Arrrh Rocla, oui j’ai les boules
Faut toujours qu’il y ait une saloperie de ver dans la pomme trop belle.
Qu’on fasse un travail positiviste sur la mémoire de nos parents, oui.
Mais que, partant de l’oxygène qu’on y trouve, on en vienne à poser, parce ça sonne bien, que ’’Père manquant, fils manqué" sans avoir le courage de désigner des exemples, c’est installer un cheval de Troie avec le terrible, l’angoissant sous-entendu qu’il existe quelque part des gens manqués, ratés, foutus.
Ca pose qu’il existe des enfants aimés de Dieu le père d’un côté et des déchets de l’autre.
Ca crée de la méfiance et pire encore, de la disposition au rejet de certains.
Alors ça sépare les hommes
Paroles doucereuses de curé, la main sur l’épée prête à pourfendre les bossus.
Ah, Rocla, je préfère nettement Dostoïevski. Avec lui on ne fantasme pas à un paradis ; on ne pose pas qu’il existe des enfants réussis et des enfants manqués. Avec lui, on se débat tous, chacun à sa manière, chacun sur son radeau, dans la grande turpitude de la vie. Et le travail consiste alors à nous offrir mutuellement, tour à tour des gestes de fraternité, de mansuétude et de compassion.