S’il faut rendre grâce à quelqu’un pour l’abolition de l’esclavage, c’est bien à l’église chrétienne :
Extraits des instructions du pape Paul III dans la bulle papale Verita Ipsas (2 juin 1537) :
« Nous décidons et déclarons, par les présentes lettres, en vertu de Notre
Autorité apostolique, que lesdits Indiens et tous les autres peuples
qui parviendraient dans l’avenir à la connaissance des chrétiens, même
s’ils vivent hors de la foi ou sont originaires d’autres contrées,
peuvent librement et licitement user, posséder et jouir de la liberté et
de la propriété de leurs biens, et ne doivent pas être réduits en
esclavage. »
De fait, la France n’a jamais été construite sur l’esclavage (il y fut aboli au VIIème siècle). Le Québec n’a jamais été le lieu des trafics humains transatlantiques et l’esclavage n’y a pas été pratiqué. La Nouvelle-France n’était pas plus fondé sur l’esclavage que la métropole. Les hommes y étaient libres.
Pourquoi ? Parce que le chrétiens étaient interdits de pratiquer l’esclavage étant donné qu’ils devaient obéir au Pape !
C’est d’ailleurs toute la raison du travail de l’Abbé Grégoire, aux début de la Révolution, menant à la première abolition...
Qui a donc pratiqué l’esclavage ? Les juifs et les protestants, qui ont refusé d’obéir au pape.
C’est la tolérance au protestantisme (Edit de Nantes en 1600) qui a permis à cette pratique de se propager !
Les colonies conquises sur la Hollande (petites Antilles) ou sur l’Espagne avaient vu se développer la pratique de l’esclavage. Le « Code noir » de Colbert est à voir comme une tentative de législation des rapport entre esclaves et maîtres. Les nations européennes, et la France en particulier n’étaient pas en capacité de « gouverner » ces lointaines contrées, bien souvent repères de pirates et de flibustiers, du fait des longues distances et des moyens de transport de limités de l’époque. C’était plutôt l’anarchie qu’autre chose...
Aujourd’hui, d’ailleurs, peu de choses ont changé. La majeure partie des paradis fiscaux est localisée dans les Antilles. L’asservissement continue, mais il a changé de forme. C’est bien plus simple de faire travailler discrètement l’argent pour asservir « légalement », que de faire produire par des esclaves des biens en vue de gagner de l’argent...
Par conséquent, il y a, à mon humble avis, un lien direct entre les fortunes produites par la traite esclavagiste et l’installation du capitalisme financier contemporain : les bases arrières sont exactement les mêmes !
Je suis sûr qu’il existe quelque part des registres de commerce qui pourraient être étudiés pour déterminer concrètement qui sont ceux qui ont pratiqué effectivement l’esclavage, et quelles sont les fortunes qui en sont issues...
Mais, ce travail légitime n’est pas fait et l’on préfère abonder en généralités floues et bien-pensantes. La dette morale est attribuée à tous, elle est socialisée, mais les profits, eux, sont restés privés...
C’est très semblable à la situation financière, en fait.
Mes dettes ? Ce sont les nôtres...
Mes profits ? Ce sont les miens !
Trop facile...