Bonsoir Sabine,
Bien sur, vous avez raison, je me suis focalisé sur les personnages, sans doute parce qu’ils incarnent, dans leur environnement, un malaise qui s’impose à nous, les paysages retrouvent
leur identité paisible quand l’homme s’efface.
Si l’on entre dans le personnage, par effet d’introspection on en oublie l’espace extérieur.
Quand on reste vigilante, comme vous, on conserve son intégrité.
Peut être que le regard d’une femme recentre naturellement l’objet.
Cela me rappelle cette poésie de Jacques Prévert
Promenade de Picasso
Sur
une assiette bien ronde en porcelaine réelle
une pomme pose
Face à face avec elle
un peintre de la réalité
essaie vainement de peindre
la pomme telle qu’elle est
mais
elle ne se laisse pas faire
la pomme
elle a son mot à dire
et plusieurs tours dans son sac de pomme
la pomme...
...C’est alors que Picasso
qui passait par là comme il passe partout
chaque jour comme chez lui
voit la pomme et l’assiette et le peintre endormi
Quelle
idée de peindre une pomme
dit Picasso
et Picasso mange la pomme
et la pomme lui dit Merci
et Picasso casse l’assiette
et s’en va en souriant
et le peintre arraché à ses songes
comme une dent
se retrouve tout seul devant sa toile inachevée
avec au beau milieu de sa vaisselle brisée
les terrifiants pépins de la réalité.