N’ayant pas (encore...) lu ce livre, je me contenterai d’en commenter le thème et l’introduction de François Bayrou.
Il est un point que Bayrou défend avec force, et qui certainement caractérise notre nation, c’est cette idée que la valeur, des hommes, de la société, ne se mesure pas à l’aune de leur richesse matérielle. Que le critère principal de succès, de réussite, pour les hommes comme pour un pays, n’est pas uniquement d’ordre financier. Il y a là un élément fondamental, au sens premier du terme, qui caractérise aussi bien sa pensée que notre pays.
Même lorsque la France était la première puissance européenne, et donc du monde, jamais l’économie n’a été critère d’admiration. La France est avant tout ce pays des idées, de la culture et, depuis un demi-siècle, d’une certaine quaité de vie. C’est bien sûr en raison de cette divergence violente, entre la reconnaissance de l’argent comme élément de réussite par Nicoals Sarkozy notamment, qu’il faut resituer ce conflit qui a caractérisé l’affrontement idéologique entre Bayrou et Sarkozy.
Non pas que l’argent soit intrisèquement considéré comme négligeable, même si les pays à tradition catholique sont infiniment moins à l’aise à ce sujet que ceux de tradition protestante par exemple, mais jusqu’il y a peu, la valeur intellectuelle, les capacités culturelles, et même parfois simplement un titre historique avait autant sinon plus de valeurs aux yeux de la société qu’une simple fortune. Et qui ne peut ignorer le gouffre qui sépare l’aspiration au succès d’un français d’un anglo-saxon ou d’un chinois ? L’équilibre d’une vie familiale, le temps libre, l’intérêt du travail constituent des ingrédients considérés comme indispensables pour une vie réussie en France.
Qu’est-ce qui a alors changé ? Les éléments très anglo-saxons du discours sarkozyste se sont évaporés en moins de trois ans, confrontés bien sûr à la rudesse de la crise (travailler plus pour gagner plus...), mais aussi simplement à un écart culturel évident. Autant le discours sur la valeur travail était approprié, et demeure d’actualité, autant celui sur les signes extérieurs de richesse était simplement incongrus. Avec la crise actuelle, la princpale préoccupation des citoyens ne s’est pas transformée en celle de ne pouvoir être riche, mais simplement en celle de ne pouvoir assurer, pour sa famille et pour ses enfants, cette qualité de vie à laquelle les français sont si attachés. Où se trouve donc l’humanisme dans cetet préoccupation ? dans le message, dans la vision. A juste titre, l’auteur cite la fin du discours de candidature de François Bayrou : si nous souhaitons un redressement écnomique du pays, ce n’est pas pour assouvir de quelconques désirs de richesse financière, c’est pour pouvoir vivre notre vie, donner un sens plus philosophique à notre existence, sans avoir à toujours penser au lendemain. L’humanisme, c’est retrouver la primauter de l’humain sur le matériel, et peu importe que l’on soit croyant ou non pour cela. Liberté, égalité, fraternité, l’intagibilité de cette devise est remarquable : elle résume cette aspiration sociale, sociétale, qui fait de nous plus qu’un simple consommateur.
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