ensuite j’ai essayé Nietzsche (ainsi parlait Zaratoustra, la généalogie de la morale), guère mieux, un torrent d’affirmation mal démontrées.
Puis j’ai lu Platon (la république, le banquet, le menon) et là, miracle, enfin un auteur qui a le génie de savoir faire réfléchir ! Jamais lu chose aussi profonde (le banquet particulièrement).
Et après j’ai lu Leibniz (monadologie) et repatatras, un diamant de pure intelligence, une expression ramassée au possible, d’une élégance incroyable.
Bref, Camus, Nietzsche, sont maintenant pour moi au placard : je n’y ai vu que doute et malaise à y prendre : pile au moment où il semble venir une inspiration, tout retombe comme un soufflet, le vide vous étreint.
Avec Platon et Leibniz, j’ai de quoi penser pour la vie : En alliant la force de questionnement de Socrate avec la volonté de précision de Leibniz, j’atteins une jouissance, une jubilation sans égale, si propre au plaisir de penser par moi-même.