@armand,
c’est inutile de parler de judéo-christianisme, puisque le christianisme est un judéo-hellènisme, sinon ça ferait judéo-judéo-hellénisme.
De plus le judaïsme ne croit pas au Christ, ce qui fait une sacrée différence.
Le judaïsme est basée exclusivement sur la loi écrite (comme l’Islam), c’est donc un légalisme. Le christianisme, lui, est basé sur l’exemple vivant du Christ qui vient « accomplir la loi », en montrer l’esprit, au-delà de la lettre. D’où la promotion des saints qui montrent le bon exemple... C’est cette distinction entre loi écrite (où la lettre est morte) et l’application vivante de celle-ci qui permet de développer une loi civile temporelle, non religieuse. Cela fait une énorme différence en pratique, puisque dans un légalisme, tout ce qui est légal est moral, même les pires crimes non prévus par celle-ci, alors que dans le christianisme, c’est d’abord à des principes moraux qu’il faut se fier : c’est qui permet de générer la loi au fur et à mesure, selon le contexte, en restant fidèle à Dieu.
Bref, un légalisme oblige à avoir une grande mémoire et à appliquer bêtement la loi pour faire une chose juste, tandis que le christianisme oblige à réfléchir selon des principes moraux.
La République en revient à une sorte de « légalisme sacré » (tout par la loi, rien que par la loi), ceci alors que l’ancien régime n’avait pas de loi écrite.
Du point de vue de la pratique du droit, la république est donc une régression d’un millénaire par rapport à l’ancien régime.
C’est aussi la raison sous-jaçente du problème que pose l’Islam en France : étant une loi sacré, une observance stricte de la religion par un musulman l’obligerait à suivre à la lettre la loi et donc à entrer en conflit avec la « loi sacrée » républicaine.