« Il apparaît aux auteurs du présent rapport que, outre ce qui a été dit de l’apport normal ethabituel d’une reconstitution des faits à la recherche de la vérité dans un procès de cette sorte,
de nouveaux éléments auraient pu inciter la Cour d’appel à décider de cette reconstitution :
- l’audition des membres du commando qui ont réitéré les rétractations de leur mise en
cause d’Yvan Colonna ;
- la déclaration de Pierre Alessandri avouant qu’il était l’assassin du préfet ;
- l’information que le nombre des agresseurs était peut-être supérieur à celui retenu par
l’accusation ;
- l’existence d’une empreinte digitale (sur la balle et sur le scotch de l’opération de
Piétrosella) non attribuée aux personnes impliquées dans ce dossier ;
- le fait que les trois témoins directs de l’assassinat ont déclaré n’avoir pas reconnu
Yvan Colonna ;
- la discordance chronologique de l’opération de l’assassinat du préfet, à travers
l’analyse de la téléphonie, pièce maîtresse de l’accusation ;
- la taille du tireur selon l’expertise balistique ;
- l’absence de confrontation entre les membres du commando et les témoins oculaires
de l’assassinat.
Toutes ces incertitudes et ces zones d’ombre révèlent le caractère très incomplet du dossier
d’information. »