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ffi 25 mai 2011 14:25
ffi

Le problème d’avoir des populations aux moeurs divergentes sur le même territoire, c’est que cela y augmente la conflictualité, à cause des malentendus culturels qui s’en suivent.

L’histoire a amplement montré ce phénomène. L’homme n’ayant en rien changé, l’avenir le montrera encore... En ces matières, mieux vaut prévenir que guérir.

A noter la dualité ethos/ethnos en grec : toute ethnie a une éthique. Celui qui ne réfère pas à l’éthique commune est exclu de l’ethnie, il est banni. D’où les phénomènes centrifuges actuels (ou banipète). C’est le produit logique et naturel des moeurs divergentes : qui se ressemble s’assemble, qui s’entend se fréquente. D’où la montée du communautarisme contemporain.

Il y a une confusion dès l’origine de la République sur l’idée d’universel.

Le latin universum fut utilisé pour traduire 2 mots grecs :

- Le mot omothumadon (ὁμοθυμαδὸν) qui signifie « unanimement », « d’un commun accord », « de manière concordante » (que l’on retrouve dans la bible grecque). Sur ce sens est basé le terme d’université, dont le sens historique désigne une assemblée, typiquement d’artisans locaux, qui se confèrent pour pratiquer leur activité de manière à éviter les conflits. L’université est donc une institution visant à la concorde, qui se voue à faire converger les vues d’acteurs potentiellement conflictuelles, par conférences régulières.

- Le mot catholou (καθόλου) qui signifie « général, pour tous », utilisé notamment par Aristote, dans Hermenia par exemple, pour désigner des propriétés générales à plusieurs catégories. (λέγω δὲ καθόλου μὲν ὃ ἐπὶ πλειόνων πέφυκε κατηγορεῖσθαι = J’entends par universel ce qui, par sa nature, peut être attribué à plusieurs).

Quand Aristote réapparaît en pays latin s’ensuit une confusion. Qu’est-ce que l’universel ? C’est la fameuse querelle des universaux. Le sens historique du mot (ὁμοθυμαδὸν = de manière concordante) est substitué par le sens aristotélicien (καθόλου = en général).

C’est-à-dire que l’université, en France, est, historiquement, un dispositif social qui se voue à faire converger les vues, à créer de la concorde.

L’universel historique est donc une chose où la population elle-même doit être activée à se concorder, par des universités régulières (le sens d’université est ici le même que celui de l’expression « universités d’été »). L’universel historique peut être pris au sens propre « être uni vers » et l’université comme « l’assemblée qui permet de s’unifier vers ».

L’universel historique repose donc sur une pratique sociale concrète, une activité dans le peuple.

En revanche, l’universel républicain est autre : il est entendu comme les propriétés qui peuvent, par nature, être attribuées à plusieurs catégories d’hommes.

L’universel républicain moderne repose donc sur une analyse abstraite de l’humanité et ne nécessite aucune activité particulière du peuple pour être effectif.

Dans le premier cas, l’universel est un produit à postériori d’une activité sociale et politique concrète (des assemblées).

Dans le second cas, l’universel est déduit à priori d’une analyse abstraite de l’humanité.

Il est évident que le second cas ne produit pas de concorde dans le peuple, car il n’est relatif qu’à la mise en concordance / cohérence des pensées. Tout l’aspect concret de la réalisation effective de l’universel, dans le sens historique, est passé à la trappe...

Maintenant, pour ce qui est de la théorie du « diversel ».

Si l’université porte à l’union, la diversité porte à la division. Si l’université porte à la concorde, à quoi peut bien porter la diversité, si ce n’est la discorde ?

Quel surprenant retournement de la part de la République !
En 200 ans, elle passe de clamer la concorde au nom de l’universel, à clamer la diversité au nom de l’universel...
Quel surprenant retournement de la part de la France !
En 1000 ans, elle est passée de clamer la nécessité de l’université, à clamer la nécessité de la diversité...

D’un pays où chacun s’accorde pour fonder une communauté unique, les républicains prennent le chemin inverse : un pays où personne ne s’accorde, ce qui produit des communautés multiples, donc le communautarisme, germe de division, de troubles sociaux, et, à échéance, de guerre civile.

La divergence des moeurs est donc un véritable problème pour l’avenir du pays. La réthorique de la diversité est un poison, elle plaide pour le contraire absolu de ce qui a fait la réussite du pays, sa solidarité et sa solidité interne, à savoir, ses multiples universités. Universités, possibles et efficaces grâce à l’unité des moeurs, unité des moeurs qui ne peut être fondée que grâce à une religion commune à tous (en l’occurrence, le christianisme).

En effet, pour s’accorder,
ne faut-il pas éviter les malentendus et donc parler le même langage ?
ne faut-il pas se reconnaître membre d’un même bien commun ?
ne faut-il pas avoir des aspirations semblables ?



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