— Comme son souffle rythme sa vie, la pensée du poète
rythme sa parole. Il choisit ses mots avec le souci d’en
communiquer précisément le sens, en grande partie grâce au rythme
que chacune de leurs syllabes et intonations lui insufflent. Ses
sentiments lui inspirent un chant fait tout autant d’une mélodie
que de paroles. Qu’il s’agisse de sanglots ou de rires, cette
aubade enchaînant les vers et les strophes est son vrai dire. C’est
elle, dans son tout, qui sait nous séduire. En poésie plus
qu’ailleurs la plus belle image, la plus inventive, perd son charme
en l’absence de rythme. À l’inverse, il arrive que son rythme
sauve un texte banal.
Extrait de la préface à « De la rime au cœur »